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Bogota
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faculte des sciences

Du haut de ses 2 600 m, la cité colombienne tutoie les ciels andins. Pente des rues, culture au sommet, volutes du café et panorama à couper le souffle s’y liguent pour faire de sa découverte une promenade initiatique en forme d’élévation.

1.

Le moment phare

Il fut un temps où Bogota décourageait les initiatives. La Colombie ployait sous les stéréotypes. Guérilla et narcotrafic n’en faisaient pas un site idéal de villégiature. Aujourd’hui, tout change. Dopée par le processus de paix établi entre les rebelles des Farc et le gouvernement, la ville semble saisie de frénésie. Elle redresse la tête, pousse sur ses jambes, la voilà debout. Les galeries d’art éclosent, les restaurants bourgeonnent, les visages s’ouvrent et le temps est à la fête. Aussi convient-il de ne point louper le coche. Galvanisés par l’événement de l’Année France-Colombie 2017, les badauds vont se ruer sur cette cité encore à l’écart des chemins battus. Alors un seul conseil : foncez !

2.

Capitale suspendue

Bogota ? Une saucisse couchée contre la montagne. Voilà comment les habitants décrivent leur capitale. Il est vrai que la cité s’étire des quartiers aisés du nord aux quartiers modestes du sud. Entre les deux, des secteurs tous différents les uns des autres. Usaquén, en plein développement bobo, la Zona Rosa, terre de fêtards nocturnes, la Zona G, gastronomique, le centre-ville superbement démodé comme échappé d’un Madrid des années 1950 et vibrant de foules, la Candelaria enfin, sorte de Montmartre local tout panaché de couleurs vives et pétillant d’une jeunesse déboulant de ses universités sises sur ses pentes. On ne cachera pas que les embouteillages y sont une plaie et qu’il faut programmer ses déplacements d’un quartier à l’autre. Mais que de surprises ! Que de différences ! Non pas un Bogota, mais deux, trois… dix, une pyramide !

3.

Une escalade de musées

À l’ascension des ruelles de la Candelaria correspond l’élévation spirituelle qu’offre la pléthore de musées locaux. En majesté, le Museo del Oro, flanqué du magnifique Museo Botero. Non seulement les toiles du maestro enchantent, mais celles issues de sa propre collection et offertes à la ville subjuguent. Dalí, Picasso, Delaunay, Klimt, Pissarro… Sans oublier les expositions du Museo de Arte del Banco de la República, pointu et décapant. S’il faut en rajouter, citons encore le magnifique Museo Nacional, ex-prison panoptique qui, rien que pour ses murs, vaut déjà une visite. L’esprit est chez lui à Bogota et l’on sent partout pointer le bouillonnement d’une intelligentsia, où se percutent les idéaux de la Révolution française, qui guidaient Simón Bolívar, et le souffle hypnotique des traditions indiennes. La culture y est une bouffée d’air.

Museo del Oro

Carrera 6 #15-88. Tél. +57 1 343 2222.

Museo Botero

Calle 11 #41. Tél. +57 1 343 1316.

Museo de Arte del Banco de la República

Calle 11 #4-21. Tél. +57 1 343 1316.

Museo Nacional de Colombia

Carrera 7a #28-66. Tél. +57 1 381 6470.

www.museonacional.gov.co

4.

Monts et merveilles

Si la pierre ravit, la bonne chère nourrit. Plus question alors d’ascension physique, mais d’envol gustatif. Le Mercado du 7 de Agosto est célèbre pour ses produits frais que se disputent les restaurateurs. Au fil des allées, toutes les régions du pays sont représentées. On y prépare des cocktails de fruits agrémentés d’un crabe passé vivant au shaker (c’est ainsi !), les galettes de maïs fourrées de fromage s’y empilent et les plats locaux se dévorent au premier étage dans des cantines populaires. À ces halles exceptionnelles s’ajoutent les nombreux étals de fleurs et même tous les marchés aux puces dont la ville regorge. En sus, ici et là, pour gagner des cieux enchanteurs, quelques commerces proposent toute une gamme de remèdes ésotériques assurant une beauté instantanée, une richesse subite, l’amour éternel et quelque insolente santé… Que demander de plus ?

