Cette année, que vous soyez petit ou grand enfant, illustrez librement  les chapitres de cette histoire racontée à tour de rôle par six auteurs.  Votre dessin sera peut-être publié dans nos pages… Ce mois-ci, c’est Adélaïde, 8 ans, qui depuis Paris a mis ses images sur les mots d’Alex Cousseau. 

L'île aux fantômes

En barque sur le lac
5. L’île aux fantômes

Le soir suivant, l’Oiseau Luciole survole une île voisine. Itipulco le suit des yeux, il a compris que son ami le conduira jusqu’à sa sœur. «Je dois faire les choses par étapes, se dit-il. D’abord trouver ma sœur, et seulement ensuite aller délivrer notre mère.» C’est ainsi qu’il quitte son île, la bien nommée île du Soleil, ronde et dorée au milieu du lac d’un bleu d’azur, pour rejoindre non loin  de là un confetti de terre qui semble inhabité. L’île de la Lune. Depuis la nuit des temps, on raconte que les fantômes se cachent ici, à l’abri des hommes. Itipulco accoste sur une plage entre les rochers gris aux reflets d’argent.  Une fille l’attend, assise sur le sable blanc. C’est Itaki. C’est sa sœur.

– Tu vis parmi les fantômes ? s’étonne Itipulco.

– Parce que je suis à moitié un fantôme, répond Itaki en souriant. C’est gentil de venir me voir !

– Désolé de n’être pas venu avant, s’excuse Itipulco. Personne ne m’avait jamais parlé de toi.

– Normal, lui explique Itaki. Nous avons la même mère, mais pas le même père. Le tien est  le dieu Inti, le mien était un simple pêcheur. Plutôt que de vivre dans ton ombre, j’ai préféré venir ici. J’y suis tranquille, en bonne compagnie.

Itipulco frissonne. Sa sœur a des allures de fantôme. La peau claire, les yeux transparents,  et les cheveux couleur de nuit. À ses côtés, on sent s’animer plusieurs présences invisibles.

– J’ai besoin de toi, finit par avouer le jeune Indien. Notre mère Akayaka est prisonnière…»  À suivre.

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