Noburo Ofuji, animation, Dangobei
L’archipel animé
Noburo Ofuji , l’un des pionniers de l’animation japonaise, créateur du personnage Dangobei
Noburo Ofuji, animation, Dangobei
Dangobei

À quoi ressemble un dessin animé japonais vieux de cent ans ? Le musée d’Art moderne de Tokyo met en ligne ses collections. Un voyage dans le temps, tissé d’interludes délicats et farfelus.

L’image tremblote à peine. Sur la pellicule, un samouraï malchanceux roule des yeux, grimace, s’empêtre dans ses chausses, lutte avec un sabre désobéissant. Quatre minutes fixées sur un film nitrate en 1917, l’un des plus anciens dessins animés produits au Japon. Une pantomime de décors et de papiers découpés qui a franchi les ans sous le nom de Namakura Gatana («The Dull Sword» ou «L’épée émoussée»).

L’animation japonaise a donc 100 ans cette année, et le musée national d’Art moderne de Tokyo (qui abrite le National Film Center) lui a offert une salle de projection virtuelle : 64 courts-métrages réalisés entre 1917 et 1941, restaurés, sous-titrés en anglais et mis en ligne. Ces pépites d’imaginaire tour à tour délicates, édifiantes ou farfelues, voyagent ainsi pour la première fois hors de l’archipel. Des westerns, des historiettes morales, des minidocumentaires, des interludes musicaux, des fables réinventées… Où l’on retrouve les premières aventures de Momotaro, héros nippon né dans une pêche, où les crabes et les ratons laveurs s’habillent de kimonos, et où le lièvre finit immanquablement dépassé par la tortue.

Junichi Kouchi, Noburo Ofuji... avant Hayao Miyazaki et le studio Ghibli, il y eut un groupe de pionniers qui maniaient pinceaux et ciseaux sur un coin de table à dessin. «À ses débuts, l’animation japonaise se divisait en deux : des petites compagnies qui produisaient des films publicitaires ou éducatifs, et des dessinateurs indépendants à la démarche avant tout artistique, non commerciale. Ce qui rend certaines œuvres si uniques et expérimentales», résume Tomoya Kimura, chercheur invité au National Film Center tokyoïte. À visionner pour sourire, voyager ou s’étonner, jusqu’à fin décembre.

 

Japanese Animated Film Classics

© «At the Border Checkpoint» (1930, Noburo Ofuji) - Courtesy of National Film Center, The National Museum of Modern Art, Tokyo

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