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Au seuil des
montagnes

Fleur de duvet, la qualité la plus fine.

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Balluchon de duvet, matière première commercialisée dans le monde entier.
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Éric Bacheré, directeur général de Pyrenex.

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L’éleveur Jean-Marc Lajus
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L’élevage de canards de Jean-Marc Lajus, dans les Landes.

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Hall de triage des plumes, permettant de les classer par taille et qualité.

Toisons caressantes et plumages soyeux détiennent les secrets d’un hiver clément. De la Patagonie d’Organica à la campagne landaise de Pyrenex, voyage au cœur des matières les plus chaleureuses. 

Le voyage a parfois l’art de vous saisir dans un détour, un recoin ombragé, une contre-allée oubliée. Ici un gratte-ciel, entre deux grilles de calculs, là un liséré ensoleillé, écho d’un ciel de Méditerranée. À Saint-Sever, c’est tout un décor de cinéma qui s’enclenche sous les ondulations d’une plume. Vision pastorale d’abord, celle des vallons landais ponctués de cabanes, sur lesquels grimpent de musculeux canards en égrainant leur concert de caquètements. Aujourd’hui, c’est Jean-Marc Lajus, un agriculteur de la Chalosse, qui raconte les hectares à parcourir, d’un pré à un autre, surveillant le passage des renards et des chevreuils, attentif à ne pas glisser sur les pentes d’argile lorsque le sol est gorgé de pluie. Le cœur vissé à sa terre et à ses 2 500 canards, Jean-Marc Lajus voit la retraite approcher sans enthousiasme ; toute une vie passée là, aux côtés de son père, de la même trame que celle de ces fermiers indépendants du Sud-Ouest, bichonnant leurs canetons pour travailler le magret et le foie gras, jusqu’à obtenir le Label rouge tant convoité.

Exercices de plumes

Ce label est un gage de qualité pour les gastronomes, mais à quelques kilomètres de là, chez Pyrenex, on le cite pour d’autres raisons… «Les plus beaux approvisionnements en plumes viennent du Label rouge, car le plumage est directement lié au bien-être de l’animal, à la qualité de l’élevage et à l’âge des canards», annonce Éric Bacheré, le directeur général de l’entreprise. Ce plumage, on le retrouve donc à Saint-Sever, arrivant encore boueux, lustré de graisse et piqué d’herbes dans les immenses cuves de lavage de la manufacture Pyrenex. Ce nom, vous le connaissez sans le connaître, la plupart vous diront que l’on y produit des doudounes, d’autres jureront qu’il s’agit de couettes et d’oreillers. Personne n’aura vraiment tort, puisque Pyrenex fabrique les deux. La plume, chez le fabricant landais, est la matière sur laquelle se façonneront les rêves, comme d’autres s’arrêteront sur la belle main d’un cuir. Il faut les classer, séparer le bon grain de l’ivraie, récolter le flocon de duvet, cueillir les plumettes et les réunir par taille. Pour cela, la machinerie réenclenche son cinéma : dans l’immense halle où sont triées les plumes, on croirait arpenter l’envers d’une avenue new-yorkaise. De chaque côté de l’allée, de hauts immeubles aux parois de bois – astuce séculaire pour éviter l’électricité statique – ouvrent leurs carreaux sur d’étonnants paysages. À l’intérieur des caissons, les plumes volent, tourbillonnent, virevoltent, s’échappent. Derrière les fenêtres, dansent des flocons en tempêtes. Grâce à une ingénieuse succession de filtres, les plumes se réuniront par taille et qualité, finissant leur course dans des balluchons cachés dans de hautes cabines. Ce sont ces sacs qui partiront aux quatre coins du monde, serrés comme des balles de coton, achetés par des marques de prêt-à-porter et de literie pour en garnir leurs articles.

Fabrique à rêves

Mais une grande partie de cette matière première fera aussi le lit des produits finis signés Pyrenex. C’est ce qui fait toute la singularité de l’entreprise : le duvet est au cœur du propos, la marque se fournit chez elle. S’enclenche alors un second voyage, celui d’un dormeur blotti au fond de son lit, le dos calé sur ses oreillers. La marque consacre la moitié de ses activités aux linéaments du sommeil. Les couettes sont soufflées d’air et emplies cloison par cloison. Les oreillers gonflent comme des baudruches sur des tubes leur injectant le parfait grammage de plumes, à la manière de choux que l’on emplirait de crème. Tout est blanc, comme si le repos devait passer par la non-couleur, et les cheveux des femmes travaillant dans l’atelier se couvrent de flocons à mesure qu’avance l’ouvrage. Où l’on apprend que le léger ressort de la plumette s’avère d’un soutien corporel inégalé au cœur d’un surmatelas. Où l’on touche littéralement à la magie en plongeant la main dans un nuage de fleur de duvet pour sentir tout à coup une douce chaleur envelopper les doigts, la paume, isolant de tout, presque même du son. Où l’on découvre que le format des oreillers évolue, passant du carré au rectangle pour accompagner la morphologie grandissante de nos sociétés, et que le traversin, ce souvenir boudiné des lits de grands-mères, opère un retour fulgurant sur la scène du sommeil.

Les ailes du jour

Avec une telle ferveur à façonner des cocons pour la nuit, Pyrenex a tout naturellement glissé dans un autre registre, celui des cocons pour le jour. Et puis celui des cocons pour les jours frisquets, et celui des cocons pour les jours de blizzard. Les fraîcheurs d’automne anglais, l’air humide des hivers japonais. Les jours de neige aussi, ceux où l’on dévale la poudreuse, et ceux des explorateurs en expédition. Dans le studio jouxtant les ateliers, on se concentre donc sur la création des compagnons de tous ces voyages. Un plaid-poncho pour flâner à la maison, une parka robuste pour la grisaille citadine, un pourpoint sans manches à employer en sous-couche thermique, un vestiaire ultratechnique pour le ski, un trio combinaison-moufles-capuche en duvet moelleux pour les bébés, une doudoune légère et compressible à souhait, que l’on enroule dans un pochon lors d’un saut de puce à l’autre bout du monde… Sur les contreforts des Pyrénées, les plumes de la nuit semblent volontiers se prêter aux rêves éveillés.

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