Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement  les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs.  Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages… Ce mois-ci, c’est Emma, 9 ans, qui depuis Barcelone a mis ses images sur les mots d’Alex Cousseau. 

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Air France Magazine, L’histoire du mois, 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris.
histoire,volcan

En barque sur le lac
8. Au cœur de la terre

La porte s’ouvre, et aussitôt Itipulco suffoque. La chaleur lui embue les yeux. Le souffle coupé, il recule d’un pas. Mais le sol se dérobe sous ses pieds. Itipulco se retrouve à terre, et il se sent glisser. Il glisse vers l’obscurité, vers la chaleur de plus en plus forte qui l’oblige à s’enfouir le visage entre les mains. Ses yeux ne voient bientôt plus rien. Il entend la porte se refermer derrière lui avec un bruit sourd. Et il glisse encore. «Itaki !» Par réflexe, il réclame sa sœur, tout en se rappelant ses paroles. Itaki l’a prévenu, elle ne peut l’accompagner plus loin. Mais pourquoi ? Pourquoi l’avoir conduit jusqu’ici, dans cette fournaise ? Pourquoi l’avoir abandonné dans ce sombre tunnel qui s’enfonce sous terre ? Pour se débarrasser de lui ? «Itaki ! Au secours !»

Itipulco glisse durant une longue, une interminable minute, avant de buter contre une série d’obstacles. Comme si des bras l’enserraient de toutes parts, le retenaient. Il rebondit plusieurs fois, puis stoppe net. Il rouvre les yeux, et un flot de lumière jaillit autour de lui. Itipulco est pris dans une toile lumineuse, un entrelacs de racines jaunes et blanches, au fond d’une grotte souterraine. Au cœur de la terre. Quelque part sous le volcan, sous le lac. Il aperçoit le tunnel par lequel il est venu, et d’autres ici et là, comme autant d’issues. Un filet d’eau suinte des parois, Itipulco en profite pour se rafraîchir, lorsque dans son dos il entend quelqu’un murmurer son prénom : «Itipulco… Te voilà enfin…» À suivre.

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