Usa, Ouest, Indien

L’Ouest américain
Les Indiens
sans réserve

Usa, Ouest, Indien
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1
À cheval sur l’Arizona, l’Utah et le Nouveau-Mexique, la terre amérindienne déploie ses mythes et ses paysages comme autant d’attractions iconiques.

1.

Il était une fois le western

Les Navajo l’appellent la vallée des Rocs, ce grand plateau érodé d’où surgissent du fond des âges les colossales sculptures, buttes et pitons aux noms évocateurs : Three Sisters, Elephant Butte, Totem Pole. Quand leurs monumentales silhouettes hantent notre imaginaire en Technicolor, la réalité sidère, le voyageur reste saisi devant la puissance de la nature, émerveillé par les monolithes et les jeux de lumière sur la terre rouge. Le western est né là, grâce à John Ford, qui en a fixé les canons. Le sanctuaire de la plus grande réserve indienne des États-Unis est l’endroit «le plus beau, le plus complet et le plus calme de la planète», disait-il. Le cinéaste filma Monument Valley en toute saison et sous tous les angles. De l’attaque de la diligence de La Chevauchée fantastique (1939) à l’exode des Cheyennes, son western crépusculaire (1964), en passant par La Prisonnière du désert (1956), dix films pour une mythologie. Rendez-vous au John Ford’s Point.

john ford’s point

Oljato-Monument Valley, Arizona.

2.

L’âme de l’Ouest

Adossé à la falaise, le très confortable hôtel Goulding’s a Monument Valley pour horizon. C’est là que les Goulding installent un trading post en 1923. L’intrépide Leone se faisait appeler Mike et avait un air d’Ava Gardner. Les Indiens surnommaient Harry «Grand Mouton» tant il leur achetait des bêtes lors de la Grande Dépression. Il roula d’une traite jusqu’à Hollywood pour convaincre Ford de donner du travail aux Navajo affamés. Aujourd’hui, un touchant musée rassemble les objets du couple et les souvenirs de tournage des deux John : Ford et Wayne.

Goulding’s Lodge

1000 Main Street, Oljato-Monument Valley, Utah. Tél. +1 435 727 3231.

www.gouldings.com

3.

La spiritualité haut perchée des kachinas hopi

Leurs villages en hauteur sont difficiles d’accès, leurs terres arides et monotones, leurs mœurs austères. Mais un séjour chez le «Peuple pacifique», Hopituh Shi-nu-mu, demeure inoubliable grâce au génie des hommes et malgré l’interdiction formelle de photographier les villages, les kivas cérémonielles et les danses sacrées. Il y a eu trop d’abus. Les Hopi protègent désormais farouchement leurs extraordinaires traditions. «No pictures» : frustrant mais libérateur. L’œil écoute, la mémoire est au garde-à-vous, le facteur humain redevient providentiel. Ainsi ce couple-vigie à Oraibi. Lui, Robert Crying Redbear, Indien Cree bourlingueur marié à Pep Taylor, Hopi parlant comme un oracle. À les entendre, le temporel et l’invisible font l’amour les jours de solstice. Cliffton, sculpteur de poupées kachinas utilisées pour enseigner aux enfants le panthéon des esprits tutélaires, vous fera peut-être visiter Oraibi... André Breton collectionnait les kachinas. Edward Curtis immortalisa tendrement les jeunes filles aux coiffes-macarons recyclées dans Star Wars. Au cœur de l’Arizona, une tribu magnétique.

4.

Manger du maïs bleu comme le ciel

Pas de chefs étoilés dans la réserve hopi, juste une cuisine humble qui vous serre le cœur. Car la terre est chiche, mais elle recèle un trésor : le légendaire maïs bleu que les Indiens font pousser en mobilisant kachinas et esprits ancestraux lors des corn dances. L’épi sacré est omniprésent : porridge (wuu’taqa), pain perdu (polavik kolakpu nohut aqw morokiwta), tortilla trempée dans le ragoût d’agneau (noqkwivi), et Piki Bread, la friandise ascétique, un concept exclusivement hopi !

5.

Harmonie navajo

Les Navajo, ces Apaches venus du nord il y a cinq siècles, ne font pas toujours l’unanimité… Les Hopi les surnomment «ceux qui fracassent le crâne». Les Blancs, les Bilagaani, ont soumis et sédentarisé les «Anciens cavaliers du vent». Les Indiens pueblo les trouvent dévergondés et âpres au gain. Mais les Navajo s’en moquent car leur capacité d’adaptation n’égale que leur résilience, et la quête de l’harmonie les obsède par-dessus tout. Le voyageur quittant le Dine’tah, la réserve, se verra saluer d’un chavirant «Hózhó nashad» – «Que la beauté t’accompagne». Un vœu facile à exaucer tant l’artisanat navajo est riche. Chaque région a son motif de tapis, Ganado, Wide Ruins, Teec Nos Pos. La vannerie explose de couleurs. Les bijoux, colliers de perles d’argent, pendentifs squash blossom et ceintures conchas ont fait la réputation des orfèvres navajo depuis la fin du XIXe siècle. La moisson sera belle.

6.

