couloir
du bon usage
des palaces
repas, table

À la table étoilée Les Jardins de L’Espadon, cannellonis de langoustine et chou pointu.

glacier , maison

Le glacier maison prend ses quartiers d’été au Grand Jardin.

Piscine serviette

Piscine néoclassique du Ritz Club, havre de paix emblématique du palace parisien.

piscine

Piscine néoclassique du Ritz Club, havre de paix emblématique du palace parisien.

C’est sans doute parce qu’ils intimident que nous sommes tant attirés par les palaces. Parfois, nous hésitons, nous n’osons pas. Et puis une fois la porte à tambour franchie, nous basculons dans un autre univers. Au Ritz, il n’est pas indispensable de séjourner, on peut également le laisser nous traverser.

Le jardin
Depuis quelques années, il était une sorte de parenthèse, un «délaissé», comme il est courant d’appeler certaines terres à la campagne. À l’occasion des grands travaux du palace, cet enclos caché de 1 600 m2 revit et ce, dans cette quasi-clandestinité que nous lui connaissions. Et pourtant nous y attendent les roses blanches, les magnolias, les tilleuls taillés en marquise. Coins, recoins, charmilles et alcôves, le dispositif semble évident pour écrire soi-même la suite du scénario : dîner secret à la tombée du jour, salades fraîches, ceviche et cocktails scélérats. Il est temps de sceller un pacte.

 

Le concept store
Lorsqu’on entrouvre les portes de cette vénéneuse parenthèse, on se sait déjà rattrapé. Il faut sans doute un grand sang-froid et un cœur de pierre pour résister aux arguments désynchronisés de la boutique de l’hôtel. Rien en effet n’est prévisible, d’une étagère à l’autre, l’œil trébuche, des lunettes de lit à une capeline oversized de la Maison Michel, un joli canotier, des cure-dents parfumés Daneson, la brosse à dents de voyage sans dentifrice Misoka… Même votre pied semble caresser le sol aux rythmes alanguis des musiques summertime des années 1970. Le temps se serait ralenti à votre insu : babioles, colifichets, petit nounours, attrape-cœur, plumes… Trop tard, chère amie…

 

Les étoiles
La gastronomie, nous vous l’accordons, peut être délicieuse mais aussi barbante, lorsqu’elle prend trop ses aises, déborde dans la soirée, étire dangereusement les normes de la patience. Voilà pourquoi le déjeuner étoilé, exécuté en une heure, permet de survoler paisiblement des cannellonis de langoustine–chou pointu–sauce Meursault ou encore des asperges vertes au plus proche de leur expression. Cela fait partie du luxe nouveau, celui d’avoir plus de temps pour soi. Pour l’autre. Prendre un autre café qui sait. Rêvasser, songer. Ou mieux encore pour un rendez-vous suivant, de savourer cette dimension urbaine irrésistible : être en avance.

 

Le spa
Il existe sans doute une ivresse des lieux. D’abord, on se glisse à l’intérieur du palace. On prend petit à petit assurance. On ouvre une porte, pousse une autre. Au bout d’un certain temps, le palace nous a adopté, il nous laisse carte blanche et commence à abattre les siennes. Il y a certes l’école de cuisine, mais il y a surtout une perle cachée, le spa du Ritz, réparti sur plus de 1 500 m2 avec piscine intérieure monumentale, salle de fitness, un centre de beauté conçu par Chanel et quelques petites merveilles dissimulées, comme ce salon de coiffure siglé David Mallett et son slogan qui fait mouche : «glamour ultra naturel». Attention, c’est le début de la Ritz dépendance.

 

Le glacier
La force des palaces, c’est de parfois répondre à nos faiblesses, et certainement pas d’en abuser. L’inverse serait plutôt vrai. Rien ne vous empêche de vous glisser dans cet univers feutré, sentant si bon (l’ambre), et de vous asseoir quelques instants dans l’un des fauteuils de la galerie. Personne ne viendra vous importuner. À la rigueur, vous pouvez laisser passer le temps, vous laisser gagner par cette sérénité diffuse, le passage des élégants et des élégantes. Et ceux qui le sont un peu moins. Au bout d’un certain temps, vous commencerez à piger l’organisation du lieu, ses ouvertures, ses planques, ses recoins. Vous pouvez même prendre un café, rejoindre les jardins, prendre une glace turbinée par le chef pâtissier au joli prénom, François Perret.

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