Y, yves Saint Laurent, Parfum

Sillage initial

Le chercheur en intelligence artificielle Alexandre Robicquet, le rappeur Loyle Carner et le sculpteur D. A. Flinn, les trois visages de l’univers Y.
Y, yves Saint Laurent, Parfum
Le chercheur en intelligence artificielle Alexandre Robicquet, le rappeur Loyle Carner et le sculpteur D. A. Flinn, les trois visages de l’univers Y.
Y, yves Saint Laurent, Parfum
Le chercheur en intelligence artificielle Alexandre Robicquet, le rappeur Loyle Carner et le sculpteur D. A. Flinn, les trois visages de l’univers Y.

Tel un talisman, la lettre Y habille le nouveau parfum homme Yves Saint Laurent. Caractère double, il est à la fois hommage au fondateur de la maison et clin d’œil olfactif à la détermination créative des jeunes Millennials.

C’est une lettre solitaire, émancipée de l’alphabet. Bien campée, elle s’élance, bras tendus comme à une croisée de chemins. Plus qu’une autre, le Y est une silhouette, un corps en équilibre. Chez Yves Saint Laurent, l’initiale du créateur a presque valeur de totem. Pour baptiser le nouveau parfum masculin de la griffe, elle a taillé son encoche dans un monolithe de verre, bleu glacier. «Ce signe graphique, puissant, c’est à la fois une déclaration et un héritage. C’est aussi un hommage à la toute première fragrance féminine créée par monsieur Saint Laurent, Y, en 1964», résume Stephan Bezy, directeur général international d’Yves Saint Laurent Beauté. Comme lui, on prononcera à l’anglaise, pour changer, d’un clin d’œil phonétique, la voyelle en mot : why, pourquoi.

Actualiser une icône

Cette fois, Y revêt les hommes. Et porte sur ses épaules typographiques la nouvelle jeunesse d’YSL Beauté, passée sous l’ombrelle de L’Oréal en 2008. Après les brassées de fleurs blanches infusées au café noir de Black Opium en 2014 et les serments chyprés de Mon Paris, c’est au tour des fragrances masculines de goûter à la jouvence. Un repositionnement que Stephan Bezy orchestre patiemment, un flacon après l’autre. «La marque a 50 ans, mais nous avons la volonté d’en faire une signature beauté plus audacieuse, dans son époque, en cohérence avec le travail mené par la maison de couture. Voilà pourquoi Y est créé aujourd’hui, onze ans après L’Homme.» Une pointe blanche, fraîchie de notes d’aldéhydes, de bergamote et de gingembre, un cœur d’absolu de géranium attisé par le sapin baumier et l’ambre gris : le nez Dominique Ropion a donné à la fougère, classique du vestiaire olfactif masculin, une ardeur tendue de clair-obscur.

Pour l’incarner, pas de visage unique mais un trio d’ambassadeurs recrutés loin de la parfumerie, tenant de l’incartade alchimique : David Alexander Flinn, 29 ans, sculpteur de matières installé à New York, Alexandre Robicquet, 25 ans, chercheur français en intelligence artificielle à Stanford, et le benjamin Loyle Carner, 22 ans, rappeur londonien au premier album encensé – dont le titre «The Isle of Arran» magnétise le film de campagne. Inédit casting de têtes bien faites, chacune sur leur nuage créatif, qu’il fallait voir entrer sur scène le jour du lancement new- yorkais, dans un éclat de rires et de timidité estompés. Et qui appartiennent tous, tiens donc, à ces enfants du millénaire nés entre 1980 et 2000, que l’on surnomme parfois génération... Y.

© Chantal Anderson pour Yves Saint Laurent Beauté - Mathieu Martin Delacroix

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