Stella Jean, figure, lieu

Stella Jean

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

Stella Jean, figure, lieu

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

Stella Jean, figure, lieu

Pièces de la collection automne-hiver 2017-2018.

Stella Jean, figure, lieu

Pièces de la collection automne-hiver 2017-2018.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec une créatrice de mode, qui conjugue multiculturalisme et passion d’experte.

Italienne par son père et d’ascendance haïtienne grâce à sa mère (tous deux très fiers de ces cultures foisonnantes), Stella Jean aime la mode, son troisième brin d’ADN. Après une carrière de mannequin, elle crée sa marque de prêt-à-porter en 2011, déroulant la richesse du métissage tel un fil narratif. De la fable «Le Meunier, son Fils et l’Âne», racontée par sa grand-mère à Port-au-Prince, elle a retenu qu’il faut suivre ses convictions – puisqu’il y aura toujours un quidam pour critiquer. Ne pas négocier qui l’on est et cultiver les rencontres. Dans ses collections, les coupes reposent sur le savoir-faire de son Italie natale et les tissus, sur les racines africaines d’Haïti. Elle travaille intensément les étoffes, fabriquées au Mali et au Burkina Faso par des artisans organisés en entreprises, préservant ainsi les talents – elle refuse la condescendance, l’assistanat, se soucie d’environnement et est écoutée par les instances internationales. Ses coupes laissent s’exprimer la richesse chromatique des textiles. Jeux, voyages et découvertes l’inspirent, comme l’inattendu et tout ce qu’on lui conte. Ne sachant pas dessiner, Stella épingle sur elle les tissus et parle du vêtement comme d’un trésor porteur d’une histoire. Repérée par Giorgio Armani, sa collection défile en 2013 dans le Teatro du couturier, puis elle expose en 2014 au V&A Museum à Londres. L’un de ses rêves s’est réalisé : les gens aiment ses créations, attentifs à ce multiculturalisme – pour elle organique – qui est sa force. Et les autres ? Elle est trop superstitieuse pour les évoquer !

 

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… Rome. C’est chez moi, même si j’ai beaucoup bougé et aime toujours voyager. Cette ville connaît d’importantes difficultés, mais sa beauté surpasse tout. Elle rassemble le meilleur de chaque époque artistique et architecturale, des vestiges romains au baroque en passant par le XVe siècle. Tout y est exceptionnel, extraordinaire, et il faut rester conscient du privilège d’y vivre. J’aime la lumière dorée, unique, qui baigne puis nappe les ponts, la végétation, les pierres. Ma lumière préférée : au bord du Tibre à 19h, lorsque le soleil déclinant enlace et drape la basilique San Giovanni Battista dei Fiorentini (ci-dessous). Rome porte le parfum du passé qui revient, tel celui qui sourd après la pluie et ne persiste qu’une demi-heure. Un mélange fugace d’odeurs minérales et végétales.»

© Eugenio D’Oro - Chris Milo - Stella Jean

David Sarfati

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