platre, monnaie
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la Monnaie !

Restaurant Drukarnia Sklad Wine & Chleba, situé dans une ancienne manufacture, à Lodz.

Drukarnia Sklab Wine & Chleba restaurant, in a former factory, Lodz.

apprentissage, platre

En France, la gravure monétaire s’apprend et se pratique exclusivement dans les ateliers de la Monnaie de Paris.

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En France, la gravure monétaire s’apprend et se pratique exclusivement dans les ateliers de la Monnaie de Paris.

La Monnaie de Paris accueille déjà l’art contemporain dans l’écrin de ses murs. Elle ouvre à présent les portes de ses ateliers, d’où sortent depuis douze siècles objets d’art et pièces précieuses.

C’est un lieu fétichisé par les amoureux fébriles des vieilles médailles d’époque et des pièces de collection. Le lieu idéal pour suspendre la frénésie de l’existence, l’abandonner pour un moment sur le quai de Conti. Plus ancienne institution française, la Monnaie de Paris a été créée en 864, sous le règne de Charles II, par l’édit de Pîtres. Sa mission, importantissime : battre monnaie. Rien n’a changé : on y frappe désormais les euros courants, des pièces de collection (la série signée Jean Paul Gaultier récemment), quelques devises étrangères, mais aussi médailles et décorations. Après la Thaïlande, les Comores, l’institution a remporté l’appel d’offre de la République d’Uruguay et s’est vue charger de la fabrication des pièces d’Arabie saoudite. Cette maison finalement méconnue cultive depuis douze siècles une tradition dans les métiers d’art liés au métal ; et c’est à ce titre qu’elle est membre du comité Colbert. Ce que beaucoup de Parisiens ignorent, c’est que cet immense paquebot néoclassique (un hectare de surface au sol) accueille aussi depuis 2009 des expositions d’art contemporain. En guise de décor : boiseries, miroirs, hauteur sous plafond pharaonique, galeries baroques et parquet en point de Hongrie, qui craque délicieusement. Le public a immédiatement été séduit. On se souvient de la Chocolate Factory (près de 60 000 visiteurs en 2014), l’installation de l’Américain Paul McCarthy, sorte d’usine folle qui produisait en série des pères Noël en cacao et de celle, au moins aussi drôle et irrévérencieuse de Maurizio Cattelan (100 000 visiteurs en 2016). Début juillet s’est achevée l’exposition À Pied d’œuvre(s), qui confronte des œuvres venues du Centre Pompidou, signées Marcel Duchamp, Pipilotti Rist, Yves Klein, Robert Smithson ou Alberto Giacometti, qui désertent les socles et les hauteurs habituelles «pour épouser l’horizontalité du sol», explique Camille Morineau, directrice des expositions et des collections.

Gestes de traverse

Mine de rien, ce lieu est un pied-de-nez à l’esprit de sérieux inhérent aux musées. Acteur, sinon mineur, du moins électron libre de l’art contemporain, l’hôtel de la Monnaie est calibré pour plaire au visiteur qui accepte une part d’imprévu, d’aventure, et même, disons-le, de surprise (on peut entrer à l’hôtel de la Monnaie et se retrouver soudain assis à la table triplement étoilée de Guy Savoy, qui a déménagé ici ses fourneaux). Celui qui, peu économe de ses enthousiasmes, veut à tout prix échapper au chemin balisé conduisant du palais de Tokyo à Beaubourg. Au-delà de cette ouverture réussie à l’art, l’ambition était aussi de revenir à son métier originel, ou plutôt à son savoir-faire ancestral : le travail du métal. Unique manufacture encore en activité dans Paris intra-muros, la Monnaie de Paris ouvre donc cet automne la porte de ses ateliers de fonderie, de bijouterie, de ciselure. Les curieux seront invités à suivre un itinéraire au beau milieu des passages intérieurs et des petites cours aménagées, qui leur permettra d’observer le beau geste, mais aussi de dialoguer avec plus de 150 artisans d’art. Une proposition inspirée par ce que l’île de Murano (à Venise) a réalisé avec ses souffleurs de verre traditionnels : marier en un même lieu fabrication et exposition, savoir-faire artisanal et ambition artistique.

Femmes de l’art Des œuvres de Louise Bourgeois, de Niki de Saint Phalle, de Carla Accardi qui côtoient, et qui questionnent, celles de Nil Yalter, Birgit Jürgenssen, Laure Tixier ou Elsa Sahal. La prochaine exposition rend hommage à la féminité et au féminisme en interrogeant les rituels quotidiens de la vie domestique. Le nom Women House est un hommage à l’exposition Womanhouse organisée en 1972 par Judy Chicago et Miriam Schapiro, cofondatrices du programme d’art féministe du California Institute of the Arts. D’autres événements dédiés aux femmes dans l’espace de l’art viendront compléter cette première exposition collective.

Women House

Du 20 octobre au 28 janvier 18. Monnaie de Paris. 11, quai de Conti.

www.monnaiedeparis.fr

Agenda

  • women house

    Du 20 octobre au 28 janvier 18

    Monnaie de Paris. 11, quai de Conti.

    www.monnaiedeparis.fr

  • 10 raisons, jardin, passard

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