Un vertigineux passé

Des godillots de marche, une gourde d’eau fraîche, et vous voilà prêt à entamer une randonnée dans l’espace et dans le temps. Au fond du grandiose canyon de Chelly coule une rivière. Face à vous, une ruine incrustée dans la roche. Prodige architectural ? Un prix Pritzker le confirmerait. Maintes fois pillé (relire Le Voleur de temps de Tony Hillerman), miraculeusement préservé, ce village troglodyte a 1000 ans. Les Anasazi, Indiens précolombiens, l’ont construit puis mystérieusement quitté. Le soleil tourne. La pierre est rose. La sauge embaume. Le passé est à portée de main. «La Maison blanche», Kinii’ ni gai en navajo, est l’une des matrices de l’histoire amérindienne. Elle endure sa solitude avec grandeur.

7.

À la source de la contre-culture

Parmi les mythologies de Taos, cette maison quasi centenaire tient une place de choix. En 1917 Mabel Dodge, une jeune héritière de la côte Est imprégnée de psychanalyse jungienne, rêva d’un visage indien. Un an plus tard elle débarquait à Taos, épousait Tony Luhan, du pueblo voisin, et devenait un catalyseur de la vie artistique locale. Les contes de fées existent. L’ami D. H. Lawrence décora la salle de bains. Les jours s’écoulèrent, bienheureux. Après Mabel, Dennis Hopper, le «Maharaja de Taos», eut un coup de foudre pour le lieu, devenu son Mud Palace jusqu’en 1977. Transformée en maison d’hôtes-musée, Los Gallos, comme l’appelait Georgia O’Keeffe, fait l’effet d’une deuxième demeure, au Nouveau-Mexique.

Mabel Dodge Luhan House

240 Morada Lane, Taos, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 751 9686.

www.mabeldodgeluhan.com

8.

Adouber l’adobe : Taos Pueblo

C’est sans doute le matériau de construction le plus troublant au monde : l’adobe respire. Ce mélange de terre, d’argile, d’eau et de paille séché au soleil est naturel, économique, et presque éternel : il suffit d’en rajouter. Le mur est un derme doux, la maison communique avec le cosmos. Taos Pueblo est occupé depuis un millier d’années. On ne se lasse pas d’en arpenter le minuscule et mystérieux périmètre, de s’en faire raconter les riches heures par Sonny Spruce, charismatique danseur traditionnel que Hollywood courtisa un jour. Prudent, il a préféré rester créer des bijoux traditionnels en argent. Venir à Taos, c’est désirer revenir. Un 25 décembre, pour la danse du cerf. C’est un serment.

9.

Épuiser la route, ou presque

Plus qu’aucune autre région du continent, le Southwest se traverse en voiture. Le road-trip est né ici. Easy Rider, rubans routiers déroulés à l’infini par une main gullivérienne. Entre Leupp et Kykotsmovi, Shiprock et Tohatchi, la route est hypnose. L’Amérique «de la vitesse désertique, des motels et des surfaces minérales» chère à Jean Baudrillard se révèle. On ne s’étonne plus d’une ville fantôme, d’un puits de pétrole en pleine forêt, d’un musée d’arts populaires à l’arrière d’une supérette. On dépasse des navires anticlinaux, des armées de cactus, des pompes à essence peintes en 1940 par Edward Hopper. La démesure spatiale, l’ironie géologique nous rendent philosophes. On plane au volant. Immobile.

route 160

de Kayenta à Teec Nos Pos.

route 64

de Teec Nos Pos à Taos par Carson National Forest.

Route 66

«Mother Road», de Gallup à Albuquerque

High Road

de Taos à Santa Fe.

10.

Les paysages intérieurs de Georgia O’Keeffe : la maison nue

À Abiquiu, à deux heures de route de Taos, la maison de Georgia O’Keeffe vous attend pour une visite méditative. Il émane du bâtiment en adobe une atmosphère monacale. O’Keeffe, dont les tableaux iconiques – Ranchos Church et Black Cross, New Mexico – capturent la sensualité du minéral, vivait dans un espace vide, zen, chérissant des cailloux, des squelettes d’animaux et quelques pièces de design moderne – Noguchi et Saarinen. Les roses, les violents violets des crépuscules du Nouveau-Mexique n’avaient plus qu’à se poser sur sa palette. «Je ne pouvais pas être en paix tant que je n’avais pas cette maison avec sa porte noire.» La porte d’un paradis.

Georgia O’Keeffe home & studio

Visite uniquement sur rendez-vous. Abiquiu, Nouveau-Mexique.

www.okeeffemuseum.org

The View Hotel

Quatre-vingt-quinze chambres avec vue : l’expression galvaudée retrouve son sens ici. Seul hôtel dans le périmètre de Monument Valley, le bâtiment enchâssé dans une roche vieille de 270 millions d’années fait face au panorama étourdissant. Mais le nanan, ce sont les cabines de bois en contrebas pour une expérience néo-trappeur intimiste et cosmique par les nuits de pleine lune.

