Montre, histoire, artistes


Tant qu’il y
aura des montres

Montre, histoire, artistes
Un modèle mythique plébiscité par des icônes. Alain Delon et Jean-Pierre Melville, Yves Saint Laurent, William Eggleston, Lady Diana, Gunter Sachs, Catherine Deneuve.

Dessinée en 1917, la Tank de Cartier initie une nouvelle esthétique horlogère par sa géométrie un brin martiale. Un siècle plus tard, l’heure est toujours à l’avant-garde.

Les premiers chars d’assaut montés sur chenilles, les Mark anglais, apparaissent en 1916, mais photos, dessins et descriptions sont alors interdits par la censure. Baptisé d’après son nom de code, qui signifie réservoir en anglais, le tank doit attendre décembre 1916 pour faire la une de L’Illustration. Louis Cartier s’en inspire pour dessiner une montre à l’incroyable destinée. Des chenilles naissent les brancards, soit deux barres parallèles plates à angles vifs qui intègrent les attaches du bracelet au boîtier sans aucune rupture. Caractérisée par sa ligne des minutes en chemin de fer, la Tank invente un nombre d’or horloger, à la fois carré et rectangle, masculine et féminine. À la tête d’une famille nombreuse jouant sur les formes et les matériaux, elle peut être cintrée, à guichets, étanche… Aussi élégante au poignet de Clark Gable que de Michelle Obama, elle va jusqu’à susciter un charmant anachronisme dans Le Fils du Cheik, film muet où Rudolph Valentino refusa de l’enlever lors du tournage. Pour ses 100 ans, l’icône dévoile des brancards sertis de diamants ou biseautés dans l’acier, sa version américaine soulignant sa cambrure d’un cadran squeletté. Résonne alors ce mot de Jean-Charles de Castelbajac, écrit en 1994 : «Si tous les tanks étaient fabriqués par Cartier, nous aurions le temps de vivre en paix». Brûlant d’actualité.

@ Sunset Boulevard/Raymond Boyer collection - Horst P. Horst - Yushiyuki Matsumara - Sipa Images - Jean-Jacques Lapeyronnie/Gamma

Chemise, personalisable

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