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Maldives
motifs
de quiétude

Institutrice à la fleur d’hibiscus, Velidhoo, atoll d’Ari .
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Sur le port de Malé au retour de la pêche, loin de la frénésie du marché.

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Île vierge aux palmiers géants, confetti préservé de l’atoll de Noonu.

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À Malé, Mohamed Imran Ahmed s’inspire de l’art ancestral de la sculpture sur corail.

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L’atoll de Noonu, ourlé d’îles sauvages.

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Sur l’île de Velidhoo, l’une des plus peuplées de l’atoll d’Ari, on prépare la fibre de coco pour en faire de la corde.

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Le dhoni, bateau traditionnel maldivien, utilisé pour la pêche comme pour le transport de passagers.

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Au coucher du soleil, le doré prend le relais du bleu, atoll d’Ari.
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La noix de coco, l’un des aliments de base des Maldives.
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Cheval Blanc Randheli.
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Cheval Blanc Randheli.
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Cheval Blanc Randheli.
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Lux* South Ari Atoll.

Pointillés d’atolls sur l’horizon de l’océan Indien, palmes tressées ou arabesques sculptées dans le corail : l’archipel des Maldives se révèle paradis naturel, un repaire pour esthètes et contemplatifs.

Un liseré entre ciel et mer

Tout se passe à hauteur des yeux, nul besoin de lever la tête : le regard se pose sans que rien ne vienne l’arrêter. Avec un point culminant à 2,30 m au-dessus du niveau de l’océan, les Maldives ne peuvent toiser le visiteur malgré leur insolente beauté. Seul l’horizon semble savoir où cesse la mer et où débute le ciel, qui se confondent dans tant de nuances de bleu que l’on se demande si l’œil parvient à toutes les distinguer. La flore – arbres à pain, mangroves ou cocotiers – s’élance tout de même, timidement, vers le haut, comme un doux contrepoint à l’absence de relief.

Tout ce plat se devine parfaitement depuis le ciel. Rebondissant comme des ricochets à la surface de la mer, les îles dessinent l’illustration parfaite du mot atoll – d’ailleurs étymologiquement dérivé de atolu, mot divehi, la langue maldivienne. Ils sont 26 à composer les Maldives, et leur histoire se lit à travers les hublots d’un hydravion : les faros, massifs coralliens circulaires au centre immergé formant un lagon, se sont constitués autour d’anciens volcans marins effondrés depuis. Ils s’offrent aujourd’hui au contemplatif, à celui qui se laisse bercer par le rythme des vagues et de la brise au souffle léger et qui accepte de ne donner aucune prise au temps. L’heure est ici facétieuse, d’une île à l’autre elle fait un ou deux bonds en avant pour laisser plus de place au soleil en fin d’après-midi.

Quelques grains d’îles

Même le Lapin Blanc d’Alice au pays des merveilles aurait lâché prise. Les hydravions décollent rarement à l’heure, et un rendez-vous avec des locaux ne sera honoré que lorsqu’ils se considéreront prêts à vous accueillir avec honneur. Les sourires, la curiosité retenue et la générosité n’ont ni prix ni horaires. La précipitation ne semble pas faire partie du mode de vie maldivien et les habitants ne se départissent jamais de leur calme. Dans le duel millénaire qui les oppose à l’inéluctable montée des eaux, ils redessinent inlassablement et patiemment des langues de sable afin de préserver leur territoire, déjà occupé à 99% par la mer sur laquelle se posent tout de même près de 1 200 îles, dont seulement 200 sont habitées. Elles ne dépassent souvent pas 2 km de long, une promiscuité qui aurait pu donner à d’autres l’envie d’aller voir le monde : si les Maldiviens ne sont pas devenus de grands explorateurs, c’est sans doute parce qu’ils se trouvent bien sur leurs petits bouts de terre ferme. Leurs dhonis ont la finesse et le port altier des drakkars des grands conquérants du Nord, mais la proue, moins haute, annonce la douceur. Ils ne s’éloignent jamais bien loin du rivage et reconduisent à bon port ces hommes qui ont réussi à enfoncer de solides racines dans un sol sablonneux et friable. Ils ont su se contenter de ce qu’il avait à leur offrir : le cocotier, qui se hisse un peu plus haut que le reste de la flore, ne sert pas uniquement de décor de carte postale. Les insulaires l’utilisent pour se nourrir, s’abriter, construire... Tressées, les palmes deviennent des toitures esthétiques et efficaces contre les agressions du soleil ou les fureurs de la mousson, la fibre de coco donne des cordes résistantes qui amarrent les navires, soulèvent des poids ou tiennent les cloisons des maisons. D’autres plantes sont tissées pour fabriquer les nattes aux motifs traditionnels qui servent de tapis de prière ou de matelas.

Harmonie d’entrelacs

La relative pauvreté des sols est compensée par la prodigalité de la mer. La richesse est ici marine. Jusqu’au début du XXᵉ siècle les cauris, petits coquillages blancs, servaient de monnaie dans une grande partie du monde, et les Maldives en étaient le principal fournisseur. Ils sont toujours utilisés comme ornements, mais le pays réserve d’autres surprises sous-marines. Poissons multicolores de toutes formes, raies manta majestueuses (l’une des plus importantes concentrations de la planète), dauphins et tortues se croisent au milieu de récifs coralliens dans un épatant ballet. Même s’il n’est pas paré des plus jolis atours, le thon est le roi de ce carnaval chatoyant. Il constitue avec la noix de coco la base de la cuisine maldivienne, s’accommode de dizaines de façons pour être savouré du petit déjeuner au dîner. Reconnaissants, les hommes le respectent et le pêchent encore artisanalement, à la ligne.

Cette générosité aquatique se retrouve sur les étals des marchés, dont celui de Malé, capitale bouillonnante qui seule ose défier les règles d’horizontalité en s’étirant toujours plus haut, est le plus impressionnant. Il grouille jusqu’à la nuit et comme le reste de la ville, on se demande comment il parvient à contenir tout ce monde. Serein sur les autres atolls, le rythme de Malé est frénétique, les chantiers sont permanents et les immeubles chatouillent le ciel. Dans cette cohue, un homme marche à contresens en étudiant le passé afin de retrouver des gestes oubliés et minutieux. Depuis neuf ans, Mohamed Imran Ahmed sculpte des motifs ancestraux qui se retrouvent sur les rares monuments en corail ayant résisté aux grues et aux siècles. Il a créé un matériau similaire au corail, qu’il travaille pendant plusieurs semaines avec des outils souvent fabriqués par ses soins, et connaît la signification et les légendes de ces enchevêtrements de lignes et d’arabesques, qui n’évoquent à nos yeux novices que de superbes dessins. Mohamed Imran Ahmed est autodidacte, plus personne n’enseigne ce type de sculpture et rares sont ceux encore capables de reproduire ce savoir-faire unique.

À l’école, les regards sont tournés vers l’avenir avec un enseignement dispensé en grande partie en anglais, car le divehi n’est parlé que localement. Il n’a cependant pas encore dit son dernier mot et reste enseigné dans les salles de classe tout comme le thaana, l’alphabet local composé de signes dansants. Penchés sur leur cahier, concentrés, les élèves forment les mots de droite à gauche en posant les voyelles sur les consonnes. Les motifs ainsi composés font partie de ces détails qui, bien plus que les plages de sable blanc ou les eaux turquoise communes à plusieurs endroits, rendent les Maldives uniques à ceux qui gardent les yeux grands ouverts.

Rebondissant comme des ricochets à la surface de la mer, les îles dessinent l’illustration parfaite du mot atoll.

Cheval Blanc Randheli

On entre ici dans une maison. Les hôtes ne sont pas réceptionnés mais accueillis, chaleureusement, dès la sortie de l’hydravion par des membres de l’équipe et l’emblématique Arch, sculpture monumentale de Vincent Beaurin dressée dans le lagon. S’avance alors un ange gardien : le majordome, qui escorte le visiteur jusqu’à l’une des 45 villas graphiques conçues par l’architecte Jean-Michel Gathy. Qu’elles se cachent derrière un luxuriant jardin ou qu’elles soient posées sur l’eau, l’émerveillement est le même. Bien entendu, les dimensions frôlent l’hyperbole : piscine privée de 12 m, portes pivotantes monumentales, œuvre d’art évoquant le soleil en surplomb de la baignoire… mais ce sont surtout les détails qui touchent, un petit mot écrit dans le sable ou une assiette de macarons maison posée sur la table. L’art de recevoir prend tout son sens, juste mélange de discrétion et de raffinement, où rien ne semble avoir été omis : excursions joliment pensées, sports nautiques, spa et tennis situés chacun sur une île dédiée, 5 restaurants – dont un gastronomique, le 1947. Pour une expérience exclusive, la Owner’s Villa, qui compte 4 suites, est nichée sur une île tout à elle. Le repaire idéal pour profiter du véritable luxe : ne rien faire.

Cheval Blanc Randheli

Atoll de Noonu. Tél. +960 656 1515.

www.chevalblanc.com/randheli

Lux* South Ari Atoll

On ne vient pas au Lux*par hasard, mais pour ses villas rénovées il y a moins d’un an dans un style contemporain épuré, ses 4 km de plage, son menu complet d’activités nautiques, la possibilité d’appeler gracieusement chez soi depuis une cabine, la glacerie qui propose des produits maison, la chasse au trésor (la recherche de bouteilles contenant une surprise, disséminées sur l’île), les projections en plein air ou encore le petit déjeuner au bar à dim sum. Un autre resort, plus intime, ouvrira début 2018 dans le nord des Maldives. On reviendra encore moins au Lux* par hasard.

Lux* South Ari Atoll

Dhidhoofinolhu, atoll d’Ari. Tél. +960 668 0901.

www.luxresorts.com/en/hotel-maldives/luxsouthariatoll
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Maldives
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© Jean-Michel Gathy / Denniston

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Carnet d’adresses

Cheval Blanc Randheli

Atoll de Noonu. Tél. +960 656 1515.

www.chevalblanc.com/randheli

Lux* South Ari Atoll

Dhidhoofinolhu, atoll d’Ari. Tél. +960 668 0901.

www.luxresorts.com/en/hotel-maldives/luxsouthariatoll
Carnet d'adresses

S'y rendre

www.airfrance.com

Fréquence des vols

Air France dessert Malé par 2 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

Aéroport d'arrivée

Aéroport international Velana de Malé.
À proximité de l’île de Malé.
Tél. +960 332 3506.

Bureaux Air France KLM

Aux aéroports.

Réservations

— Depuis la France : tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

A lire

Maldives
Lonely Planet.

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle.