double JE

Au fil d’un trait d’encre noire aposé sur un ovale, Diptyque raconte depuis 1968 une histoire unique de la parfumerie. Deux créations saluent cette alchimie duelle, visuelle et olfactive.

Lorsque l’on songe à Diptyque, on pense forcément dualité. Christiane Gautrot, Desmond Knox-Leet et Yves Coueslant, les trois fondateurs, n’ont-ils pas conçu leur bazar chic du 34, boulevard Saint-Germain autour de cette idée de la double vitrine à la façon d’un… diptyque ? Il y a aussi cette notion singulière du double regard de l’illustrateur (cette fois-ci Safia Ouares et Dimitri Rybaltchenko) et du parfumeur (Olivier Pescheux) autour d’une même création. Le binôme encore. «Il fallait donc deux nouvelles eaux de toilette pour fêter comme il se doit notre anniversaire», explique Fabienne Mauny, directrice exécutive. D’un côté Tempo, un hyper patchouli charismatique (trois extractions différentes dans la même formule), ni tout à fait d’hier, ni complètement d’aujourd’hui ; de l’autre Fleur de Peau, une boule de musc transpercée d’iris, qui mime à merveille l’odeur de la peau, celle de l’amoureuse ou de l’amoureux. Même pour un nez exercé, difficile de trouver un lien avec L’Eau millésimée 1968, potion mystique de la maison. Et pourtant, à bien y regarder (ou sentir), ces deux compositions s’inscrivent dans cette filiation-là : libertaire et créative. Leur point commun ? Un clin d’œil habile aux matières premières des années 1960 et 1970, le patchouli hippie chic d’un côté et le musc animal et bienveillant de l’autre. Jamais des créations n’ont autant souligné les valeurs de la maison. Chacune à leur façon, ces deux eaux célèbrent une parfumerie subtile et contrastée, sans gravité, une parfumerie à double-fond, duelle, qui ne dédaigne pas faire un pas de côté pour éviter à tout prix la voie figurative, lui préférant cet impressionnisme olfactif qui séduit le fort rêveur sommeillant en nous.

Montres, art, mise en scène

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