alpes, décor, paysage

Alpes
Qu’y a-t-il de l’autre
côté de la montagne ?

Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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Musée Matisse, sur la colline de Cimiez, près des arènes romaines.

The Musée Matisse in hilltop Cimiez, near the Roman amphitheater.

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La vallée d’Aoste, à l’approche du tunnel du Grand-Saint-Bernard.

Au pied du plus haut mont d’Europe, l’horizon se découvre par à-coups. Au détour d’un col ou du creux d’un vallon. Sans manières, les chemins d’altitude y croisent les frontières et tracent une géographie absolue.

A pied, à vélo ou même en auto, c’est un long périple qui commence. Une lente ascension qui laisse au voyageur le temps de s’imprégner des panoramas qu’il va quitter. Les muscles tisonnent, la mécanique s’essouffle, les oreilles bourdonnent et enfin, le col, cette percée entre deux sommets, la porte vers l’autre versant et ses mystères. Il y a les cols abrupts, ceux qui, sans prévenir, dévoilent en un instant ce que la montagne cachait soigneusement, s’effaçant d’un coup dans un panorama vertigineux. D’autres sont plus prévenants, vallons merveilleux perchés dans les airs, ils offrent une pause enchanteresse avant de redescendre dans la réalité. Tous vibrent du même sentiment d’absolu : ici, plus possible de monter plus haut, au voyageur de choisir s’il préfère rebrousser chemin ou basculer vers l’inconnu.

Par monts et par vaux

Avant que le tunnel du Mont-Blanc ne perce le massif, Bourg-Saint-Maurice était sur le chemin d’Aoste. Ici, la longue route zèbre la montagne de 19 épingles pour s’élever graduellement, en direction du dernier avant-poste français, la station de ski de La Rosière. Au-delà, les arbres s’évanouissent pour ne laisser qu’alpages et arbrisseaux, avant que la vallée de la Tarentaise ne s’achève. Pour rejoindre le Val d’Aoste par le vallon de La Thuile, il faut auparavant traverser le col du Petit-Saint-Bernard, ou plutôt, le parcourir : à 2 188 m d’altitude, il s’étale en ligne droite dans un vallon humide de près de 3 km de long, parsemé de monuments hétéroclites narrant les mouvements de va-et-vient de la frontière entre la France et l’Italie. La dernière en date y a été tracée en 1947 et traverse de part en part le cromlech, un cercle de pierres dressées à la verticale dont l’origine et la fonction demeurent un mystère. Seule certitude, l’homme voyageait ici bien avant que les Romains n’y tracent la Via Alpis Graia, reliant Milan à Vienne, près de Lyon. À pareilles altitudes, l’âme s’élève autant que l’esprit, le profane côtoie le sacré : au XIe siècle, saint Bernard a ouvert ici un hospice pour protéger pèlerins et voyageurs des brigands et des tempêtes. L’austère bâtisse aux épaisses tuiles de lauze a fermé ses portes en 1943, pour ne rouvrir qu’en 2014. L’abbé Chanoux, «l’ange de la montagne», y passa un demi-siècle de solitude, laissant sa trace tout au long du vallon. Sa plus grande oeuvre est la Chanousia, jardin d’acclimatation alpin ouvert en 1897, qui a compté jusqu’à 5 000 variétés. On y croise aujourd’hui génépis, arnicas, gentianes, achillées, rhubarbes, absinthes, thyms, edelweiss, grassettes des alpes, lis martagon… entre lesquels volettent des papillons jaunes et blancs.

Trésors suspendus

D’Aoste débute la montée vers la Suisse par le Grand-Saint-Bernard, que traverse la Via Francigena, chemin de pèlerinage de Canterbury à Rome. Creusé à mihauteur en 1964, le tunnel a changé la physionomie des lieux. Une nouvelle route, couverte de galeries la protégeant de la neige, rampe à fond de vallée tel un boa de béton dont les entrailles vrombissent des moteurs des camions. En prenant l’ancienne route, chemin des écoliers ouvert uniquement à la belle saison, on part à la rencontre des Valdôtains. Telle Katia Veysendaz, qui vient de reprendre avec son mari une fromagerie hissée à près de 2 200 m d’altitude. Le couple veille à l’affinage des meules de fontine à la belle couleur paille, dans une cave ruisselante d’eau pour maintenir le fort taux d’humidité exigé par l’AOP. En attendant les vaches, pas encore arrivées à cette altitude, et l’élection de la «reine», la bête la plus combative des fêtes locales, ses enfants gambadent entre les rochers en discutant en patoué arpitan. Ce mélange de français, d’italien et de parlé montagnard est le souvenir d’un temps où la maison de Savoie-Aoste ne connaissait pas les frontières actuelles. À 2 469 m, le col s’ouvre sur un vaste amphithéâtre rocheux, ceignant un lac que contourne la route, oeil noir dans lequel se reflètent les quelques sombres nuages bloqués par la roche. De l’autre côté de la frontière, en Suisse, l’imposant hospice du Grand-Saint-Bernard est un point de passage obligé : la route file sous la passerelle reliant deux des trois corps de bâtiment. Le troisième est placé de façon à protéger les deux autres des avalanches, rappel des dures conditions affrontées par la petite communauté religieuse qui peuple en permanence le col, été comme hiver, depuis la fondation de l’hospice par saint Bernard. La façade sévère du complexe cache un trésor que le voyageur inattentif ignore : sur la moitié de sa longueur, le corps principal renferme une église baroque (XVIIe siècle). Un luxe inouï à une altitude où construire était si difficile que la moindre cabane se devait d’être utilitaire. Au hasard d’une porte anonyme, autre mystère : un clocher intérieur, avalé par les successifs agrandissements et dont rien n’indique la présence au dehors, si ce n’est le tintement de ses cloches. Parce qu’ils ne connaissaient pas l’usage des raquettes, les chanoines ont adopté quelques épagneuls des Alpes pour leurs grosses pattes capables de tasser la neige fraîche et de créer ainsi une trace praticable. Au tournant du XIXe siècle, l’un d’eux, dénommé Barry, portera vaillamment secours lors des intempéries et des avalanches. Les derniers descendants de ce héros seront croisés avec des terreneuve, pour leur donner un pelage plus résistant au froid. La race des chiens saint-bernard était née. Pourquoi le folklore l’a-t-il orné d’un tonneau ? Cela, en revanche, nul ne le sait.

La langue de la montagne

À partir du Valais, on rejoint la France par les cols de la Forclaz et des Montets. Au pied des premiers lacets s’élève le vignoble de Martigny, cultivé en terrasses sur un terrain quasi vertical. Ici tout doit se faire à la main, faute de pouvoir passer la moindre machine. Christophe Abbet y possède une petite parcelle dont il s’occupe avec une passion rare. Certains le qualifient d’orfèvre, lui se dit, modestement, «viticulteur romantique, pas très rationnel, qui fait du vin avec bon sens et amour.» En désignant les vignes avec lesquelles il produit son arvine, il évoque le «triangle de l’amitié» qui unit les 3 peuples du Mont-Blanc – Haut-Savoyards, Valdôtains et Valaisans – qui, malgré les barrières des Alpes, ont plus en commun entre eux qu’avec leurs compatriotes. Lui est allé chercher à Aoste les artisans muratore qui ont refait les murs de soutènement en vieilles pierres de sa parcelle et préservé ainsi le patrimoine visuel du coteau, mieux que n’importe quel maçon. Juste avant de passer la frontière, un dernier crochet s’impose pour escalader la longue route qui monte au lac d’Émosson, ou opter pour les différentes attractions ferroviaires y conduisant. Fermé par un vertigineux barrage culminant à 1 931 m d’altitude, ce lac de retenue est alimenté par des eaux provenant de Suisse et de France, permettant de produire de l’électricité distribuée aux deux pays. De là, la vue sur le Mont-Blanc, son dôme de neige et son massif est unique. Depuis ce promontoire, la perspective se déleste, se hisse en vis-à-vis du géant des Alpes. Le tutoyer alors, presque ennivré, le temps d’une cime, puis se laisser glisser vers la vallée, en toute humilité. Vertigineuse escapade.

Hôtel Mont- Blanc

Une façade blanche aux volets bleus, sous un toit en accent circonflexe, tel le décor d’un long-métrage de Wes Anderson. Un escalier monumental qui rappelle que l’adresse est incontournable pour les élégants en villégiature à Chamonix depuis 1849. Une vue spectaculaire sur le glacier depuis les chambres ou la piscine… Mais aussi une table créative qui a le bon goût d’être abordable. Le tout bordé par la place du Triangle-de-l’Amitié. S’il fallait un signe pour s’y arrêter, le voici.

