Juste une noix

Journalistes et photographes en reportage pour le magazine se mettent à table. Ricochets gourmands autour du globe.

Téhéran Prodigue en brochettes grillées à point, la table iranienne est aussi affaire d’exquis mijotés (khoresht). Les amateurs d’aigre-doux raffolent du fesenjun, un ragoût mêlant à petit feu noix, mélasse de grenade et poulet. Vu de l’assiette, ce mets de fête n’a pourtant pas l’allure des grands jours : un nappage brun monochrome, parfois égayé de quelques arilles de grenade que l’on sent bien posés là pour la nuance. C’est à hauteur de papilles que tout se joue : broyée, la noix tient le plat dans une onctuosité un peu rugueuse, titillée par l’acidité têtue du fruit et le flegme de la volaille. Le tout est en équilibre, mi-terrien mi-suave, idéalement amorti par des dunes de riz au safran. LO

Maldives Certains closent le repas avec l’arrivée du café ou du digestif, aux Maldives c’est la noix d’arec qui y met un terme. Présentée en tranches fines joliment nervurées – sinon elle est dure comme de la pierre –, elle est escortée de feuilles de bétel dans lesquelles elle est roulée, d’épices (clous de girofle, cardamome) qui l’agrémentent et d’une pâte blanche composée de chaux provenant de coquillages, le huni, dont une goutte est déposée au centre. Cette mixture doit être consommée en petites quantités pour conserver ses propriétés antibactériennes. MS

© Léa Outier - Patrick Swirc

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