hanoi, en 10 raisons, Vietnam


Hanoi
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hanoi, en 10 raisons, Vietnam
1

Capitale du Vietnam, deux fois moins peuplée que l’ancienne Saigon, plus austère, plus intellectuelle aussi, Hanoi concentre tous les pouvoirs du pays. La récente élection d’un nouveau maire, décidé à hisser la ville au rang des autres mégapoles asiatiques, augure d’un essor fulgurant. Veillant à ses traditions, ouverte au progrès, jalouse de ses trésors cachés, bénéficiant d’un climat quatre saisons, à la fois truculente, jeune, vivante et créative, la cité s’ouvre au futur sans rien lâcher de son patrimoine, impatiente de montrer ce dont ses habitants sont capables.

1.

Étages en capitale

Quartier ancestral et labyrinthique, les 36 Rues sont le bastion historique des guildes corporatistes et des marchands établis là dès le XIIIe siècle, et spécialisés dans la confection et le négoce de monodenrées. Sur le terrain, le quartier compte plus d’une centaine de rues, mais le chiffre 36 a été choisi, car porte-bonheur. Il y a belle lurette que les artisans-commerçants ne vendent plus nécessairement du sucre rue du Sucre, de la soie rue de la Soie, de l’étain rue de l’Étain ou des éventails rue des Éventails. Mais les noms perdurent, évocateurs: rues du Poulet, des Peignes, des Tambours, des Bonbons, du Bambou… Aujourd’hui, ce dédale regorge de commerces, bars, cafés, restaurants gourmets, boutique-hôtels, concept stores parfois entassés en étages, enfouis dans les entrailles des bâtisses, tous bondés. Oscillant entre le touristique obligé et le trendy local, faisant se croiser backpackers australo-occidentaux, Hanoïennes à la dernière mode, sorties d’écoles en uniforme, familles au grand complet le dimanche quand le quartier devient piétonnier, les 36 Rues sont aussi un exemple d’architecture vernaculaire hanoïenne avec ses maisons dites maisons-tubes. Sauvegardé, protégé, rénové, il concentre l’âme de la ville et sa résistance aux aléas de l’Histoire. Y passer ses journées, y flâner sans s’y perdre est un défi. Surtout quand, au milieu d’une rue étroite occupée par l’unique voie ferroviaire en activité, on enjambe les rails pour mettre un pied, déchaussé, merci, dans le merveilleux atelier-magasin de création contemporaine sur papier artisanal traditionnel (do) fondé par Tran Hong Nhung. Jolis et uniques souvenirs couchés, roulés, pliés, façonnés, à la clé.

ZO project

27, allée 5A Tran Phu, Hoan Kiem. Tél. +84 16 6660 2928.

www.zopaper.com

2.

L’art et la matière

Importé par les Chinois au début du XVe siècle, l’art millénaire de la laque était jadis, comme la céramique, la corne, le bois, la broderie, la soie ou le papier, une matière à objets de luxe, destinés à des usages nobles et liturgiques, puis décoratifs. Après 1954, cet artisanat individuel fut banni au profit d’une production coopérative de qualité médiocre. Le retour à la propriété privée permettra à la filière, sauvée et soutenue par des investissements éclairés, de recouvrer son prestige. Fondée en 2015 par Nguyen Thi Nhung, Hanoïenne grand-teint, et par le Français Christian de Ruty, Hanoia est le pur manifeste de ce brio ravivé. Produits à la main par des artisans émérites dans les ateliers de Ha Thai, fameux village de laqueurs, ce sont plus de 300 références d’objets, bijoux et beaux souvenirs, destinés aux voyageurs comme à la clientèle locale, qui installent en pleine élégance le renom naissant de la première maison de luxe vietnamienne. S’y ajoute une collection de vêtements en soie laquée (lanh my a), autrefois réservée aux hautes castes, une «reine des soies» désormais reproduite et modelée pour Hanoia par Nguyen Cong Tri, l’un des plus grands créateurs locaux de mode. Fusionnant artisanat, création, luxe et savoir-faire ancestral, Hanoia, qui œuvre en toute confidentialité pour quelques maisons parisiennes superlatives, possède 4 boutiques, dont la plus récente a été installée dans l’Heritage House, ancien comptoir de la rue de la Soie, restauré en 2000 dans le cadre d’un accord de coopération entre les villes de Toulouse et de Hanoi. Décor suggestif : on y musarde sur 2 étages, entre salon et patio, l’œil aimanté par ces couleurs fascinantes – dont le célèbre bleu Hanoi –, toutes issues, l’air de rien, d’un minutieux travail en 20 étapes, huit semaines et 24 couches de laque.