HÔTEL MONT-BLANC

62, allée du Majestic, Chamonix, France. Tél. +33 (0)4 50 53 05 64.

www.hotelmontblancchamonix.com

Bellevue Hotel & Spa

Au fond de la paisible vallée de Cogne, face au massif du Grand Paradis, un charmant «petit grand hôtel» qui dépoussière les codes de l’accueil montagnard et surprend par ses installations audacieuses, tels son spa aux parois de sel rose de l’Himalaya ou sa piscine où plonge une cascade. Une belle cave dont chaque vin raconte une histoire, une autre qui sublime l’affinage de fascinants fromages, un potager qui alimente les cinq restaurants… Faut-il vraiment un jour quitter cette vallée ?

BELLEVUE HOTEL & SPA

22, rue Grand-Paradis, Cogne, Italie. Tél. +39 0165 74825.

www.hotelbellevue.it

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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Carnet d’adresses

HÔTEL MONT-BLANC

62, allée du Majestic, Chamonix, France. Tél. +33 (0)4 50 53 05 64.

www.hotelmontblancchamonix.com

BELLEVUE HOTEL & SPA

22, rue Grand-Paradis, Cogne, Italie. Tél. +39 0165 74825.

www.hotelbellevue.it

Auberges & gîtes

Auberge de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard

Les portes de l’hospice ne sont jamais closes, été comme hiver.Ce n’est pas qu’une image : la clé aurait été perdue en 1050. Mais pour ceux qui goûtent un confort un peu moins monacal ou une atmosphère laïque, un hôtel de 30 chambres est ouvert, de l’autre côté de la passerelle, depuis 1925, mais uniquement à la belle saison… Bourg-Saint-Pierre, col du Grand-Saint-Bernard, Suisse. Tél. +41 (0)27 787 11 53.

www.aubergehospice.ch et www.gsbernard.com

Casa Don Angelo Carioni

Première maison où loger pour les randonneurs qui descendent le versant italien du Grand-Saint-Bernard, le gîte de groupes d’Alberto Dassisti est rustique, mais à 2 208 m d’altitude, la vue est unique et, dès 2018, il sera également ouvert l’hiver pour les skieurs nordiques. Surprise, de l’autre côté de la route, un délicieux petit bar à vins permet de goûter à quelques alcools locaux, à accompagner d’un délicieux sandwich aux charcuteries d’Aoste. Saint-Rhémy-en-Bosses, col du Grand-Saint-Bernard, Italie. Tél. +39 335 6012 847.

www.prodomoimpresasociale.it

Bar de Lancebranlette

Un chalet en pierre pour déguster salade et tartiflette, sans prétention aucune, mais dans un cadre difficilement égalable, et témoigner que le sens de l’accueil des gens de la montagne n’est pas un vain mot. Séez, col du Petit-Saint-Bernard, France. Tél. +33 (0)6 25 45 11 59.

Musée vivant

Barryland

C’est ici que la Fondation Barry élève les chiens saint-bernard, tous d’authentiques descendants du célèbre Barry. S’ils ont laissé leur place dans les avalanches à des races plus agiles, ces monuments vivants de la Suisse jouent aujourd’hui un rôle social auprès des personnes âgées et des enfants en difficulté. Attention, les portées sont rares et les critères d’adoption, sévères… 34, rue du Levant, Martigny, Suisse. Tél. +41 (0)27 720 49 20.

www.fondation-barry.ch
Carnet d'adresses

S'y rendre

www.airfrance.com

FRÉQUENCE DES VOLS

AIR FRANCE dessert Lyon par 20 vols hebdomadaires au départ de Paris-Orly.

HOP! dessert Lyon par 20 vols hebdomadaires au départ de Paris-Orly.

KLM dessert Lyon par 28 vols hebdomadaires au départ d’Amsterdam.

AÉROPORT D'ARRIVÉE

— Aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.
À 25 km de la ville.
Tél. +33 (0)826 80 08 26.

BUREAUX AIR FRANCE KLM

A l'aéroport.

RÉSERVATIONS

— Depuis la France :
Tél. 3654.

— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

LOCATIONS DE VOITURES

Hertz, à l’aéroport. Tél. +33 (0)825 00 69 69. www.airfrance.fr/cars

À LIRE

Val d’Aoste Gallimard, coll. Carto.

Alpes du Nord Gallimard, coll. GEOGuide.

Savoie Mont-Blanc Michelin, coll. Guide vert.

Savoie Mont-Blanc Lonely Planet.

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle