Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs. Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages... Ce mois-ci, c’est Mahamy, 10 ans, qui depuis Issy-les-Moulineaux a mis ses images sur les mots de Daniel Picouly.

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Air France Magazine, L’histoire du mois, 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris.
Dessin

En barque sur le lac

11. L’entre deux mères

Le cœur d’Itipulco reste muet. Un cœur ballotté entre deux mères. «Entre deux mers, comme la Mésopotamie ?» Itipulco ne sait d’où lui vient cette étrange question. Puis il se souvient. Akayaka, sa mère, lui racontait la Mésopotamie, ce croissant de lune fertile entre le Tigre et l’Euphrate, tombé parmi les hommes et les dieux. Une terre où pour la première fois les histoires avaient été gravées dans la pierre, pour que chacun les connaisse et les raconte. Des histoires que sa mère laissait glisser de ses lèvres à son oreille, sans qu’un mot puisse s’échapper au-dehors et trahir leur secret. «Femmes, racontez-moi l’histoire de Ninhursag, la déesse et mère de Mésopotamie qu’Akayaka me racontait le soir pour m’endormir empli de rêves.» Les femmes surprises font mine de s’offusquer de la demande d’Itipulco.

– Ce n’est pas à une mère de prouver qu’elle est mère, mais à l’enfant d’en être digne.

– À lui de reconnaître et choisir.

– Je vous ai reconnues et ne vous choisis pas. Aucune de vous n’est ma mère.

– Et pourquoi ?

– Si l’une était ma mère, Akayaka, l’indomptée, elle se serait déjà jetée sur l’autre et l’aurait mise à terre, raide et froide comme la pierre.

Les femmes suffoquées poussent un cri chétif d’oiseau pris au piège et s’évanouissent au sol, ne laissant pour trace d’elles qu’une poudre de safran. Alors, Paryaqaqa, dieu des métamorphoses, reprend son apparence incertaine. «Ne te réjouis pas trop vite, Itipulco. Tu as réussi l’épreuve de l’entre deux mères. Mais il te reste un ultime obstacle à franchir pour rejoindre Akayaka, au-delà des Murs d’Or. Pour cela, il te faut recueillir grain à grain le safran des mères répandues et t’en faire une poudre de Simulacre.» À suivre.

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