Porto
Jours tranquilles
en 10 raisons

Casa da Música de Rem Koolhaas, sur les hauteurs de Boavista.

Porto
Jours tranquilles
en 10 raisons

Sur les bords du Douro, enveloppé par ses brumes, Porto semble se complaire dans une solennité austère, comme s’il refusait de se faire aimer au premier regard. Il faut savoir contourner cette sévérité et l’aborder en douceur, du côté de la promenade buissonnière, par le bord de l’eau. En famille, à tous âges, chacun y trouvera alors ce qu’il est venu chercher, et bien plus encore.

1.

Sur le lit doré du fleuve

Les Portuenses l’ont baptisé «la tour Eiffel couchée» de Porto. D’abord parce qu’il est sans aucun doute le monument le plus photographié de la ville. Ensuite parce que le monde entier pense (par erreur) que l’ingénieur français l’a construit. En vérité, c’est Théophile Seyrig, l’un de ses disciples, qui a bâti le spectaculaire pont Dom-Luís-Ier, entre 1881 et 1886, alors que Gustave Eiffel avait imaginé le pont Maria-Pia situé un peu plus en amont. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, cette vigie métallique qui enjambe le Douro relie Ribeira, le quartier médiéval de Porto, à la commune de Vila Nova de Gaia où quelques vins précieux vieillissent lentement dans les chais. L’été, les enfants demandent une pièce aux touristes pour sauter du premier niveau du pont, imitant ainsi ceux du film de Manoel de Oliveira Aniki-Bóbó (1942).

2.

Échappée au musée

Pas étonnant que cette institution culturelle soit devenue le lieu de balade préféré des Portuenses ! La Fundação de Serralves combine la fameuse maison rose, remarquable exemple du style «paquebot» Art déco, bâtie par le comte Carlos Alberto Cabral (une rétrospective Joan Miró y est en cours) et le musée d’Art contemporain – le tout premier du Portugal – avec ses collections d’avant-garde. Un seul billet suffit pour visiter les deux musées. Pour ceux qui sont hermétiques à l’art (et pour les enfants), le parc de 18 hectares vient ajouter au plaisir de l’œil : un jardin à la française, une roseraie, une petite ferme (avec quelques animaux), un carré de camélias, un lac miniature et des bassins turquoise qui cascadent, en font un terrain de jeu idéal.

Fundação de Serralves

Rua Dom João de Castro, 210. Tél. +351 22 615 6500.

www.serralves.pt

3.

Rayons enchantés

En suivant le tracé du somptueux plancher en marqueterie et en passant sous l’immense verrière zénithale, on a le sentiment d’entrer dans un lieu de culte néogothique. Inaugurée en 1906, cette «cathédrale des livres» abrite plus de 60 000 volumes en portugais, en espagnol, mais aussi en anglais et en français. Peu à peu, la librairie s’est muée malgré elle en lieu de pèlerinage pour les fans d’Harry Potter (on doit désormais payer 4 € pour y entrer, somme déduite du prix du livre que l’on achète). L’écrivain J.K. Rowling, qui a séjourné à Porto au début des années 1990, était une cliente fidèle et aurait puisé dans les boiseries sculptées, l’escalier à double volée et les étranges candélabres, l’inspiration architecturale de son roman phénomène.

Livraria Lello

Rua das Carmelitas, 144. Tél. +351 22 200 2037.

www.livrarialello.pt

4.

L’heure du bain

C’est sans doute la plus vieille savonnerie du Portugal. Fondée en 1887 par Ferdinand Claus et Georges Schweder (deux Allemands) et rachetée un peu plus tard par leur comptable Achilles de Brito, cette pépite de la culture portugaise avait une admiratrice prestigieuse en la personne de Coco Chanel. Depuis cent trente ans, Claus Porto fabrique artisanalement des pains de savon (enrichis de 2% de beurre de karité), emballés dans des papiers aux imprimés Belle Époque pleins de charme. Cette marque ne cesse de se réinventer : en embauchant d’abord la parfumeuse britannique Lyn Harris pour composer de nouvelles fragrances et en ouvrant son premier pop-up store à Porto. Un musée de poche et un salon de thé verront bientôt le jour au deuxième étage.

Claus Porto

Rua das Flores, 22. Tél. +351 91 429 0359.

www.clausporto.com

5.

Tous à l’eau !

Porto est caressé par les embruns. Si le cœur de la ville est bercé par le «fleuve d’or», l’extrémité ouest plonge ses pieds dans l’Atlantique et les plages sont nombreuses qui donnent sur les élégantes avenues de Montevideu et Brasil, desservies en quinze minutes depuis le centre par l’Eléctrico no1 (le tram). La praia do Molhe et ses faux airs de Miami (pergola années 1930 et palmiers) est probablement la plus chic et la praia de Matosinhos de loin la plus populaire. C’est là que toutes les générations viennent tutoyer les vagues démesurées, histoire de rappeler une bonne fois pour toutes que Porto est l’une des meilleures scènes de surf d’Europe.

Fish Surf School

Praça da Cidade do Salavador / Pctª. Manuel Carlos Seabra Monteiro, 13, Praia de Matosinhos. Tél. +351 91 608 2218.

Elle accueille les enfants à partir de 6 ans et ses professeurs parlent anglais et français.

www.fishsurfschool.com

6.

