Actualité, Air France

Air France,
une histoire d'art

Rotula (Rouge), 2006, sculpture de Peter Stämpfli, salon La Première du terminal 2E de Paris-CDG.
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Pièces de service de table Jean-Marie Massaud et Christofle
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Uniformes créés par Cristóbal Balenciaga (1969)
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Uniformes créés par Christian Lacroix (2005)
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Espace de soins Clarins, hall M du terminal 2E de Paris-CDG.
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Volume virtuel Air France de Jesús Rafael Soto, une oeuvre de 1989 installée dans le hall du siège de la Compagnie à Roissy.

Depuis cinquante ans, un dialogue singulier s’est engagé entre la Compagnie et les créateurs du monde entier pour incarner, dans des œuvres avant-gardistes, son esprit d’audace et de raffinement. La saga continue sur la terre, comme dans les airs.

Soulages, Monory, Leccia, JonOne et les autres

«Pour comprendre le monde tel qu’il est, mais aussi tel qu’il évolue, l’échange avec les artistes est irremplaçable.» Paraphrasant Kant, la Compagnie pourrait faire rimer Air France avec Art France tant les noms de grands peintres d’avant-garde auxquels elle fit appel, pour la décoration de ses cabines ou de ses salons, se bousculent. Dans les années 1960, les Boeing B707 se parent de tapisseries modernes, conçues aux Ateliers d’Aubusson, et signées par 25 créateurs majeurs – comme Sonia Delaunay, Georges Mathieu ou Pierre Soulages. Dans les années 1970, alors que les menus sont enluminés par d’autres grands peintres abstraits – André Masson ou Serge Poliakoff –, les artistes les plus inspirés du moment, tels Hans Hartung ou Zao Wou-Ki, côtoient sur les portes des vestiaires de véritables petits tableaux, signés par de jeunes maîtres de la couleur, comme Pierre Alechinsky.
La figuration y a aussi droit de cité, qui leur adjoint Jacques Monory, Antonio Seguí ou Pavlos. À l’aube des années 2000, les nouvelles technologies font leur entrée dans la cabine : l’A380 offre ainsi au début des années 2010 une galerie de projection sur trois écrans. Cette véritable galerie d’art contemporain peut s’enorgueillir d’une sélection artistique très pointue de vidéos : Ange Leccia, Laurent Grasso, Mark Lewis ou Gary Hill, pour ne citer qu’eux.
Pour les 80 ans de la Compagnie, l’artiste new-yorkais JonOne lui offre une œuvre intitulée Air France Forever. Cette toile vient prolonger la riche collaboration qu’Air France entretient avec l’art contemporain, et JonOne en particulier, l’une des stars du graff. Il voulait graffiter un avion pour avoir l’impression de faire voler un arc-en-ciel ; il s’est vu confier en 2015 le fuselage d’un B777-300 qu’il a orné d’un sticker de près de 4 m sur 7, façon street art.

Une ligne design

La Compagnie s’intéresse depuis toujours à l’esthétique des lignes et des formes, qu’il s’agisse de celle d’un siège, de la vaisselle d’un plateau-repas (Radi Designers, Philippe Starck, Eugeni Quitllet, Jean-Marie Massaud), d’un uniforme (Dior, Balenciaga, Lacroix), d’un objet publicitaire et bien évidemment du cadre de ses agences, faisant appel aux plus novateurs comme Jean Prouvé, en pleine maturité de son talent, Raymond Loewy, créateur de génie, Pierre Gautier-Delaye, qui en réalisera pas moins de 70 et signera le décor du premier B747 et de la cabine Concorde avec la ligne rouge tulipe, bleu et beige, puis avec l’harmonie de jaune et gris.
En 1957, Air France choisit Charlotte Perriand, jeune architecte collaboratrice de Le Corbusier, ou plus tard Andrée Putman, à qui elle confiera l’aménagement de ce que fut la dernière version du Concorde : une esthétique de la simplicité et de la lumière, une pureté des formes, une élégance du style.

Le style French Touch

Entre autres vecteurs d’images, les salons d’aéroport Air France font aussi l’objet de projets pilotés par des designers réputés et notamment l’agence Desgrippes Gobé (devenue Desgrippes & Laga). À Paris-CDG, les 1 000 m2 du salon La Première, situés dans le terminal 2E, porte 14, ont été pensés comme une maison de collectionneur par l’architecte Didier Lefort, spécialisé dans l’hôtellerie de luxe.
Inauguré en 2012, le salon Business à Paris-CDG, également au terminal 2E, hall M, a été réalisé avec l’agence Brandimage par le designer Noé Duchaufour-Lawrance. Celui du hall L vient d’être entièrement repensé par la même agence. Conçu comme une bulle de sérénité, la digitalisation artistique de ce lieu propose au client une expérience immersive et technologique unique.
L’art contemporain embellit aussi les espaces de voyage à terre. Après Jeff Koons, le salon La Première expose tour à tour sous la coupole de l’entrée la breakdance électro pop des trois danseuses du prince des graffs Keith Haring, ou le sourire glamour d’une Marilyn Monroe en allumettes bleues du roi de l’assemblage David Mach. Sans oublier les œuvres de Markus Raetz, Jacques Villeglé, Niki de Saint Phalle, le plasticien Bernar Venet, un sublime vase de Soulages, réalisé à Sèvres et aussi Joana Vasconcelos, Fabrice Hyber, le nœud noir infini de Jean-Michel Othoniel, les petits lutteurs d’Ousmane Sow, une sculpture de pneu de Peter Stämpfli, une table basse de Guy de Rougemont, le bélier de François-Xavier Lalanne et depuis un mois, le robot oiseau futuriste de la jungle congolaise de Rigobert Nimi.
Un immense volume cinétique de Jesús Rafael Soto – en forme de sphères colorées – accueille, aujourd’hui encore, de ses vibrations tactiles, les visiteurs qui se rendent au siège de la Compagnie à Roissy. Ainsi l’identité d’Air France s’exprime-t-elle dans d’infimes détails orchestrés par ces designers, ces architectes, ces artistes de renom dont la pertinence conjuguée à l’audace a porté l’image de la Compagnie à des hauteurs insoupçonnées dans le développement d’un art de l’aéronautique apte à dessiner pour le futur son histoire à travers le monde.

© Peter Stämpfli / ADAGP Paris 2018, photo : Elea Perrin
© Studio Massaud - Collection Air France. DR - Virginie Valdois - Claire-Lise Havet
© Jesús Rafael Soto, ADAGP, Paris 2018, photo : Guilaume Gomez

fondation, Air France

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