vent d'ouest

Vent
d’Ouest

Orchestre Henri VanHuffel et les Roller, années 1960.
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Guitare et Victoire de la musique 2010 du groupe électro-dance Pony Pony Run Run.
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Caroline Plantard, chanteuse de Compartiment Fumeur (1983-1986).
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Reconstitution d’une chambre d’adolescent des années 1960.

Dans le sillage de Rennes, sa turbulente voisine, Nantes se pique de rock et retrace dans une exposition immersive l’histoire de la scène locale. Sur les bords de Loire, Dominique A croise alors Tri Yann et Jeanne Cherhal.

L'endroit est solennel, chargé d’histoire(s) de rois et de reines, et y entendre résonner le son des guitares n’est pas la moindre des prouesses anachroniques de cette initiative. L’exposition Rock ! Une histoire nantaise se tient ainsi jusqu’en novembre 2019 dans le château des ducs de Bretagne et Laurent Charliot, le commissaire de l’événement, a su convaincre ses administrateurs que la musique faisait désormais partie de l’héritage culturel de la ville. Ce large panorama, qui débute à l’aube des années 1960 et s’achève avec la scène locale contemporaine, Charliot reconnaît lui-même qu’il a fallu en épaissir les lignes et en grossir les faits. Contrairement à Rennes, la voisine dont chacun retient le nom lorsqu’il s’agit de rock en Bretagne, Nantes a inscrit le sien tardivement en devenant en réalité le lieu où s’est réformée radicalement la chanson française. À partir des années 1990, les apparitions de Dominique A, de Philippe Katerine, puis de Jeanne Cherhal ou Christine and the Queens – dont la une du Time figure en trophée à la fin du parcours – ont apporté son prestige à Nantes sur les scènes nationale et internationale. Côté rock, en revanche, il y aura eu beaucoup d’effervescence, mais peu d’effets et ce sont des centaines de noms méconnus qui défilent sous les yeux des curieux, tel un continent englouti dont on aurait exhumé les vestiges. Certes, on y retrouve The Little Rabbits, Dolly ou Pony Pony Run Run, mais là encore ce sont des enfants du rock indé des années 1990, alors qu’au cours des décennies précédentes la plupart des rockers n’ont pas dépassé les Pays de la Loire, perdus pour la gloire. Cette déambulation prend le parti de recréer des lieux emblématiques (la salle de répétition d’Elmer Food Beat, éphémères héros du rock paillard, la chambre d’adolescent de Dominique A ou la loge rose bonbon de Katerine) et donne une seconde chance à ces oubliés en racontant leurs essors et désillusions. Des premiers concours de rock adossés aux prix d’accordéon jusqu’aux tentatives hard-rock ou progressif des années 1970, le seul nom qui parvient à émerger est celui de Tri Yann, un groupe… folk. L’hostilité des politiques locaux de l’époque, puis leur soutien soudain au début des années 1990, expliquent le lent crescendo nantais en matière de rock. Cette exposition, valorisante et riche des centaines de documents, constitue ainsi le rêve éveillé de celle qui fut longtemps considérée comme une belle endormie.

ROCK ! UNE HISTOIRE NANTAISE

Jusqu’au 10.11.2019. Château des ducs de Bretagne. 4, place Marc-Elder.

www.chateaunantes.fr

© DR - David Gallard / Le voyage à Nantes - Nicolas de La Casinière

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