remettre le couvert

Cette nappe en papier appartient au paradoxe des objets éphémères. On voudrait les garder tels quels. Les immobiliser dans leur instant. Et bim, ils disparaissent comme dans un pied de nez, nous laissant presqu’orphelins, incompris. Souvent du reste, on trouve n’importe quel prétexte pour en conserver un petit bout : le plan d’un appartement, un tendre message, un poème de quatre sous, un crobard… Les nappes de papier, c’est un peu le sens du bonheur présent des trattorias italiennes, le repas généreux, les plats débordant de l’assiette. Pas grave, le moment est léger et il est si joli sur la table, le lacet d’un spaghetti égaré. Le repas pouvait continuer, on en avait même l’historique estompé sur la nappe. Parfois, l’addition s’y inscrivait sur un coin. On partait alors, regardant presque par derrière la nostalgie d’un moment chaleureux.

Rassurez-vous, la terre est peuplée d’âmes bienveillantes et ces dernières s’appliquent à détordre la réalité. Ces nappes en papier que nous aimions tant dans leur présence fugace peuvent à présent perdurer. Elles sont donc lavables, et surtout, délice suprême, ne nécessitent pas de repassage. L’instant suspendu va maintenant passer dans la répétition. On lui trouvera une nouvelle poétique.

 

Picnic & Table Cloth

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