Air france, Actualite, Avion
Au cœur
des cockpits
d’
Air France
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Le commandant de bord Olivier Beghin présente l’application d’analyse météo eWAS.

Plaçant la sécurité des vols et le confort de ses clients au centre de l’ensemble de ses opérations, Air France entend aller toujours plus loin dans ces domaines. Ainsi, la Compagnie a doté ses pilotes de technologies de pointe pour anticiper et éviter les phénomènes météorologiques sources de turbulences.

Cette année, Air France est devenue la première compagnie aérienne au monde à mettre à disposition de ses 3 600 pilotes une application novatrice transmettant sur leur tablette connectée une analyse météorologique en 4D. Dénommée eWAS (Enhanced Weather Awareness Solution), elle affiche des modèles de prévisions météo d’une précision jamais atteinte. Partout dans le monde et jusqu’à la fermeture des portes de l’avion, les équipages sont informés en temps réel des risques météorologiques auxquels ils devront faire face pendant le vol. Olivier Beghin, commandant de bord Air France sur A320, décrypte pour Air France magazine le phénomène des turbulences et les moyens de les éviter, pour le confort des passagers.

Commandant, expliquez-nous ce qui est communément appelé un trou d’air.

Le trou d’air est une légende que l’on pourrait comparer à celle du mystique triangle des Bermudes. Il n’y a pas plus de trou dans l’air qu’il n’y en a dans l’eau. Simplement, lorsque l’avion est en vol, il rencontre des courants ascendants et descendants qui peuvent entraîner de légères pertes d’altitude. Dans la grande majorité des cas, celles-ci engendrent des turbulences désagréables, mais n’ont aucune conséquence sur le vol.

Les pilotes peuvent-ils voir les turbulences ?

Les cumulonimbus, nuages d’orages qui génèrent des turbulences, sont très visibles et de jour nous les contournons en les voyant. Pendant la nuit, ou lorsqu’ils sont cachés dans une couche de nuages, c’est le radar météo de l’avion qui nous permet de les détecter. En revanche, certaines turbulences sont invisibles. Pour les éviter, nous consultons la météo fournie par l’application eWAS et modifions la trajectoire. Nous bénéficions aussi des messages envoyés par les avions nous précédant et ayant rencontré des turbulences. Enfin, si une zone de turbulence semble inévitable, nous réduisons la vitesse de l’avion, pour en limiter les effets.

Parfois, on voit le bout des ailes bouger énormément, notamment pendant les turbulences. Est-ce normal ?

Absolument. Les ailes sont conçues pour supporter des déformations importantes grâce à leur structure souple. Sur un A380, par exemple, les ailes fléchissent vers le haut pendant le vol. En bout d’aile, le déplacement vertical peut atteindre 2 à 3 mètres. C’est spectaculaire, mais parfaitement normal et l’aile pourrait encore résister à des déformations trois fois supérieures.

Un avion peut-il être endommagé en rencontrant une zone de turbulence ?

Non, car les avions sont construits pour résister à des turbulences extrêmes. En revanche, il existe des risques importants de chutes d’objets et de personnes. C’est pourquoi à bord, il est très important de respecter les consignes de sécurité indiquées par l’équipage.

Y a-t-il du vent aux altitudes où volent les avions ? Est-ce que ce vent provoque des turbulences ?

Oui, bien sûr. Le vent augmente avec l’altitude et peut atteindre 300 km/h. Dès que ces vents dépassent 150 km/h nous parlons de jet-stream ou courant-jet. Ils sont très pratiques et nous les empruntons souvent, notamment sur les vols transatlantiques, pour réduire le temps de vol et la consommation de carburant. C’est pour cette raison que les vols retour New York/Paris sont en général moins longs que les vols allers. Ces courants provoquent des zones de turbulences que nous évitons de traverser.

Y a-t-il plus de turbulences au-dessus des montagnes ?

Oui ! Pour deux raisons principales. D’abord, il existe au-dessus des montagnes de la turbulence d’ondes. L’air en altitude épouse la forme des montagnes en se déplaçant et engendre des «minimontagnes russes», générant des turbulences lorsque l’avion les traverse. D’autre part, les régions montagneuses sont propices à la création d’orages – les alpinistes le savent bien – et les nuages qui se forment, les cumulonimbus, occasionnent des courants importants, facteurs de turbulences.

Les pilotes peuvent-ils faire quelque chose pour éviter les zones de turbulences ?

Notre outil météo eWAS affiche les zones de turbulences du courrier de chaque équipage, ce qui leur permet d’étudier une route alternative pendant la préparation du vol – procédure fréquente et très efficace – et, une fois en vol, d’adapter en permanence la trajectoire et de modifier l’altitude le cas échéant pour éviter les zones orageuses, grâce au radar météo dans le cockpit. Dans le jargon des pilotes, nous parlons de «cap d’évitement».

En améliorant significativement l’information de ses pilotes sur la situation météo, Air France procure à ses passagers des vols plus sûrs, mais également plus confortables, grâce à une meilleure anticipation des turbulences.

 

"Les ailes sont conçues pour supporter des déformations importantes grâce à leur structure souple."

© Christophe Leroux – Ci-contre : Virginie Valdois - Antoine Akrich/Air France © Virginie Valdois - Antoine Akrich/Air France

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