Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement  les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs.  Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages… Ce mois-ci, c’est Lola, 9 ans, qui depuis Paris a mis ses images sur les mots de Rachel Corenblit. 

Pour participer à notre prochaine histoire jeunesse, téléchargez le texte ici
et envoyez-nous votre création à l'adresse suivante :

Air France Magazine, L’histoire du mois, 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris.
dessin, mia, itipulco

En barque sur le lac
10. Le choix d’Itipulco

Itipulco avance dans le tunnel étroit. Il se concentre sur la lumière qu’il voit tout au bout, en essayant d’oublier que Paryaqaqa, le dieu de la métamorphose, s’est sans doute lancé à sa poursuite. Il respire régulièrement, ignore  la douleur et, lentement, approche de la sortie.

Devant lui, s’ouvre une salle immense. Les murs d’or brillent d’un éclat éblouissant, les étincelles du soleil retenues dans les pierres jaillissent, mais ce n’est pas cette lumière qui fait cligner les yeux de notre courageux petit héros.

Deux femmes se trouvent au centre.

Deux femmes vêtues de la même robe. Du même collier de perles fines. De la même longue chevelure brune. Deux femmes qui lui sourient et prononcent en même temps cette phrase : «Mon fils, enfin te voilà !» Deux femmes qui le dévisagent avec le même amour.

Et Itipulco comprend la ruse de Paryaqaqa, le dieu des illusions. Il a pris l’aspect d’Akayaka,  sa mère. Il a imité sa voix si douce et la tendresse qu’elle met dans chacun de ses gestes.

– Maman ? demande Itipulco.

– Oui, mon fils, répondent les deux femmes.

– Maman, comment te reconnaître ? Laquelle des deux es-tu vraiment ?

– C’est moi, évidemment, répond la femme de droite.

– Ce n’est pas elle, fils ! affirme la femme de gauche.

Perdu, Itipulco se laisse tomber au sol. Il voudrait se jeter dans les bras de sa mère, pour y laisser toute la peine et la fatigue qu’il éprouve.

La femme de gauche s’avance vers lui : «Viens mon enfant, viens !» La femme de droite reste en retrait. Elle sourit. «Laisse parler ton cœur…» – elle murmure. À suivre.

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