Gabriel Garcia Marquez

Oscar Niemeyer,
par Paul Smith

Créateur d’un univers à l’optimisme bigarré, le couturier Paul Smith pose un regard curieux sur le monde. Chaque mois, il partage ici sa vision des choses. Aujourd’hui, Oscar Niemeyer et le plaisir des courbes.

Quand j’ai découvert l’œuvre d’Oscar Niemeyer, dans les années 1980, je vis en lui un architecte de l’ère spatiale. Je suis un adepte du Bauhaus et de Le Corbusier, qui ont construit d’élégants bâtiments aux arêtes droites et aux angles vifs, mais Niemeyer, c’était autre chose. Il est devenu à mes yeux l’homme qui aimait les courbes.
Ses bâtiments étaient à couper le souffle : modernes, les lignes nettes, mais très surprenants. À São Paulo, j’ai visité l’Auditorium d’Ibirapuera, d’un blanc pur, hormis le dais ondulant d’un rouge éclatant surplombant la porte, et le pavillon Lucas Nogueira Garcez, un dôme bas percé de hublots. C’est peut-être aussi cela qui me touche dans le travail de Niemeyer : mes propres créations sont souvent très simples, mais avec un détail qui accroche le regard, une doublure de couleur vive par exemple.
Son approche très sculpturale a beaucoup marqué la regrettée Zaha Hadid, dont les constructions se distinguent des verticales et des horizontales affirmées que l’on observe chez les minimalistes influencés par le Bauhaus. La façon de Niemeyer d’utiliser les courbes correspondait bien au Brésil, sa terre natale, tout comme son amour du blanc pur, si spectaculaire contre un ciel bleu.

 

Sir Paul Smith rêvait d’autres podiums que ceux de la mode : adepte de la petite reine, il se voyait coureur cycliste, mais un accident en décida autrement. Présent aujourd’hui dans 70 pays, le styliste (né à Beeston en 1946) donne un ton – mais pas de leçons –, attentif à la devise «penser global, agir local».

© Paul Smith - Jean-Michel Tixier/Talkie Walkie - Oscar Niemeyer, ADAGP, Paris 2018

Récréation,enfant, jouet

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