Marc Berthier

Marc Berthier

Marc Berthier
La montre Carré H d’Hermès en titane (2010).
Marc Berthier
La montre Carré H d’Hermès version 2018 en acier. Créée pour Lexon.
Marc Berthier
la radio Tykho a rejoint en 2000 les collections du MoMA.
Marc Berthier
Toujours en gomme siliconée, l’enceinte Bluetooth Tykho Booster (ici en bleu) complète la gamme.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un architecte et designer, dont les créations sont aujourd’hui entrées au musée.

Lorsque Marc Berthier raconte, souvenirs et anecdotes fusent, mais les noms et dates des rencontres se sont éclipsés. Serait-ce son secret pour rester aussi créatif à plus de 80 ans ? Héritier d’un grand-père architecte et d’un père adepte du sport pour tous, très engagé dans la pédagogie active et l’école nouvelle, Berthier conçoit 11 établissements scolaires avant de se dédier au design industriel et travailler la légèreté, «une forme d’élégance». On lui doit assises et tables de travail, chaussures, robinetterie, d’innombrables objets quotidiens (souvent inspirés par l’un des 4 éléments). Pour la montre Carré H d’Hermès dessinée en 2010 et revue en 2018, le titane poids plume du boîtier initial a cédé la place à l’acier, mais inspirée des horloges à balancier des Shakers, il a gardé ses angles polis et gagné indices et chiffres luminescents. Marc Berthier enseigne aussi longuement dans les ateliers de l’École normale supérieure de création industrielle. En professeur exigeant, il insiste sur la capacité à conceptualiser, à dépasser les archétypes pour créer un caractère particulier et «que ça ait du sens». Chercher en permanence par l’échange et la confrontation. Activement. Le design est pour lui (et dans cet ordre) culturel, artistique, scientifique, technique et économique. Le recul et l’expérience lui soufflent l’importance d’une double culture – son équipe vient de toute la planète. L’une de ses qualités ? Une mémoire visuelle incroyable ; il est aussi d’une insatiable curiosité – autres rouages de son éternelle énergie.

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… le bord de mer, la plage, l’eau, même si j’apprécie la montagne ; j’ai d’ailleurs escaladé le Mont-Blanc à 40 ans. Ma mère, Liane, adorait la natation, pratiquait l’aviron et le ballet nautique. Elle a appris à nager à ses 11 enfants et m’a prénommé Marc comme le héros de La Roche aux mouettes. Élève aux Beaux-Arts et aux Arts décoratifs, je finançais mes vacances en étant maître-nageur à Biscarrosse, au Club Méditerranée sur l’île d’Elbe, à Menton, où le soir le propriétaire de la plage jouait du piano pendant que son fils, sosie de Burt Lancaster jeune, et moi pêchions. Ensuite, j’ai beaucoup voyagé et découvert des îles, intervenant alors parfois en tant que designer industriel. Pour la plage des Jumeaux, sur la presqu’île de Saint-Tropez (j’aime ce lieu de la Côte d’Azur, mais hors saison), j’ai dessiné le logo, les tissus, les lits de plage, bref tout (photos), en me souvenant de mon séjour à Key West – les Keys m’ont marqué, tout comme l’archipel de Stockholm, où j’ai fêté mes 50 ans sur 5 îles différentes avec des amis architectes.»

© eliumstudio - Simon Schwyzer pour Marfa Journal. Courtesy famille Moreu - Marc Berthier - Carl Kleiner -Paul Lepreux - DR

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