art, papier, soie
Corps
et âmes

Claudine Drai compose des sculptures en papier de soie sur bronze et sur toile.

âmes, corps

Corps et âmes

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Corps et âmes

À la Biennale de Venise, l’art de Claudine Drai dialogue avec la poésie, la mode et la gastronomie. Du papier de soie, elle fait émerger des formes évanescentes, prêtant vie aux émotions.

Dans l’atelier, et aussi au dehors, Claudine Drai fait monde. Elle ajoute aux êtres et aux choses déjà créés des formes blanches sculptées dans le papier qui figurent un essor, un élan pur : la venue à l’existence d’une émotion qui l’a traversée en silence et qui anime sa main. Il lui importe de ne pas nommer d’abord, au risque de les rapporter à du déjà connu, ces mouvements intérieurs qu’elle change en apparitions diaphanes, fugaces et tenaces, impossibles à oublier dès qu’on les a vues. Frémissements, froissements, chutes, élévations, métamorphoses, passages rapides d’une forme à une autre : la vie vécue au-dedans et dans l’inconnu de soi, «à la lisière de la conscience», à son point d’intensité maximale, se libère dans le geste de sculpter. Elle donne naissance à un peuple de silhouettes – et plus récemment aux Fragments, ces envols que l’on verra au Magazzino Gallery du Palazzo Contarini Polignac de Venise, à l’occasion de la 57e édition de la Biennale.

Seuls les mots du poète, parce qu’ils ne sont plus ceux «de la tribu», selon le terme de Mallarmé, peuvent accompagner le surgissement des formes, les protéger et leur donner une réalité. À Venise, un poème d’Olivier Kaeppelin écrit tout à côté d’un ange de papier de Claudine Drai nous fera souvenir d’autres anges, ceux de nos villes et du cinéma de Pier Paolo Pasolini. C’est au travers de tels échos qu’un monde inédit se structure et se crée, trace son espace propre dans l’univers que nous habitons sans y penser, dans la vie que nous passons trop souvent sans la sentir.

L’exposition Le Lien des mondes rend hommage à des rencontres essentielles pour Claudine Drai, attestant la réalité de ses figures. En goûtant la cuisine de Guy Martin, elle a la «révélation» que le «geste de l’ange» existe aussi dans une saveur mystérieuse par laquelle, si on sait se recueillir en soi, on se sentira traversé. À Venise, le chef propose ainsi des fragments en forme d’hosties dont on explorera le goût. Les silhouettes d’Hubert Barrère, corsetier et brodeur, inhabituellement tenues et harmonieuses, seront d’autres anges, ces «corps sans corps», échappant toujours.

Ensemble, Claudine Drai, Olivier Kaeppelin, Hubert Barrère et Guy Martin proposent une expérience qui sollicitera tous les sens, non pas le seul regard, avec l’espoir qu’on en sorte changé, plus et mieux vivant.

 

Le lien deS mondes

Jusqu’au 27.09. Magazzino Gallery, Palazzo Contarini Polignac. Dorsoduro, 874, Venise.

www.palazzocontarinipolignac.com

© Claudine Drai / ADAGP, Paris 2017. Photo : Charles Duprat, Daphnée Parrot

Agenda

Le lien des mondes

Jusqu’au 27.09.2017

Magazzino Gallery, Palazzo Contarini Polignac. Dorsoduro, 874, Venise.

www.grimaldiforum.com

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