Hanoia Heritage House.

87, Ma May, Hoan Kiem. Tél. +84 24 6293 6087.

www.hanoia.com

3.

Rituel corsé

Deuxième exportateur mondial de café derrière le Brésil, le Vietnam est le premier exportateur de robusta. À Hanoi, la culture du ca phe est omniprésente, phénoménale : les cafés, de tous types et styles, prolifèrent en ville. Les chaînes de torréfaction aussi. Fort, très fort et amer, le café vietnamien, torréfié deux fois, obéit à une série de rituels horaires et gustatifs. Celui du matin, préparé à l’aide de la fameuse tasse-cafetière en aluminium, héritage ménager colonial, se boit à la tasse, chaud, noir ou allongé de lait concentré sucré, autre héritage français intégré. Ensuite, on ne réchauffe jamais le café : on le boit froid. Ou noyé de glaçons. En été, l’alliance chaud + glaçons est un classique baptisé rocket-fuel. Mug ou mazagran : la tasse change alors de gabarit. Ainsi de suite toute la journée. Et tard dans la soirée. Ici, le café n’empêche pas de dormir. Compter aussi avec le café à l’œuf (ca phe trung), spécialité typique, avatar avoué du cappuccino, soit un jaune d’œuf fouetté dans de la crème et versé mélangé à du café noir. La formule, dévoyée depuis (la crème a été troquée contre du lait concentré sucré et l’œuf est entier), aurait été inventée dans les années 1930 à l’hôtel Métropole par un barman nommé Giang, qui a laissé son nom à l’un des plus vieux café de Hanoi (1946). Outre ses allures de sabayon mousseux, le ca phe trung, vrai dessert, exige une solide santé hépatique. Quant au café «organique» kopi luwak, obtenu à base des déjections de civette (con chon), surnommé poo-poo coffee, il fait l’objet d’une néoculture et d’une consommation plus exotico-touristique en dépit de son prix faramineux. Évolution des mœurs : le café-filtre traditionnel (phin ca phe) est désormais concurrencé par l’espresso à l’italienne et le cappuccino, considérés comme plus chics, plus Pinterest friendly. D’où l’essor de ces nouveaux salons, souvent ouverts par des étrangers, comme la Maison de Têt Décor de Peter Wilkes, torréfacteur et lifestylist australien établi en bordure du lac de l’Ouest dans les murs d’une ancienne villa coloniale. Proche de la cathédrale Saint-Joseph, décoré avec faste, le rutilant café RuNam symbolise le potentiel trendy du sujet tandis que, niché dans une impasse improbable, ouvert par Nguyen Duy Bieu qui débuta son négoce à vélo, le quasi clandestin Reng Reng distille un esprit barista inédit dans un cadre rudimentaire en servant café noir (nau), café froid-crème fouettée (ba na) et autres ristretti, préparés à base d’arabicas provenant de la plantation familiale de Lam Ha, à Dalat, et torréfiés sur place. Plus cher qu’ailleurs, certes, mais délectable et ignoré des touristes.

café Giang

39, Nguyen Huu Huan, Hoan Kiem. Tél. +84 24 2940 495.

www.giangcafehanoi.com

Maison de Têt Décor

156, Tu Hoa, Nghi Tam Village. Tél. +84 09 6661 1383.

www.tet-lifestyle-collection.com

Café Runam

13, Nha Tho, Hoàn Kiem. Tél. +84 24 3928 6697.

www.caferunam.com

café Reng Reng

17, allée 12, Ly Nam De, Hang Ma, Hoan Kiem. Tél. +84 09 3365 3101.

www.rengrengcafe.com

4.

Cages musicales

La coutume est panasiatique. À Hanoi, elle se concentre au sud-est de la ville, tout le long de la rue Tang Bat Ho, dans le quartier de Hai Ba Trung. Un trottoir occupé par les marchands d’oiseaux – mainates, garrulaxes, damiers, martins… – et de cages en bambou provenant du village de Vac, l’autre, par des cafés où chaque matin les propriétaires d’oiseaux chanteurs, réunis en associations selon le type d’oiseau, se retrouvent et font chanter leurs protégés. Un loisir masculin mis en compétition selon des critères stricts. Chacun arrive, cage ouvragée, drapée d’un tissu opaque, suspendue à une barre selon un emplacement choisi. Mis à jour, l’oiseau s’ébroue, sautille, observe l’assistance, ses rivaux et se lance. Entre deux gorgées de café ou de thé et trois commentaires laconiques, on se lève, on déplace la cage, on la rapproche de celui qui chante mieux ou plus fort. L’émulation sans prise de bec. S’il existe une noria d’oiseaux chanteurs, les deux espèces les plus recherchées sont celles qui n’ont pas peur de la présence de l’homme : les robins, plumage vert-jaune-brun, petits, sautillants, et les bulbuls orphée, plumage noir-blanc et reconnaissables à leur houppette qui les fait ressembler à des popes à plumes. Quant aux concours, ils ont lieu une fois par mois. Le plus important se tient deux fois par an. Jury indépendant – masculin – et critères de sélection drastiques. Éliminés : les choristes qui se lavent, qui regardent le soleil, qui se rengorgent, qui la bouclent. Les champions seront ceux qui trilleront le plus longtemps, le plus fort et en modulant le plus leur chant. Certains concours durent entre quatre et cinq heures. Parfois la journée entière. Les prix ? Une télé, un scooter. Un oiseau chanteur peut rapporter gros. En attendant, le spectacle est un ravissement pour les oreilles…

5.

Nuées mécaniques

En quelques années, le scooter (xe may) a envahi les rues de Hanoi, devenant le moyen de locomotion le plus utilisé par toutes les générations et catégories sociales confondues. Masque filtrant sur le visage, casquette rigide en guise de casque, en solo, duo, nappés d’un poncho en Nylon sous la pluie, les Hanoïens se déplacent par meutes. Pélagiques. Sans rouler très vite, sans accélérer ou pétarader. Sans trop observer non plus un code de la route volatile. Des scooters, on en trouve partout en ville, garés serrés sous la haute surveillance de gardiens de parkings publics usant de craie pour marquer le véhicule autorisé à stationner, signes qu’ils effaceront avec une balle de tennis. Ailleurs, il importe de se garer au chausse-pied exactement devant le bar, le magasin où l’on doit se rendre. Y déroger déclenchera la fureur du commerçant concerné, donc lésé ! Observer les Hanoïens se mouvoir en scooter est un spectacle fascinant, le marqueur d’une ethnographie ambulante et qui dit tout de la ville, de ses us et de ses habitants. Déjà, pas de rétroviseurs sur les scooters : ce qui se passe à l’arrière, c’est le problème de celui qui est derrière. Attitude et postulat. Le soir, les couples sortent. Lui en costume, elle, talons hauts et manteau pastel, châlée en amazone. Coquet, sexy. Le week-end, place aux familles. Trois, quatre, comme à Naples. La nuit, le scooter dort dans le couloir de la maison familiale. Le jour, des rues entières sont vouées aux réparations, au lavage. Sinon, le scooter sert à transporter des poutres, un cochon, des fleurs, des sacs de cacahuètes, des bonbonnes d’eau, et même un autre scooter ! Intrépides…

Grab

Pour se déplacer en scooter à Hanoi (et aussi à Hô Chi Minh-Ville et Da Nang), la meilleure solution est de recourir à cette application, très efficace : géo-localisation des véhicules avec conducteur, tarifs fixes (option Premium depuis le printemps 2017), règlement direct, fourniture d’un casque neuf et d’un gilet de sécurité.

www.grab.com

6.

Une bouffée d’art frais

Encore loin des cotes exponentielles de l’art contemporain chinois, l’art contemporain vietnamien s’extirpe lentement de l’anonymat dans lequel le régime Viet-Minh l’avait contraint à des fins propagandistes et officielles. La Mai Gallery fut la première galerie privée à ouvrir à Hanoi en 1993. Aujourd’hui, une douzaine de cimaises soutiennent, montrent et vendent le travail de nombreux artistes et plasticiens vietnamiens, dont une jeune génération bourrée de talent et mue par une conscience sociopolitique critique et poétique à la fois. Avec leurs accrochages opérés en collaboration avec ces mêmes galeries, les grands hôtels sont entrés dans le circuit, exhibant artistes confirmés et émergents. Beaucoup, à l’image de leurs aînés, ont fait les Beaux-Arts, devenus l’université des Beaux-Arts du Vietnam. Beaucoup reçoivent leur clientèle privée, désormais internationale, dans leur atelier. Ainsi procède Pham Luan, 63 ans, le peintre le plus célèbre du pays, maître du lyrisme urbain et du post-impressionnisme humaniste, exposant à Londres, New York, Hong Kong et Paris. Ou Dinh Quan, star incontestée de la scène contemporaine, drainant une clientèle locale fortunée et érudite. Passé du figuratif à l’abstraction spatio-mentale en grand format, son travail est montré dans les musées d’art vietnamiens, en Malaisie, au Texas, collectionné de Singapour aux États-Unis. Repéré à la Green Palm Gallery avec ses images hyperréalistes et faussement naïves d’engins militaires, Nguyen Manh Hung, artiste et musicien expérimental, curateur de l’espace Nha San Collective, expose aussi en collectif au Manzi, nouvel espace gigogne, avec café-galerie en étage d’une ancienne villa coloniale. Peintures, dessins, sculptures, illustrations, collages témoignent ici de la créativité multimédia de la jeune scène locale, favorisant l’acquisition coup de cœur au vu des prix (en dollars) très raisonnables. Pour ne rien ignorer du qui-fait-quoi et du qui-est-qui en ville et en la matière, faire halte au Tadioto, le salon-galerie de Nguyen Qui Duc, personnage-pivot de la scène hanoïenne. Galeriste, artiste, designer, polyglotte, il expose là Do Hoang Tuong ou Dinh Y Nhi, et travaille à un ambitieux projet de land art, développé avec la sculptrice et poétesse Nguyen Thuy Hang dans l’ancienne villégiature de Tam Dao, à 60 km au nord de Hanoi. À suivre…

Mai Gallery

113, Hang Bong, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3938 0568.

www.maigallery-vietnam.com

Pham Luan Art House

Green Palm Gallery

39, Hang Gai et 15, Trang Tien.

www.greenpalmgallery.com

NhA SAn Collective

Hanoi Creative City, 1, Luong Yen. Tél. +84 09 8890 7300.

www.nhasan.org

Manzi

14, Phan Huy Ich, Ba Dinh. Tél. +84 24 3716 3397.

Facebook.com/manzihanoi

Tadioto

24B, Tông Dan, Trang Tien, Hoan Kiem. Tél. +84 24 6680 9124.

www.tadioto.com

7.

Ailes et eux

Sagement alignés le long d’embarcadères en bois, en bordure sud du lac de l’Ouest (Ho Tay), les cygnes-pédalos sont un symbole hanoïen à la fois kitsch et polisson. On les dit menacés depuis que le nouveau maire de la ville a décrété le réaménagement des berges du lac. À l’origine, les cygnes-pédalos, œil disneyen et carénage blanc, furent mis à flot pour combler les aspirations romantiques de la population, invitée à glisser sur l’impeccable miroir que le lac renvoyait à la ville. Plus malicieusement, les cygnes-pédalos furent conçus et aménagés pour les retrouvailles des amoureux, dénués d’intimité dans leurs logis familiaux, exigus et prônant la cohabitation intergénérationnelle. Larges, profonds, protégés des regards par une carrosserie enveloppante, les cygnes-pédalos abritent ainsi les bécotages depuis des décennies. Une curiosité…

Ben Thuyen Truc Bach

Truc Bach Enseigne verte, lampions rouges, elle loue les cygnes-pédalos à l’heure.

8.

Esprit indigo

La mode hanoïenne existe. Fortement occultée par celle qui s’élabore à Hô Chi Minh-Ville, plus bling, plus starifiée. Installée non loin du lac de l’Ouest, Vu Thao a radicalement choisi de créer des vestiaires féminin/masculin codés transculturels, mais plongés dans l’indigo pur et les teintures naturelles. Sa marque, Kilomet 109, est seulement diffusée en Europe par le concept-store berlinois A.D.Deertz. Phieu, sa nouvelle collection, promue par le British Council à Hanoi, se pose en aboutissement d’une démarche singulière mais caractéristique du processus créatif vietnamien. À l’image de Hoang Minh Ha, qui fut le premier créateur de mode à quérir les talents artisanaux de son pays, Vu Thao a initié un circuit vertueux, impliquant plusieurs groupes ethniques du nord, qui spécialisé dans la culture du coton, du chanvre et de la soie, qui dans le tissage et la teinture naturelle à base d’indigo, qui dans les techniques manuelles du batik. En résulte une production unique, habillée de ces savoir-faire, accidentée à dessein d’imprécisions visuelles, chromatiques ou graphiques. Robes, chemises, pantalons, vestes matelassées : le répertoire, moderne et urbain par coupe et conception, plaît aux architectes, aux femmes allurées et aux dandies voyageurs. À Hanoi, Kilomet 109 est vendu par Module 7, un show-room de design ouvert à la seule création vietnamienne contemporaine de mobilier, luminaires, céramique, textiles, produite en exclusivité et série limitée.

Kilomet 109 chez Module 7

83, Xuan Dieu, Tay Ho. Tél. +84 24 3719 7247.

www.module7design.com

9.

Histoire de pierres

Hormis la citadelle – classée par l’Unesco – et les temples, il existe depuis 1996 trois ères architecturales historiques à Hanoi, et trois degrés d’inventaire : la sauvegarde des maisons-tubes des 36 Rues ; la protection et la règlementation de l’architecture française coloniale incluant les villas modernistes – à ce jour 1 450 bâtisses recensées –, et, encore ignorée, l’architecture moderne nationale. Larges de 2 à 4 m, profondes de 20 à 60 m, les maisons-tubes sont également appelées bamboo houses, en raison de leur structure en corridor compartimenté, voire rocket houses en référence à leur empilement vertical, jusqu’à 6 étages. De l’Opéra aux villas modernistes en passant par l’ex-Banque d’Indochine, monument Art déco abritant aujourd’hui le Trésor public, l’architecture française occupa le terrain de 1882 à 1944, passant le relais aux jeunes architectes vietnamiens souvent formés à Paris, et notamment auprès d’Auguste Perret et de Le Corbusier. Ainsi de Nguyen Cao Luyen, père de l’architecture moderne vietnamienne et premier architecte à avoir ouvert son agence en ville, qui sera l’architecte officiel de la nouvelle république. Laquelle fera perdurer le style français pendant que les anciens bâtiments symboliques du pouvoir colonial devenaient ceux du pouvoir communiste. À l’orée des années 1960, une nouvelle génération partie étudier en URSS, en Pologne ou en RDA, de fait inspirée par le néo-stalinisme, en adaptera les préceptes avec le style moderne-national qui durera jusqu’à la fin des années 1980. Symboliques du renouveau de la société vietnamienne, leurs bâtiments se profilent dans le cadre d’expériences patrimoniales encore à leurs prémices, exception faite du mausolée de Hô Chi Minh, sanctuarisé au-delà du culte. Le Palais de l’enfance, le Cirque national du Vietnam, l’Institut polytechnique et autres bâtiments toujours en activité composent un itinéraire inédit, que quelques Français missionnés sur place s’ingénient à hiérarchiser et à cartographier. En attendant, l’exercice reste libre…

10.

Banquets sur le pouce

Prodigue et prodigieusement variée, en dépit d’un vocabulaire semblant tourner obstinément autour du pho, la cuisine de rue hanoïenne est un paradis pour qui n’aime rien tant que poser une demi-fesse sur un tabouret en plastique, se serrer dans une ambiance enfumée et plonger le nez dans une pitance indescriptible pour le néophyte. Traditionnelle, la street food est à Hanoi un pain quotidien. À base de riz. Manger du riz (an com) signifie aussi «prendre un repas». Dans tous les quartiers et autour des marchés, dès 11h, s’improvisent sur le trottoir des cuisines sauvages, autorisées d’exercer deux heures durant. Même chose pour les salles à manger privées en rez-de-chaussée où s’installe autour d’un plat unique, toujours le même, une clientèle d’habitué(e)s. C’est à la longueur de la file d’attente qu’on estimera la qualité du boui-boui. Mélangeur social et générationnel, la street food est un trésor national qui frit, bouillonne, mijote, étuve, braise, grille, concasse tout ce qui est comestible. En tête, le riz, 15 sortes, gluant, perlé, parfumé, brisé. Talonné par les pho (bouillon + nouilles de riz + bœuf/poulet), les cha ca (poissons grillés), les banh cuon (raviolis), les bun cha (porc grillé + nouilles de riz), les lau (fondues), puis par tout ce qui est frit avec grosse faveur aux beignets ronds, salés ou sucrés. L’idéal : se faire accompagner par un(e) pro en évitant de jouer les bégueules. Et en sachant que les adresses du déjeuner ne sont pas celles du dîner. Compromis : s’attabler en plein air, en plein ex-quartier français, au Quan An Ngon, cerné par une noria de cuisines-maisonnettes, chacune spécialisée dans un plat ou un dessert de rue et de région. Sinon, jouer les aguerris en rôdant autour de l’incroyable marché de Dong Xuan, au nord des 36 Rues. Là, après avoir traversé les montagnes de crevettes séchées et de soutiens-gorge, dans un boyau couvert, on débusque une quinzaine de stands en enfilade, dont celui de Bich, qui prépare de succulents crabes vapeur qu’on décortique en se léchant les doigts, en oubliant de tremper la chair tiède dans les sauces tant elle est déjà parfumée. Et en prenant son temps. Pour une fois, y a pas le pho au lac...

QuAn An Ngon

18, Phan Boi Chau, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3946 1485.

www.ngonhanoi.com.vn

Bich

Ngo Cho Dong Xuan, Marché de Dong Xuan, Hoan Kiem.

Sofitel Legend Metropole Hanoi

Inauguré en 1901 en réponse indochinoise au Raffles de Singapour, décoré avec faste, le Grand Hôtel Métropole verra passer tout le XXe siècle voyageur, dont l’écrivain Graham Greene qui s’en inspirera pour Un Américain bien tranquille. Hô Chi Minh au pouvoir, le Métropole sera rebaptisé Thong Nhat – l’hôtel de la Réunification. Agrandi et surélevé d’un étage en 1962, il deviendra le bastion des correspondants de guerre américains, vite remplacés par Jane Fonda et Joan Baez, militant farouchement contre l’intervention US au Nord-Vietnam. Restauré, réaménagé sur le mode indochic, l’ancien palace colonial a réouvert ses portes en 1992, récupérant au passage son nom. Devenu Sofitel Legend, il abrite 364 chambres et suites, hébergera Juan Carlos, Angela Merkel, sans oublier Catherine Deneuve – le film Indochine est ici culte. Le Bamboo Bar y est un spot incontournable, juste à côté de la piscine en plein air. Aile historique, aile Opéra, accueil plein sourire : annoncé depuis la rue par ses deux Citroën Traction Avant noires, le Sofitel Legend Metropole Hanoi abrite aussi une galerie de boutiques de luxe, un spa, et trois restaurants.

