Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement  les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs.  Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages... Ce mois-ci, c’est Mia, 16 ans, qui depuis Paris a mis ses images sur les mots d’Anne Samuel. 

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Air France Magazine, L’histoire du mois, 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris.
histoire, barque,voyage

En barque sur le lac
9. Paryaqaqa

Itipulco se retourne. Un énorme lézard jaune au dos hérissé de corail griffu  le dévisage de ses trois yeux protubérants. «Le temps m’a paru bien long», souffle Paryaqaqa qui bloque l’entrée de deux tunnels avec sa queue d’écailles dorées. Ses yeux désynchronisés prennent des directions différentes, il surveille toutes les issues à la fois. Déstabilisé par les mots du dieu des eaux et par l’apparence qu’il s’est donnée, Itipulco reste figé. «Où est ma mère ?» tremble-t-il.

Le monstre marin change brusquement d’aspect. Sa mâchoire acérée devient visage et son épine dorsale pagaie. C’est l’indien du lac qui s’exprime désormais : «Demande à ta sœur.» La silhouette poursuit sa métamorphose, ses yeux sont maintenant bleu indigo et ses cheveux rouge feu. «Je t’ai mené où je voulais que tu sois», dit alors sa sœur avec la voix rauque du lézard. Le jeune garçon comprend que le dieu trompeur le manipule. Depuis quand ? Depuis qu’il connaît le nom de sa mère… Pourquoi ? Il ne le sait pas, mais compte bien le découvrir. «Où est Akayaka, où est ma mère ?» prononce-t-il alors.

Une réponse semble s’échapper des confins des galeries souterraines : «Crois-tu que je t’ai fait venir jusqu’ici pour te laisser me défier ?» gronde Paryaqaqa. Les racines environnantes prennent soudain vie, rampent le long des parois et commencent à s’enrouler autour des jambes  d’Itipulco. «Akayaka, aide-moi !» L’emprise se desserre un peu, suffisamment pour qu’il parvienne à se libérer. Il court à perdre haleine vers le tunnel le plus étroit, celui que seul un enfant peut emprunter … À suivre.

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