Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs. 
Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages… Ce mois-ci, c’est Jérémy, 9 ans, qui depuis Paris a mis ses images sur les mots de Ximo Abadía.

Pour participer à notre prochaine histoire jeunesse, téléchargez le texte ici
et envoyez-nous votre création à l'adresse suivante :

Air France Magazine, L’histoire du mois, 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris.
Les milles grenouilles

En barque sur le lac
6. Les mille grenouilles par Ximo Abadia

Le minuscules crabes jouent à cache-cache autour des pieds d’Itipulco. Itaki ne dit mot. On n’entend que le lac. Elle saisit la main d’Itipulco et ils se dirigent vers le cœur de l’île. Leurs empreintes se perdent dans l’immense jungle. Le bruissement de leurs pieds nus se mêle au chant d’oiseaux aux couleurs étranges. Des libellules se reposent sur les cheveux d’Itipulco. Derrière les arbres, de petits yeux observent, Itipulco lève la tête et voit des centaines de singes sautant d’une branche à l’autre. Puis ils arrivent à un ancien temple mangé par l’oubli, les lianes en ont repeint les pierres en vert, d’innombrables branches d’arbres géants sont passées par les fenêtres et leurs énormes racines entourent ses murs tels des serpents. Itipulco et Itaki le traversent et de gigantesques têtes de pierre couvertes de mousse sourient à leur passage. Puis ils arrivent au bord d’un lac : sous la surface, mille grenouilles – les gardiennes du temple – les regardent. 

Brusquement le sol bouge, une pluie de feuilles tombe du ciel. Les singes s’enfuient en courant, les grenouilles disparaissent, et déjà on n’entend plus les oiseaux. Il ne reste que le silence et une forte odeur de soufre. Le brouillard les enserre, Itipulco ne voit plus que la main d’Itaki, la serre bien fort, ferme les yeux et ils poursuivent leur chemin. Au bout d’un moment, Itaki s’arrête, Itipulco rouvre les yeux, regarde le ciel et, ébahi, découvre un immense volcan pleurant une lave jaune. Il regarde sa sœur. Elle n’est plus la même : sa peau pâle reprend des couleurs, ses yeux transparents sont maintenant indigo et ses cheveux couleur de nuit sont rouge feu. Elle est belle.

– Où va-t-on ? demande-t-il fébrilement. 

– Dans le volcan, lui répond Itaki. À suivre. 

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