SOFITEL LEGEND METROPOLE HANOI

15, Ngo Quyen Street, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3826 6919.

www.sofitel-legend-metropole-hanoi.com

© Dang Van Quynh, courtesy Green Palm Gallery - Dinh Cong Dat, courtesy Green Palm Gallery

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Carnet d’adresses

ZO project

27, allée 5A Tran Phu, Hoan Kiem. Tél. +84 16 6660 2928.

www.zopaper.com

Hanoia Heritage House.

87, Ma May, Hoan Kiem. Tél. +84 24 6293 6087.

www.hanoia.com

café Giang

39, Nguyen Huu Huan, Hoan Kiem. Tél. +84 24 2940 495.

www.giangcafehanoi.com

Maison de Têt Décor

156, Tu Hoa, Nghi Tam Village. Tél. +84 09 6661 1383.

www.tet-lifestyle-collection.com

Café Runam

13, Nha Tho, Hoàn Kiem. Tél. +84 24 3928 6697.

www.caferunam.com

café Reng Reng

17, allée 12, Ly Nam De, Hang Ma, Hoan Kiem. Tél. +84 09 3365 3101.

www.rengrengcafe.com

Grab

Pour se déplacer en scooter à Hanoi (et aussi à Hô Chi Minh-Ville et Da Nang), la meilleure solution est de recourir à cette application, très efficace : géo-localisation des véhicules avec conducteur, tarifs fixes (option Premium depuis le printemps 2017), règlement direct, fourniture d’un casque neuf et d’un gilet de sécurité.

www.grab.com

Mai Gallery

113, Hang Bong, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3938 0568.

www.maigallery-vietnam.com

Pham Luan Art House

Green Palm Gallery

39, Hang Gai et 15, Trang Tien.

www.greenpalmgallery.com

NhA SAn Collective

Hanoi Creative City, 1, Luong Yen. Tél. +84 09 8890 7300.

www.nhasan.org

Manzi

14, Phan Huy Ich, Ba Dinh. Tél. +84 24 3716 3397.

Facebook.com/manzihanoi

Tadioto

24B, Tông Dan, Trang Tien, Hoan Kiem. Tél. +84 24 6680 9124.

www.tadioto.com

Ben Thuyen Truc Bach

Truc Bach Enseigne verte, lampions rouges, elle loue les cygnes-pédalos à l’heure.

Kilomet 109 chez Module 7

83, Xuan Dieu, Tay Ho. Tél. +84 24 3719 7247.

www.module7design.com

QuAn An Ngon

18, Phan Boi Chau, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3946 1485.

www.ngonhanoi.com.vn

Bich

Ngo Cho Dong Xuan, Marché de Dong Xuan, Hoan Kiem.

SOFITEL LEGEND METROPOLE HANOI

15, Ngo Quyen Street, Hoan Kiem. Tél. +84 24 3826 6919.

www.sofitel-legend-metropole-hanoi.com
Vue d'ensemble
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S'y rendre

www.airfrance.com

FRÉQUENCE DES VOLS

AIR FRANCE dessert Hanoi par 6 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

AÉROPORT D'ARRIVÉE

— Aéroport international de Noi Bai.
À 45 km de Hanoi.
Tél. +84 24 3886 5047.

BUREAUX AIR FRANCE KLM

A l'aéroport.

RÉSERVATIONS

— Depuis la France :
Tél. 3654.

— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

À LIRE

Vietnam Gallimard, coll. Bibliothèque du voyageur.

Vietnam Lonely Planet.

Vietnam Michelin, coll. Guide vert.

Vietnam Gallimard, coll. Mode d’emploi.

Vietnam Hachette, coll. Guide évasion.

Le goût du Vietnam Mercure de France, coll. Le Petit Mercure.

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle