Peter Bellerby, atelier




Peter Bellerby

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

globes, fait main, aquarelle

Célestes ou terrestres, les globes reçoivent plusieurs couches d’aquarelle, puis une résine protectrice.

globes, fait main, aquarelle

Célestes ou terrestres, les globes reçoivent plusieurs couches d’aquarelle, puis une résine protectrice.

Churchill, globe

Le modèle Churchill mesure 127 cm de diamètre.

vue, appartement, paris

"Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est... sur une hauteur avec un point de vue sur une ville"

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un créateur de globes terrestres et autres sphères de rêves.

Enfant grandi à la campagne, il adorait travailler la terre. Aujourd’hui, Peter Bellerby crée des globes ! Ceux pivotés d’un doigt songeur vers la destination rêvée ou pour vérifier l’exacte place d’une contrée au nom évocateur. En 2008, voulant offrir à son architecte naval de père – qui a travaillé toute sa vie derrière un bureau – un globe terrestre pour ses 80 ans, il décide devant la pauvreté de l’offre et les erreurs constatées d’en réaliser un lui-même. Deux mois et quelques centaines de livres sterling devraient suffire. La réalité (le savoir-faire est perdu, il faut tout réinventer) absorbera deux ans et 200 000 £. Passionné, il installe alors son atelier au nord de Londres, «un lieu béni, aux bonnes vibrations». Homme d’affaires et artisan féru de technique, il forme même ses collaborateurs – seule l’aquarelle lui résiste. Outre les globes de son catalogue, il en personnalise sur commande : les courses hippiques d’Ascot, Moby Dick… Pour chacun, il fait d’incroyables recherches par souci du détail. Son précieux savoir-faire reconquis est arrivé aux oreilles d’Hollywood (pour Hugo Cabret de Scorsese – il s’est bien amusé) et a traversé la Manche : le Louvre lui a demandé une réplique du globe céleste de Coronelli à partir des plaques de cuivre du XVIIe siècle ! Fier, enthousiasmé par l’enjeu, il ignore encore les emprises temporelle et technologique d’un tel projet (environ 4 m de diamètre, 2 tonnes pour l’original). Révolutions en perspective.
 

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… sur une hauteur avec un point de vue sur une ville. Ce peut-être Londres vu depuis Hampstead Heath, Paris au sommet des marches du Sacré-Cœur ou d’un appartement de Montmartre (photo), Florence et son Duomo à l’incroyable coupole admirés depuis Fiesole, ou encore Sienne. J’aime explorer les villes préservées, qui ont une histoire. En vacances, j’ai un jour essayé la plage : je m’y suis ennuyé au bout de deux heures ! Et donc ce fut mon unique expérience. Surplomber une cité permet d’embrasser du regard tout ce que l’homme a bâti, imaginé, structuré, organisé depuis des siècles. Je peux y passer des heures, toujours étonné et admiratif du génie bâtisseur de l’être humain. Enfant déjà, je me plongeais dans des encyclopédies, des sommes sur la nature, le monde, la façon dont les choses fonctionnent – je n’ai jamais aimé les romans.»

© Kasia Bobula for Zwykle Zycie - Bellerby Globemakers - Tom Bunning - Peter Bellerby

Sandra Rey, designer, innovateurs

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Sandra Rey