Plaza de mercado 7 de Agosto

5.

Sport de haut vol

Requinqué par les breuvages et onguents qui précèdent, voilà venu le temps d’une dépense physique. Mieux que le jogging ou le cyclisme pratiqués tous les dimanches sur la Séptima, l’artère principale débarrassée de voitures, le tejo ! Une salle au sol divisé en couloirs, des grillages de protection pour éviter les incidents regrettables et le tejo, un poids de 680 g, que les joueurs lancent vers un bloc d’argile posé à 45o, 18 m plus loin. Le but : faire exploser les mechas, quatre triangles remplis de poudre placés au centre de la cible. La masse de fer grimpe dans l’espace, suit une belle courbe en cloche et percute les cibles dans un fracas de tonnerre. Quand ça pète, ça pète sec. L’énigme de cette pratique issue des cultures indigènes tient moins dans ses règles que dans la capacité quasi diabolique des joueurs à viser juste. Poétique et frénétique, le tejo ou la meilleure manière de plonger dans un Bogota populaire et limite surréaliste.

6.

Lignes au zénith

Dans cette ville de vertiges où les points de vue se bousculent, l’architecture est narcotique. Impossible de ne point circuler le nez en l’air, l’œil hissé vers les toitures. Palais national, cathédrale, tours d’acier rugissant vers le ciel… Cité de briques roses, Bogota est un conservatoire de formes. Maisons coloniales, quartiers anglais, hollandais, édifices Art déco, Bauhaus, corbuséens, il y en a pour tous les goûts. Star des architectes, Rogelio Salmona (disparu en 2007) a truffé la capitale de bâtiments de briques, comme la Facultad de Ciencias Humanas, tout enluminée de rampes, d’amphithéâtres extérieurs, de jardins. Si le plaisir a des étages, Bogota le tire au tout dernier.

Facultad de Ciencias humanas

Carrera 45 #26-85.

7.

Inclinations naturelles

Placée sous la symbolique mystique de l’émeraude (dont on visitera avec bonheur le musée), Bogota demeure une ville verte. Les parcs y sont nombreux et la végétation profonde. Ici, la montagne a des allures de Suisse. Des Andes aux Alpes en quelque sorte. Dans ce pays où la côte caraïbe est une efflorescence de couleurs, la capitale revendique sa personnalité traditionnelle. Un peu chic, un peu compassée, cravate et livrée de rigueur. Pour un peu, on y trouverait des Colombiens en loden. Car la température, toujours de mi-saison, est rafraîchie par des pluies fréquentes. Ici c’est Londres, entend-on dire, et l’on rappelle qu’autrefois Bogota c’était «parapluie, manteau et chocolat chaud». Tant mieux ! Ici, point de touffeur moite, mais l’agréable caresse d’un climat d’alpage.

8.

Pic de saveurs

Au temps de sa jeunesse Andrés posa deux ou trois tables en bord de route, à Chía, commune limitrophe de la capitale. Aujourd’hui, il sert 3 000 couverts ! Le restaurant n’a cessé de se développer, de grandir, de forcir, d’outrer sa décoration folle digne d’un bric-à-brac géant. Ici l’accumulation échevelée est une règle absolue. Du plafond pendent des milliers d’objets, cœurs, oiseaux, photos, outils… tandis que des assiettes montent les fumets d’une cuisine traditionnelle colombienne excellente. C’est l’adresse à ne pas rater. Une succursale existe dans la Zona Rosa, mais c’est bien à Chía qu’il faut se sustenter. Clowns et musiciens pour enfants, le soir, c’est fiesta générale, bref la restauration grand spectacle. Un sommet dans l’assiette.

Andrés Carne de Res

Calle 3 #11a-56, Chía. Tél. +57 1 861 2233.

www.andrescarnederes.com

9.

Descente vers le ciel

Pour qui veut s’élever toujours plus haut, il reste un chemin consacré qui le conduit en dehors de la ville, à une vingtaine de kilomètres, découvrir l’étrange Catedral de Sal, à Zipaquirá. Basilique creusée sous terre dans une ancienne mine de sel, elle plonge au cœur d’un gouffre et le soufre qu’on y respire a d’étranges aspects lucifériens. Bogota s’enfle alors de toute sa dimension mystique et l’on comprend qu’au pic de ses sommets andins, comme au tréfonds de ses veines minérales, une même aspiration s’ébroue, celle d’une capitale en pleine ascension, en pleine éclosion. Bogota tient la terre et le ciel dans ses bras.

Catedral de Sal Zipaquirá

10.

Là-haut sur la montagne

Nul n’échappe au sanctuaire de Monserrate. Qu’on le gagne à pied (ce qui nécessite du souffle en ces hauteurs) ou par téléphérique, le but est le même : découvrir la ville depuis ce panorama d’exception. Lieu de pèlerinage, la basilique de Monserrate ne présente aucun intérêt architectural particulier. Elle n’est qu’un élément du décor, une manière de faire la courte échelle au visiteur désireux de toiser, enfin, l’étendue d’une cité exubérante.

Cerro de monserrate

Four Seasons Hotel Casa Medina Bogotá

Non loin du quartier des affaires de la capitale colombienne, la Casa Medina offre de son côté un confort patrimonial digne de la vie de château. La demeure cossue, édifiée en 1946, comprend des éléments de décor récupérés à proximité dans deux couvents détruits. Les colonnes du hall, les tapis, les tentures, les peintures, les meubles et les portes de bois ciselé à la main, différentes dans chaque chambre ou suite, donnent à l’ensemble des allures de manoir hispanique. Un restaurant espagnol, un bar à cocktails où l’on concocte des sangrias, en font une retraite chic à deux pas de la Séptima, l’artère principale de la ville. Argument de poids, l’hôtel est situé au cœur de la Zona G, G pour gastronomie. Les restaurants y sont à touche-touche.

Four Seasons Hotel Casa Medina Bogotá

Carrera 7 #69a-22. Tél. +57 1 325 7900.

www.fourseasons.com/bogotacm

Four Seasons Hotel Bogotá

Situé au cœur de la Zona Rosa, le district trépidant voué à la vie nocturne, le Four Seasons est un havre de confort ultra. Les chambres, la literie, les salles de bains, le spa vert émeraude et le club de fitness sont irréprochables, mais le nec plus ultra est ailleurs. L’hôtel dispose d’un restaurant japonais, le Kuru (cool, en japonais), exceptionnel et de prix raisonnables. Plus encore, il s’orne d’un bar à cocktails qui vaut le détour. Car les baristas, artistes assurément, concoctent des breuvages qui ravissent la vue autant que le palais (l’apothéose étant la mise à feu de bâtons de cannelle dont la fumée vient napper le verre, comme le brouillard les clochers de l’église de Monserrate). Ajoutons que l’hôtel est décoré d’œuvres d’artistes contemporains colombiens de très bonne facture.

Four Seasons Hotel Bogotá

13 #85-46, Tél. +57 1 325 7930.

www.fourseasons.com/bogota

Naranjas 1997 (détail) © Fernando Botero / Museo Botero

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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Carnet d’adresses

Museo del Oro

Carrera 6 #15-88. Tél. +57 1 343 2222.

Museo Botero

Calle 11 #41. Tél. +57 1 343 1316.

Museo de Arte del Banco de la República

Calle 11 #4-21. Tél. +57 1 343 1316.

Museo Nacional de Colombia

Carrera 7a #28-66. Tél. +57 1 381 6470.

www.museonacional.gov.co

Plaza de mercado 7 de Agosto

Facultad de Ciencias humanas

Carrera 45 #26-85.

Andrés Carne de Res

Calle 3 #11a-56, Chía. Tél. +57 1 861 2233.

www.andrescarnederes.com

Catedral de Sal Zipaquirá

Cerro de monserrate

Four Seasons Hotel Casa Medina Bogotá

Carrera 7 #69a-22. Tél. +57 1 325 7900.

www.fourseasons.com/bogotacm

Four Seasons Hotel Bogotá

13 #85-46, Tél. +57 1 325 7930.

www.fourseasons.com/bogota

Cafés

Pastelería Florida

Tout à la fois pâtisserie, café et club d’intellectuels, cet établissement est une institution. Spécialité de tamales et chocolat, gâteaux de toute beauté. Sur la rue piétonne du centre-ville. Carrera 7 #21-46. Tél. +57 1 341 0340.

Café Ibáñez

Repaire de juristes, ce petit café situé au-dessus d’une librairie de droit est décoré d’une frise d’hommes de loi fort sérieux. Pour les fans du code et de la jurisprudence. Suranné comme on aime. Calle 12b #7-12. Tél. +57 1 284 7524

Arte y Pasión

Ancien gun club , cette vieille bâtisse du centre-ville abrite une véritable école de baristas. Tous les cafés de Colombie et tous les designs dans la crème des cappuccini. Architecture et saveur mêlées. Calle 16 #7-76. Tél. +57 1 341 6564.

www.arteypasioncafe.com

Café de la Fonda

À deux pas du Centro de Memoria Paz y Reconciliación (à ne pas louper), cette adresse discrète sert un café merveilleux accompagné d’exquis gâteaux. Calle 24 #19-96. Tél. +57 1 268 4147.

www.cafedelafonda.com

Marchés

Plaza de mercado 7 de Agosto

Célèbre pour ses produits frais débarqués des campagnes, ce marché couvert croule sous les légumes, les graines, les bars et les galettes de maïs. On peut y déguster des cocktails de fruits pimentés d’un crabe. Calle 66 #23-30.

www.plazasdemercado.com/plaza-de-mercado-7-de-agosto

Artesanías de Colombia

Une boutique de cadeaux. Les plus belles productions faites main du pays. Prix un peu élevés mais qualité irréprochable. Chapeaux, bijoux, hamacs, sacs, ponchos, meubles, vaisselle, et de la couleur à foison. Calle 86a #13a-10. Tél. +57 1 691 7149

www.artesaniasdecolombia.com.co

Cut Club

Un coiffeur hyper tendance au cœur de la Zona Rosa, un barbier hipster à souhait. Tatouages à tous les bras et coupe à tour de bras. Calle 83 #14a-09. Tél. +57 1 480 4405.

Mercado de las Pulgas de Usaquén

Ce quartier branché, au nord, s’anime tous les dimanches. Là, entre les étals de sacs et de confiture de goyave, des restaurants bio et des cafés enivrés d’arabica vous accueillent. C’est typique, c’est typé, c’est top. Carrera 6 #119-120. Tél. +57 1 491 1004.

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble
Carnet d'adresses
Vidéo

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S'y rendre

www.airfrance.com

Fréquence des vols

Air France dessert Bogota par 7 vols hebdomadaires au départ de Paris-CDG.

KLM dessert Bogota par 3 vols hebdomadaires au départ d’Amsterdam.

Aéroport d'arrivé

Aéroport international El Dorado.
À 13 km de Bogota. Tél. +57 1 266 2000.
Tél. +57 1 266 2000.

Pour organiser son séjour

La Maison des Amériques latines, spécialiste de la destination, vous propose de nombreux itinéraires. Un circuit de 11 jours et 9 nuits à la découverte de la Colombie, en passant par San Agustín, Cartagena et surtout, Bogota, la ville qui monte. 3, rue Cassette, Paris. Tél. +33 (0)1 53 63 13 40.

www.maisondesameriqueslatines.com

Bureaux Air France KLM

Aux aéroports.

Réservations

— Depuis la France : tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

Location de voitures

Hertz, à l'aéroport.

www.airfrance.com/cars

A lire

Colombie
Lonely Planet.

Colombie Michelin
coll. Guide vert.

Colombie
National Geographic.

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