Science ou fiction

Depuis que Platon a fait jaillir des ombres sur la paroi d’une caverne, le sort de la lumière et celui de l’espace semblent scellés ad vitam æternam. Des murs, que l’on éclaire. Des plafonds, que l’on illumine. Des replis, que l’on tamise. Et un jeune designer italo-russe qui atterrit au beau milieu du salon, pour requestionner le tout. Il se nomme Ilia Sergeevich Potemine, a des allures d’acteur baroudeur, se définit à la fois comme inventeur et pilote d’avion. Évidemment, son arrivée au rayon luminaire se devait de souffler quelque nébuleuse esthétique et technique. Voilà qui est fait, avec cette capsule qui ne dit pas son nom. Longiligne comme un navire, minimale comme un télégramme, mutique comme une matière noire, elle livre son cœur dès lors que l’on prend la peine de l’ouvrir. Pas d’interrupteur, mais un geste lent, spatial, consistant à étêter son tube jusqu’à ce que la partie supérieure pivote sur le côté. Il faut alors littéralement tirer la lumière à soi. Illusion stellaire, et sans ampoule. Selon la longueur de faisceau que l’on extrait de cette gangue de laiton poli, la luminosité se veut plus ou moins vive. Petite merveille d’ingénierie éclairée, à refermer d’un clap, pour que soupire la nuit.

Lampe ISP

DCW éditions Paris.

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Air France, Art de la table

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