Flore Larrazet, interview

Flore Larrazet

Flore Larrazet, interview
À côté de motifs jacquard et d’un bestiaire, dont ces tigres pour Atomic Soda, Flore Larrazet rêve de grand format, telle la fresque vert prairie conçue pour un restaurant.
Flore Larrazet, interview
Une fresque vert prairie conçue pour un restaurant.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec une dessinatrice textile et illustratrice.

Danse, musique, dessin, l’enfance de Flore Larrazet la pousse à étudier… les arts appliqués à Lyon – attrayante proximité des Alpes et de l’Italie découvertes petite. Initiée à la lecture des motifs coptes et moyen-orientaux, témoins d’histoires et de cultures, elle file vers le design textile par goût de l’inconnu. Après un passage par la mode enfantine, elle ouvre fin 2013, à Nantes, Walkie Talkie, son studio de création textile, avec Debora, une amie styliste mexicaine qui repart très vite outre- Atlantique. Flore se concentre alors sur les motifs qu’elle dessine à la main, puis épure avant de les coloriser au feutre. Une phase bénie. Puis face à l’ordinateur, un casque sur les oreilles – en ce moment Kurt Vile, Angel Olsen ou Method Man –, c’est le temps de les répliquer : allier spécificités techniques des métiers à tisser et rythme des dessins. Elle travaille en confiance avec des industriels «historiques», ouverts à l’innovation et de bon conseil. Intuitive sur les attentes de ses clients, elle nourrit son imaginaire de romans graphiques, d’Art déco, de Matisse, Hockney ou Julien Colombier, des papiers peints Pierre Frey ou des carrés Hermès. Le motif est un décor «plaisant qui doit se vendre», aussi Flore aime-t-elle lâcher son trait dans la pratique plus intime de l’illustration, exposée régulièrement à la Slow Galerie (Paris). Équilibriste inspirée par le détail d’une matière ou des scènes de vie, elle aurait pu devenir photographe ou danseuse, mais ses grands-parents étaient marchand de linge de maison et couturière !

La chaîne des Aravis vers La Clusaz

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… la chaîne des Aravis vers La Clusaz . J’ai découvert cet endroit l’été, en vacances avec mes parents. Quelle différence avec la plaine urbaine de Nantes où nous vivions ! C’est une totale évasion : je randonne dans le surdimensionné, alors que je travaille dans le micromonde de mes motifs. Tout me semble en harmonie, se répond. Là-haut, marcher en voyant le mont Blanc est l’occasion de tester mes limites physiques. Mes sens sont sur le qui-vive : j’ai un nez “bionique” capable de déceler les odeurs des plantes, des roches chaudes de soleil. On s’y sent vivant, l’air pur et frais est d’une autre texture, les couleurs sont densifiées, les bêtes et les insectes, chez eux. L’impression d’un retour à l’originel.»

© Pauline Rühl Saur - Studio Walkie Talkie - Studio Walkie Talkie pour Éditeur Atomic Soda - Flore Larrazet

Adam Sopher,Joe & Seph’s

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