Festin lilliputien

Avez-vous remarqué comme la vie se pétrit volontiers de contradictions ? On l’attend sur le quai de l’enfance, en pensant qu’il faut être grand pour commencer à la vivre. Et une fois en voiture, on se retourne, cherchant dans le fouillis de la mémoire les éclats d’un autre âge. C’est là, précisément, que la vie nous prend en flagrant délit, lorsqu’elle nous cueille attendris devant la moindre miniature de nous-même. Tout voulait nous dépasser, mais l’histoire est un ressac qui repart dans l’autre sens. La maison dite de poupée, l’arbre rapetissé en bonsaï, le poney toisant le cheval, la bouchée de chocolat se croyant sac à main, et même ces objets tactiles, dont les écrans se doivent désormais d’entrer dans des mouchoirs de poche. La vie vous cueillera donc, ému, face à la porte de votre réfrigérateur. Pour y avoir aimanté un micropaquet de pâtes, des vraies, faites par une référence de la pâte italienne. 15 g le paquet de fusillone, 20 g celui de spaghetti, le tout emballé dans les règles de l’art. Le format des pâtes, faites à la main pour l’occasion, a suivi la même courbe descendante, et les cercles des anelli siciliani n’excèdent pas la taille d’un grain de poivre. Étonnante dînette que l’on destinera aux repas frugaux, aux appétits de moineaux ou aux gastronomes en chaise haute. Vous pourrez toujours clamer que vous n’avez rien dans votre frigo. Il suffira d’en fermer la porte pour dégainer les casseroles.

Minipaquet de pâtes aimanté

Garofalo. 3-4 minutes de cuisson.

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