jets d'eau, Burj Khalifa, hôtel

Dubai
le monde
ne suffit pas

Le caviste mélomane Olivier Cochard.

Wine merchant and music fan Olivier Cochard.

Dubai, habitants

Ballet de fontaines au pied de Burj Khalifa, la plus haute tour de Dubai.

lutte

Combat de kushti, forme traditionnelle de lutte indienne, à Deira, l’un des plus anciens quartiers de la ville.

Echoppe, commerce, Dubai

Échoppe du souk de Bur Dubai.

intérieur, décoration

City Walk, nouveau quartier à la mode près de Burj Khalifa

marché

Souk de Deira, sur la rive droite de la rivière Khor Dubai.

Buildings

Vue du Dubai International Financial Centre depuis le métro aérien et automatique de la ville.

sortie

Robot et chameaux à l’entraînement, à Nad Al Sheba.

Mall

Mall of the Emirates, 223 000 m2 de boutiques, restaurants… et une station de ski.

Dubai, Arts, Alserkal

Alserkal Avenue, dans le quartier des arts d’Al Quoz.

palace, Dubai

The Palace downtown Dubai

Sofitel, Dubai, tours

Sofitel Dubai Downtown

Polie par un soleil têtu, la cité-État bruisse de rêves et de projets insensés. Tandis que ses tours défient le plafond céleste, elle déroule avec audace des pistes enneigées sur le désert voisin. Décidément, impossible n’est pas dubaïote.

À la Renaissance, Charles Quint régnait sur un empire tellement grand que, disait-il avec fierté, jamais le soleil ne s’y couchait. L’émir de Dubai, lui, a pris le parti inverse. Sa ville est la seule au monde où vous pourrez voir le soleil se coucher deux fois dans la même soirée. Pour cela, vous le regarderez d’abord disparaître à l’horizon – entre deux gratte-ciel, depuis l’extraordinaire lac artificiel de Downtown, par exemple. Puis vous vous précipiterez vers la vertigineuse Burj Khalifa, où vous viserez l’ascenseur ultrarapide qui vous propulsera au 148e étage. Là, à plus de 500 m d’altitude, vous prendrez l’astre de vitesse, vous profiterez de ses derniers rayons, et vous le verrez se coucher pour la seconde fois.

La cité de tous les possibles

Telle est l’une des nombreuses extravagances permises par une ville qui semble construite pour battre les records les plus insensés. Faites un caprice et vous n’aurez que l’embarras du choix. Envie de skier sous l’œil narquois de pingouins avant de plonger au milieu des dauphins ? C’est facile. Il vous suffit de vous rendre le matin au Mall of the Emirates, d’acheter un forfait Ski Dubai incluant une combinaison – qui vous fera ressembler à un membre de Star Trek –, une paire de chaussettes, des chaussures et des skis Rossignol, et vous voilà quittant les 30oC ambiants pour vous retrouver assis sur un télésiège (siglé Poma, c’est-à-dire aussi familier que celui de votre habituelle station de sports d’hiver). Étrange spectacle alors que celui de jeunes femmes de Dubai skiant avec un casque par dessus leur voile qui vole au vent…

Un mirage plus vrai que nature

Une fois dévalée cette pente sous bulle – 400 m de long qui font vivre 250 expatriés savoyards –, il vous suffira de quelques stations de métro pour rejoindre le monorail automatisé qui vous conduira au bout d’un palmier. Pas un arbre, mais un archipel en forme de palmier, totalement artificiel lui aussi, car bâti sur un polder, une terre gagnée sur la mer. Au bout du palmier se dresse le mythique hôtel Atlantis, semblable au château d’un conte de fées. Nul besoin d’y résider pour passer l’après-midi dans Aquaventure, le paradis des amateurs d’eau douce ou salée. Vêtu d’une nouvelle combinaison (mais de scaphandrier, cette fois), vous plongerez au milieu des poissons, à moins que vous ne préfériez caresser le dos des dauphins. Si vous êtes amateur de sensations fortes, vous ne serez pas déçu : Neptune vous propose ses chutes d’eau vertigineuses, ses toboggans à accélération constante ou ses vastes bouées à bord desquelles, après une glissade sans fin dans l’obscurité la plus totale, vous émergerez au cœur d’un tunnel transparent, entouré de raies et de requins – rassurez-vous, la paroi est solide, vous êtes à l’abri.

Ensuite ? Pourquoi ne pas vous passionner pour une course de dromadaires ? On n’y parie pas d’argent mais les lots sont à l’échelle du reste, certains joueurs repartant avec des 4x4 flambant neufs. Le plus étonnant, c’est que sur les champs de courses dubaïotes, les jockeys sont… des robots. Des robots à forme humaine qui murmurent à l’oreille des dromadaires et portent les couleurs de leur propriétaire. Un Palio de Sienne haute technologie. Et made in Arabie.

Prochain étage, le ciel

À ce stade, vous croyez avoir pris la mesure… de la démesure. Mais vous vous trompez. Imaginez un mall (centre commercial) habillé de marbre du sol au plafond. C’est le célèbre Dubai Mall, le plus grand du monde, évidemment. Un lieu où, pour faire vos emplettes, vous pourrez marcher trois jours, soit 24 km, sans jamais repasser devant la même boutique. Toutes les marques s’y sont donné rendez-vous. Et toutes les fashionistas y accourent. Du jamais vu, même en période de soldes.

Fascinante et kitschissime Dubai… Comble du délire tape-à-l’œil ou summum d’une stratégie raisonnée ? Tout au long de votre séjour, vous oscillerez entre ces deux hypothèses. Comment trouver de la raison dans cette exubérance ? Peut-être en pensant à la vision de cet émir qui, au plus fort du cours du baril et bien assis sur sa montagne de pétrodollars, a su penser «l’après pétrole» – lorsque les énergies fossiles ne domineraient plus l’économie mondiale. Depuis des années en effet, cheikh Al Maktoum investit dans l’or du tourisme et celui de la finance. Pari réussi, puisque la richesse de Dubai ne dépend plus du pétrole qu’à 3% !

Pour ce faire, la ville s’est lancée dans une étonnante course au gigantisme. Une course loin d’être terminée. Et que les rivalités avivent. Voyez la Burj Khalifa. L’immeuble a moins de dix ans et fait plus de deux fois et demie la hauteur de la tour Eiffel. Mais l’Arabie saoudite avait à peine annoncé son intention de franchir le kilomètre avec un gratte-ciel de 1 001 m, que Dubai relevait le défi avec sa Dubai Creek Harbor. La nouvelle tour, dont les travaux viennent de commencer, aura la forme d’un minaret géant arrimé au sol par des câbles. Elle sera la plus haute du monde en 2020, année de l’Exposition universelle à Dubai.

L’appel du désert

Pour faire de cette cité-État ce qu’elle est aujourd’hui, il aura fallu la venue de centaines de milliers de travailleurs étrangers. De même que le pétrole ne représente plus que 3% des revenus, les «Émirati de souche», si l’on peut dire, ne constituent, eux aussi, que 3% de la population totale. Les autres sont des «voisins» bangladais, pakistanais, indiens, philippins…, mais également des Africains ou des Européens. Ils exercent les métiers nécessaires pour faire «tourner» Dubai. Les Français sont 25 000. Certains sont arrivés pour une année, d’autres pour cinq, dix ans ou plus. Comme Didier Dhommee, cet ancien du bâtiment, qui a plaqué sa vie à Tours pour se lancer dans le tourisme en rachetant une agence de voyages. Aujourd’hui, Arabian Spirit ne propose que du sur-mesure, depuis les vols en hélicoptère jusqu’aux safaris au champagne dans le désert environnant. Une sorte de haute couture du voyage. Et une activité pour laquelle Didier Dhommee table cette année sur une croissance de… 40% !

Laboratoire des songes

On repense à la Renaissance. À ses cités florissantes, à leur inventivité. D’une certaine façon, Dubai ressemble à un comptoir à l’ère de la mondialisation. Une ville où transitent tous les produits de la planète et où les plus grands architectes rivalisent d’audace. Sur ses centaines de tours, seules deux sont jumelles. Les autres ont chacune leur originalité – corps vrillé, tête en biseau, forme biscornue ou symbolique. Ainsi, un hôtel 7 étoiles, le Burj Al Arab, est-il le seul gratte-ciel au monde figurant un voilier. Devenue un emblème de la cité, cette voile gonflée semble prête à prendre le large depuis l’île artificielle où elle est plantée. Prendre le large pour faire le tour du monde ? Vous ne croyez pas si bien dire. Car non loin de là, à quelques encablures dans le golfe Persique, se trouve une mappemonde géante posée sur l’eau. À Dubai, on l’appelle The World. C’est un chapelet de 300 îles artificielles qui, vues du ciel, dessinent les cinq continents de notre planète. Chacune représente un pays. Et chaque pays est à vendre (entre 7 et 37 millions d’euros dit-on). Avis aux amateurs : la France n’a pas encore trouvé preneur.

Lieu d'écriture

Au cœur de Dubai l’hyper-urbaine, l’irrésistible Palace Downtown est une oasis de calme, de bon goût et de raffinement. Bref, «la» halte idéale pour écrire et rêver. Dans ce très distingué palais des mille et une nuits, situé sur le grand lac, juste en face du nouvel opéra, tout réveillera la Schéhérazade qui sommeille en vous. Sous les tentes privatives bordant la piscine, vous jetterez sur le papier les bases d’un conte oriental ou immortaliserez vos impressions de voyage devant une glace aux dattes et au lait de chamelle. À moins que ce ne soit une histoire pour enfants qui vous vienne sous la plume. Il était une fois un très riche cheikh arabe qui rêvait d’une ville, avec des gratte-ciel et des fontaines immenses au milieu du désert… 

THE Palace Downtown DUBAI

Mohammed Bin Rashid Bd, Downtown. Tél. +971 4 428 7888.

www.theaddress.com

Sofitel Dubai Downtown

Sofitel Dubai Downtown

L’aquarium d’Aquaventure, sur l’archipel artificiel de Palm Jumeirah.

Comme son nom l’indique, le principal atout du Sofitel Dubai Downtown est son emplacement, au cœur du quartier des affaires en plein essor et en constante transformation. À deux pas du métro (qui le relie directement à l’aéroport) et du Dubai Mall, cet hôtel 5 étoiles offre une vue intéressante sur Burj Khalifa. À ajouter : des chambres spacieuses, un service soigné, un personnel particulièrement aimable, même en pleine saison. Et deux points forts : le spa d’abord, avec une carte alléchante (on recommande le vigoureux massage suédois au romarin pour tous les dos tendus ou noués). Et le rooftop, avec sa piscine sous les palmiers et son Mosaic Pool & Lounge. Pour un panorama imprenable.

Sofitel Dubai Downtown

Sheikh Zayed Rd, Downtown. Tél. +971 4 503 6666.

www.sofitel.com

© Robert Bova - Paul Robida

ambiance extérieure

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S'y rendre

www.airfrance.com

Fréquence des vols

Air France dessert Dubai par 7 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

KLM dessert Dubai par 7 vols hebdomadaires au départ d’Amsterdam.

Aéroport d'arrivé

Aéroport international de Dubai.
À 5 km. Tél. +971 4 224 5555.

Bureaux Air France KLM

Aux aéroports.

Réservations

— Depuis la France : tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

Location de voitures

Hertz, à l'aéroport.

www.airfrance.com/cars

A lire

Florence Noiville
a notamment publié L’Attachement et L’Illusion délirante d’être aimé (Stock) ; pour enfants, Bébé Jules qui ne voulait pas naître, un album illustré par Alice Charbin (Gallimard Jeunesse).

Dubai Gallimard,
coll. Cartoville.

Dubai en quelques jours
Lonely Planet.

Dubai Phaidon,
coll. Wallpaper City Guide (en anglais).

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle.