Paul Smith

Paul Smith,
icônes de la nation

Créateur d’un univers à l’optimisme bigarré, le couturier Paul Smith pose un regard curieux sur le monde. Chaque mois, il partage ici sa vision des choses. Aujourd’hui, les icônes de la nation.

En France, la nation revêt les traits de Marianne, allégorie de la liberté, symbole de la République. Depuis cinquante ans, les artistes la représentent en s’inspirant de femmes célèbres. J’en connais deux : la mannequin et créatrice Ines de la Fressange, qui est une amie, et la grande Catherine Deneuve, qui s’habille souvent en Paul Smith. En Angleterre, bien sûr, nous avons la reine comme symbole national. Mais s’il nous fallait subitement une Marianne, qui irions-nous chercher ? Un choix évident serait l’actrice Claire Foy, qui a brillamment incarné la jeunesse de Sa Majesté dans la série télévisée The Crown. En deuxième lieu, j’opterais pour une autre comédienne, d’une autre génération : Penelope Wilton, de Downton Abbey, que j’ai récemment vue, sur une scène du West End, dans une merveilleuse production de Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman. Elle respire l’humour, le bon sens et la modestie, que nous considérons, à tort ou à raison, comme nos plus belles vertus. Je dis parfois que mes vêtements marient le classicisme de Savile Row avec l’esprit et l’irrévérence de Jacques Tati. Il y a un costume Paul Smith des années 1980 dans les archives du Victoria and Albert Museum, à Londres. Un ensemble coupé dans un tissu à rayures bleu marine, très banquier de la City, mais oversized – c’était la tendance à l’époque –, et porté avec des tennis blanches. Il illustre la façon dont j’aime m’affranchir des frontières du style, celles qui cloisonnent d’ordinaire la ville, la campagne, le travail ou le sport. Pour être tout à fait honnête, ma nationalité est le cadet de mes soucis. Mais je soutiendrai l’Angleterre pendant la Coupe du monde, cet été. Ça s’impose, non ?

Sir Paul Smith rêvait d’autres podiums que ceux de la mode : adepte de la petite reine, il se voyait coureur cycliste, mais un accident en décida autrement. Présent aujourd’hui dans 70 pays, le styliste (né à Beeston en 1946) donne un ton – mais pas de leçons –, attentif à la devise «penser global, agir local».

© Paul Smith - Jean-Michel Tixier / Talkie Walkie

Récréation, US, Ruée vers l'or

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