The View Hotel Indian

Route 42, Oljato-Monument Valley, Arizona. Tél. +1 435 727 5555.

www.monumentvalleyview.com

Hopi Cultural Center

Sympathique motel de 33 chambres situé à équidistance de Walpi et Old Oraibi. Le HCC est le cœur de la réserve, à la fois dépôt de journaux, magasin de souvenirs et syndicat d’initiative. Le diner, très fréquenté par les locaux, sert une roborative cuisine à base de maïs bleu. Service empreint d’humour. Excellent talavaynova, le petit déjeuner hopi. À noter : on n’y sert pas d’alcool.

Hopi Cultural Center

Highway 264, Milepost 379, Second Mesa, Arizona. Tél. +1 928 734 2401.

www.hopiculturalcenter.com

 

 

Carnet d’adresses

john ford’s point

Oljato-Monument Valley, Arizona.

Goulding’s Lodge

1000 Main Street, Oljato-Monument Valley, Utah. Tél. +1 435 727 3231.

www.gouldings.com

Mabel Dodge Luhan House

240 Morada Lane, Taos, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 751 9686.

www.mabeldodgeluhan.com

route 160

de Kayenta à Teec Nos Pos.

route 64

de Teec Nos Pos à Taos par Carson National Forest.

Route 66

«Mother Road», de Gallup à Albuquerque

High Road

de Taos à Santa Fe.

Georgia O’Keeffe home & studio

Visite uniquement sur rendez-vous. Abiquiu, Nouveau-Mexique.

www.okeeffemuseum.org

The View Hotel Indian

Route 42, Oljato-Monument Valley, Arizona. Tél. +1 435 727 5555.

www.monumentvalleyview.com

Hopi Cultural Center

Highway 264, Milepost 379, Second Mesa, Arizona. Tél. +1 928 734 2401.

www.hopiculturalcenter.com

Shopping

Red Rock Native Arts Guild

Dans un modeste magasin-roulotte, Robert Crying Redbear vend ses splendides masques en plumes, bois et corne, et raconte, à qui sait briser la glace, la vie fière et farouche du peuple hopi. Old Oraibi, Arizona. Tél. +1 928 613 8001.

Teec Nos Pos Trading Post

Le café sera chaud, le sourire de John McCulloch sincère, et le ticket de caisse variable : ce trading post providentiel vend TOUT depuis 1905. Demandez à voir les paniers et tapis navajo dans l’arrière-boutique. Teec Nos Pos, Arizona. Tél. +1 928 656 3224.

www.tnptradingpost.com

Sonny Spruce Indian Shop

Fabrication à la main de bracelets et colliers en argent joliment minimalistes. Taos Pueblo, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 758 9898.

À rapporter

Artisanat navajo, poupées Kachinas, hopi, colliers de fétiches zuni.

Bar & restaurants

Adobe Bar

Tous les soirs, un groupe joue devant un parterre euphorisé. Country, bluegrass, rock chromé, jazz et margaritas Cowboy Buddha : la scène incontournable de Taos. Taos Inn, 125 Paseo del Pueblo Norte, Taos, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 758 2233.

Doc Martin’s

Restaurant buriné, nommé d’après le premier médecin de la ville (1895), où s’attablèrent dès 1912 les peintres à l’origine de la Société artistique de Taos. Linguine au ragoût d’agneau, crevettes relevées à la polenta, carte anglo-italo-mexicaine. Vins du monde entier. Taos Inn, 125 Paseo del Pueblo Norte, Taos, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 758 1977.

Lambert’s

Une institution fréquentée avec assiduité par la bohème intello de la ville, qui picore des déjeuners de soleil dans le ravissant patio. Excellentes assiettes composées sous influence méditerranéenne. 123 Bent Street, Taos, Nouveau-Mexique. Tél. +1 575 758 1009.

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble
Carnet d'adresses

S'y rendre

www.airfrance.com

FRÉQUENCE DES VOLS

AIR FRANCE dessert Houston par 7 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

KLM Houston par 7 vols hebdomadaires au départ d’Amsterdam.

AIR FRANCE dessert Los Angeles par 17 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

KLM dessert Los Angeles par 14 vols hebdomadaires au départ d’Amsterdam.

AÉROPORT D'ARRIVÉE

— Aéroport international de Houston.
À 37 km de Houston.
Tél. +1 281 230 3100.

— Aéroport international de Los Angeles.
À 26 km de Los Angeles.
Tél. +1 310 646 5252.

BUREAUX AIR FRANCE KLM

Aux aéroports.

RÉSERVATIONS

— Depuis la France :
Tél. 3654.

— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

LOCATION DE VOITURES

Hertz, à l’aéroport de Houston.
Tél. +1 281 209 6700.

Hertz, à l’aéroport de Los Angeles.
Tél. +1 310 568 5100.
www.aifrance.fr/cars

À LIRE

Le Livre du Hopi Frank Waters, Le Rocher.

Les polars navajo de Tony Hillerman, en commençant par Le Voleur de temps Rivages.

Laughing Boy Oliver La Farge, prix Pulitzer 1930, non traduit.

Parcs de l’Ouest américain Gallimard, coll. Bibliothèque du voyageur.

Sud-Ouest américan Michelin, coll. Guide Vert.

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle