ambiance extérieure
Monténégro, 
presqu'île

Dernière étape avant les 461 marches conduisant au monument en l’honneur du prince Petar II Petrovic Njegos, sur le mont Lovcen.

entrée du parc national de Durmitor

À l’entrée du parc national de Durmitor, au nord du pays.

Rivière Tara

La rivière Tara traverse le Monténégro sur près de 150 km.

Olga, habitante de Cetinje

Olga, une habitante des faubourgs de Cetinje.

Forêt primaire

Forêt primaire du parc national de Biogradska Gora.

Ivana

Ivana, infirmière à Cetinje, ancienne capitale du royaume monténégrin.

Zoran

Zoran, propriétaire du restaurant Savardak, à Kolasin.

Chalets d'alpage

Katun, chalets d’alpage typiques du nord du Monténégro.

Bouches de Kotor

Bouches de Kotor

Belvédère

Belvédère le long de la route Serpentine.

Loin des regards, le Monténégro cultive la démesure. Ses paysages hérissés d’à-pics, ourlés par le bleu de l’Adriatique, révèlent à chaque détour des horizons sens dessus dessous.

Escarpements

Denses et d’un vert sombre, des forêts tapissent les pentes des montagnes qui surplombent la petite ville de Zabljak. Perchée à 1 456 m d’altitude, elle est la capitale du ski monténégrine. C’est aussi la porte d’entrée du parc national de Durmitor, un espace naturel protégé par l’Unesco depuis 1980. Il porte le nom du massif le plus élevé du pays.

Près des deux tiers du territoire s’élèvent au-dessus de 1 000 m et une cinquantaine de sommets culmine à plus de 2 000 m. Un véritable fouillis de pics ! Leurs cimes dénudées hérissent le paysage d’aussi loin que l’on regarde. Elles servaient d’amers aux marins vénitiens qui naviguaient le long des côtes de l’Adriatique au XVe siècle. Ce sont eux qui ont baptisé la contrée monte negro, autrement dit, «montagne noire». L’appellation est restée. En monténégrin, crna gora est la traduction littérale de Monténégro. Le pays n’a pas usurpé son nom. Versants abrupts ou collines rocheuses composent un relief quasi cahotique, contribuant à forger l’identité nationale. Au fil de son histoire, le Monténégro a toujours su résister à la convoitise de ses voisins. Même l’Empire ottoman n’est jamais parvenu à le contrôler, et pour cause : à chaque tentative d’invasion, les populations trouvaient refuge dans les zones du pays les plus difficiles d’accès.

Comme on l’imagine, la plupart des rivières coulent ici au fond d’impressionnants défilés, surdimensionnés à l’échelle européenne. Les gorges de la Tara supportent la comparaison avec le Grand Canyon, en Arizona. À certains endroits, elles atteignent jusqu’à 1 300 m de profondeur. De quoi donner le vertige ! Pour les amateurs de rafting, les sensations fortes sont au rendez-vous. Le lit de la rivière Moraca est tout aussi spectaculaire. La route le suit à la trace. De nombreux «points de vue imprenables» s’y succèdent, bien aménagés.

Sur le littoral, et particulièrement dans les bouches de Kotor, la montagne tombe d’un coup à la mer. Blotties au creux des baies, les villes grimpent à l’assaut des collines. Leurs rues pentues cèdent peu à peu la place à quelques marches, puis à de véritables escaliers. À Kotor, les remparts s’accrochent aux flancs de la montagne. Au-dessus des toits, ils dessinent un ruban de pierre ponctué par des bastions. À partir de Kotor, la route qui gagne l’arrière-pays est surnommée Serpentine. Elle gravit la pente en zigzaguant joyeusement. Pas moins de 25 lacets se succèdent sur moins de 17 km. En contrebas, le panorama sur les bouches de Kotor est inouï, mais pas question de relâcher son attention : à chaque poignée de secondes s’annonce un nouveau virage en épingle à cheveux !

Pureté

L’une des dernières forêts primaires d’Europe prospère au sein du parc de Biogradska Gora. À l’initiative du prince Nicolas Ier de Monténégro, elle est protégée depuis 1878 et n’a jamais été exploitée par l’homme. Le monarque souhaitait ainsi marquer la reconnaissance de l’indépendance du pays par ce symbole pacifiste. Érables, hêtres et pins s’y poussent du fût. Leur feuillage se reflète dans les eaux d’un lac enchâssé au cœur d’une nature majestueuse. Sur les pentes, les feuillus poussent au-dessus des conifères : un courant d’air froid, dit-on, y suivrait un mouvement descendant.

Avant de se jeter dans les eaux du lac Skadar, la rivière Crnojevica dessine quantité de méandres. Des roseaux et des nénuphars s’invitent dans le paysage. Vu de la route, on dirait un tableau surréaliste. Le lac (dans le parc naturel éponyme) est si vaste qu’il évoque la mer. Au printemps, il s’étale sur près de 600 km2. L’été, il perd la moitié de sa surface. Frangée de marécages, sa rive nord n’est guère accessible. Y nichent des colonies de hérons et de cormorans, plus quelques rares pélicans… Pour tenter de les surprendre, il faut emprunter une barque et glisser sans bruit sur l’eau dès l’aube.

Solitude

Couverts d’un maquis sombre, les monts Lovcen sont chers aux Monténégrins. Veille sur leur sommet un monument à la gloire du prince Petar II Petrovic Njegos (1813-1851), auteur d’un long poème épique : Gorski Vjienac (La Couronne de la montagne). Les habitants en connaissent par cœur les vers, appris à l’école. À l’abri d’un tunnel, 461 marches escaladent un étroit raidillon. Surgit alors en plein ciel un atrium en pierre. Son couple de cariatides y tutoie les nuages… Par beau temps, on distingue la nappe bleue de la mer, qui danse à l’horizon. Très échancré, le littoral monténégrin ménage une succession de baies et de péninsules. Elles sont couvertes de pinèdes et ourlées de criques secrètes. Réputées inaccessibles, elles préservent jalousement leur beauté de matin du monde…

Depuis le XVe siècle, le village de Sveti Stefan se love sur une presqu’île. Des îles flottent au large. Beaucoup restent sauvages. Sur d’autres se profile la silhouette d’un clocher, cernée par les cyprès, comme dans la baie de Perast.

Intemporel

À Njegusi, au pied des monts Lovcen, se perpétue la fabrication du traditionnel jambon fumé, njeguski prsut. La plupart des fermes disposent encore d’une susara : un petit bâtiment annexe où le jambon, suspendu au plafond, est mis à sécher pendant de longs mois (il n’est pas consommé avant une année et est alors qualifié de mladi, «jeune»). Des dégustations s’improvisent dans les cours. Une pancarte le signale. Parfois, rien n’est indiqué, il suffit de pousser la barrière. La production domestique (miel, confiture, huile, fromage…) est proposée sans façon. Plutôt que de commerce, il s’agit d’une forme d’hospitalité, héritée d’hier. Souvent, le prix n’est même pas indiqué. On le laisse à l’appréciation du visiteur, et tant pis si la démarche semble un brin anachronique !

Cetinje, l’ancienne capitale du royaume du Monténégro, se blottit au pied des monts Lovcen et fait fi des modes elle aussi. En 1918, elle perd soudain son statut de capitale avec la création du royaume de Yougoslavie, qui réunit tous les voisins slaves. Qu’à cela ne tienne ! Les ex-chancelleries sont tour à tour reconverties. L’ambassade de France à l’architecture Art nouveau devient une bibliothèque. Celle de Grande-Bretagne, une académie de musique. Celle d’Autriche-Hongrie, une école d’art. L’ambassade de Bulgarie, elle, accueille un café très couru, à l’enseigne de Gradska Kafana (le «café de la ville»). Et un élégant palais bleu pâle, bâti en 1894 pour loger le prince héritier, abrite aujourd’hui le président de la République monténégrine. Les deux gardes en faction devant la porte arborent un somptueux uniforme rouge et or. À croire que Hergé, le créateur de Tintin, s’est inspiré directement de Cetinje pour dessiner Le Sceptre d’Ottokar !

Dans les villes du littoral, les sculptures de lions ailés témoignent encore de la mainmise de la République de Venise sur la région. On y retrouve tout l’art de vivre méditerranéen. La paix de l’âme aussi, dans des ruelles d’ombre et de lumière qui ignorent la bousculade des jours et la dictature du temps.

Aman Sveti Stefan

Des maisons de pierre coiffées de tuiles sont blotties sur un promontoire rocheux, relié à la terre par un isthme étroit. En face, une majestueuse villa toise une pelouse tondue de près. Dans les années 1930, elle était la résidence d’été de la famille royale yougoslave. Sous les auspices du groupe Aman, le minuscule village de pêcheurs et l’élégante villégiature ont été réunis en un seul domaine. L’ourlent trois magnifiques plages. La plus secrète, la plage de la Reine, est frangée de pinèdes et s’ouvre dans la baie voisine. En retrait se déploie un splendide spa, dissimulé parmi les agapanthes et les lauriers.

Aman Sveti Stefan

Tél. +382 33 420 000.

www.aman.com

Hotel Monte Rosa

L’hôtel dresse sa haute silhouette en plein cœur du parc national qui s’étend au pied du mont Lovcen. Sa façade mêle le verre, le bois et la pierre. Avec un brin d’audace, il réinterprète l’architecture montagnarde locale sur un mode contemporain. Fraîchement restaurées, quelques maisons anciennes s’éparpillent alentour. Elles composent le hameau de Ivanova Korita, perché à 1 240 m. Il avait perdu tous ses habitants. Depuis 2015 et l’inauguration du Monte Rosa, il reprend vie. Certaines de ses habitations ont été transformées en restaurants, d’autres en magasins où faire emplette de fromage et de jambon séché, confectionnés dans la grande tradition monténégrine.

hotel Monte Rosa

Ivanova Korita, Lovcen. Tél. +382 69 300 600.

www.hotelmonterosa.me

Casa del Mare Amfora

Casa del Mare Amfora

Rénové de pied en cap en 2017, l’hôtel est posé en bordure d’une baie tranquille, à mi-chemin entre Perast et Kotor. Le restaurant se déploie sur une terrasse qui surplombe les petits cailloux d’une plage confidentielle. Prolongées de balcons, les chambres les plus convoitées découvrent une vue dégagée sur le large. Celles situées à l’arrière du bâtiment regardent vers le maquis des collines. Les unes comme les autres offrent un confort douillet, accentué par les douces tonalités de bleu, de gris et de beige qui recouvrent murs et tentures. L’espace n’est pas compté : c’est la marque de fabrique de Casa Del Mare, une jeune chaîne hôtelière monténégrine qui possède quatre autres établissements dans les bouches de Kotor, fidèles eux aussi au concept de boutique-hôtel.

Casa Del Mare Amfora

Orahovac. Tél. +382 32 305 852.

www.casadelmare.me

Casa del Mare Amfora

Hotel,vacances, repos

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Musique de chambre

Carnet d’adresses

Aman Sveti Stefan

Tél. +382 33 420 000.

www.aman.com

hotel Monte Rosa

Ivanova Korita, Lovcen. Tél. +382 69 300 600.

www.hotelmonterosa.me

Casa Del Mare Amfora

Orahovac. Tél. +382 32 305 852.

www.casadelmare.me

Restaurants

Savardak

Dans les montagnes monténégrines, les bergers s’abritaient autrefois dans des cabanes en forme de hutte coiffées de chaume : les savardak . Zoran Scepanovic a reproduit très fidèlement leur architecture pour y dresser les tables de son restaurant, décoré d’outils anciens. On croirait presque pénétrer dans un musée ethnographique ! Des plats traditionnels et roboratifs tiennent le haut de la carte. Le kacamak , une polenta servie avec des pommes de terre et du fromage, vole la vedette à la cicvara , élaborée elle aussi avec de la farine de maïs. Biocinovici, Kolasin. Tél. +382 69 051 264.

Poslednja Luka

uelques restaurants ont installé leur terrasse le long de la Crnojevica. Poslednja Luka (le «dernier port») est légèrement à l’écart. Accroché à la colline, il surplombe la rivière et ses remous d’argent et découvre un joli panorama sur les prairies alentour. La carte privilégie la truite, la carpe et l’anguille, mais le fromage et le jambon séché de Njegusi y figurent aussi en bonne place. Potpocivalo, Rijeka Crnojevica. Tél. +382 41 239 527.

Catovica Mlini

Cet ancien moulin planté en bordure d’une petite rivière, à une centaine de mètres du rivage de l’Adriatique, a été transformé en restaurant au grand bonheur de ceux qui s’y attablent. Si la production d’huile d’olive assurait autrefois la réputation de Catovica Mlini, c’est aujourd’hui la beauté du site qui signe son succès. Soigneusement entretenu, un vaste jardin s’épanouit tout autour. On s’installe au bord de l’eau ou sous les voûtes de pierre du moulin. Au programme, poissons et fruits de mer. Le pain, pétri sur place, justifierait à lui seul une visite ! Morinj, bouches de Kotor. Tél. +382 32 373 030.

Carnet d'adresses
Vidéo

243

S'y rendre

www.airfrance.com

Fréquence des vols

Transavia dessert Tivat par 2 vols hebdomadaires au départ de Paris-Orly.

Aéroport d'arrivé

Aéroport de Tivat.
À 4 km de la ville. Tél. +382 32 671 337.

Bureaux Air France KLM

Aux aéroports.

Réservations

— Depuis la France : tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

Location de voitures

Hertz, à l'aéroport.

www.airfrance.com/cars

Office de tourisme

www.montenegro.travel

A lire

Monténégro
Lonely Planet.

Monténégro Michelin
coll. Guides verts.

Monténégro et Dubrovnik Hachette,
coll. Guides Évasion.

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