Murs à secrets

Porto n’a pas la beauté lisse et orgueilleuse de Lisbonne. Dans l’austérité de sa pierre granitique, de ses façades sombres quelque peu décrépites et de sa brume sévère, la deuxième ville du Portugal donne l’impression de s’être longtemps négligée, probablement par manque de confiance en elle. Ce n’est pas un hasard si le mot baroque vient du portugais barroco, qui désigne en joaillerie la perle irrégulière. Ville tourmentée à la mélancolie obsédante, si Porto ne se trouve pas beau, il tire pourtant l’essentiel de sa séduction de ses malfaçons, de ses étrangetés, de ses belles infirmités, de ce que ses habitants nomment «ses glorieux désordres» : ses maisons usées et ses ruines splendides, en tension presque chorégraphique avec la flamboyance de ses azulejos, disséminés par pointillés ou par nappes, comme ici sur les murs de la Capela das Almas.

7.

Ville éclose

De la Chine impériale où il a vu le jour, le camélia a su s’acclimater à l’air de Porto jusqu’à devenir son emblème. C’est au XIXe siècle qu’il essaime sous la main de José Marques Loureiro, célèbre horticulteur, qui créa une grande partie des variétés qui existent aujourd’hui, notamment celle baptisée cidade de Porto. C’est grâce à lui que cette fleur surgit un peu partout, dans le moindre square, dans les allées du Jardim Botânico, et même sur les azulejos qui décorent les édifices de la Praça de Carlos Alberto. Séduit par la beauté de cette belle de l’hiver, le poète Giosuè Carducci écrit en 1849 que «Porto est une rivière qui coule entre les camélias». Comme un avant-goût de printemps, le camélia est fêté au mois mars : Porto lui consacre expositions, concerts et installations en tous genres une semaine durant.

jardim botânico

Rua do Campo Alegre, 1191.

www.jardimbotanico.up.pt

8.

Terrain de culture

De mémoire de l’art, on a rarement vu telle concentration de galeries et de boutiques de design au mètre carré. La rue Miguel-Bombarda est bordée de galeries d’art contemporain (tout juste séparées par quelques restaurants bio, concept stores alternatifs et espaces de co-working) : Trindade, BOA, São Mamede, Presença ou Papa-Livros, la galerie-librairie pour les petits imaginée par Adélia Carvalho (ci-contre). La rue grouille de monde six fois par an à l’occasion des inaugurações simultâneas, les vernissages communs du samedi (ça se passe à partir de 16h). L’entrée est gratuite et les Portuans s’y baladent en famille dans une ambiance conviviale. Il faut assister une fois à ces festivités pour comprendre que Porto n’a pas volé sa réputation de ville de culture.

Galeria Trindade

Rua Miguel Bombarda, 200. Tél. +351 96 909 2109.

www.galeriatrindade.co.pt

Bombarda oficinas de Artes (BOA)

Rua Adolfo Casais Monteiro, 59. Tél. +351 91 748 2723.

São Mamede

Rua Miguel Bombarda, 624. Tél. +351 93 438 8500.

www.saomamede.com

Galeria Presença

Rua Miguel Bombarda, 570. Tél. +351 22 400 5050.

www.galeriapresenca.pt

Papa-Livros

Rua Miguel Bombarda, 523. Tél. +351 22 093 1549.

9.

Petit plat bon enfant

Un séjour à Porto manque un peu de saveur si l’on n’a pas goûté à la francesinha (petite française, en portugais). À mi-chemin entre le welsh (plat du Nord) et le sandwich, voilà l’un des plats les plus populaires et les plus caloriques de la gastronomie lusitanienne. Elle aurait été inventée dans les années 1950 par un dénommé Daniel David Silva, qui tomba amoureux du croque-monsieur lors d’un séjour en France, et décida de le réinventer en superposant du pain, de la mortadelle, de la saucisse fumée, du bœuf, du jambon, du fromage, encore du pain, de l’œuf et puis du fromage. Orlando Ribeiro, gérant du restaurant Cervejaria Brasão qui sert, dit-on, la meilleure francesinha de la ville, a accepté de nous révéler les ingrédients de la sauce (sans les proportions) : vin blanc, bière, porto, oignons, ail, laurier, lait, moutarde, Maïzena et pulpe de tomates. Le dessert ne s’impose pas !

Cervejaria Brasão

Rua Ramalho Ortigão, 28. Tél. +351 93 415 8672.

www.brasao.pt

10.

Un air de famille

Réputé pour ses formes radicales, l’archi doué Rem Koolhaas n’a pas déçu ses inconditionnels lorsqu’il a imaginé cette histoire de «météorite tombée sur une ville endormie». Étrange caillou déposé sur les hauteurs de la ville, la Casa da Música accueille toutes les musiques et tous les âges et est devenue l’un des lieux de rendez-vous les plus courus. Dans sa chute symbolique, le gros caillou blanc percé de verre a provoqué deux grandes vagues de béton où viennent se défier skaters et «BMXistes». Les deux auditoriums (1 300 et 300 places) accueillent aussi bien des couples fous d’opéra que des familles venues écouter les concertos pour bébés. Et une fois par mois, une grande nuit clubbing rassemble 2 000 personnes dans la maison de la musique.  

Casa da MÚsica

Avenida da Boavista, 604-610. Tél. +351 22 012 0220.

www.casadamusica.com

Pestana Palácio do Freixo

Bien à l’écart du tumulte de la ville, cet hôtel 5 étoiles capitonné de bonnes manières réunit deux bâtiments historiques : un palais baroque du XVIIIe et un moulin du XIXe à la façade rose (87 chambres). Cerné de jardins à la française inspirés de ceux de Versailles, il offre l’un des panoramas les plus spectaculaires sur le Douro, surtout quand on a la chance de faire quelques longueurs dans la piscine à débordement.

Pestana PalÁcio do Freixo

Estrada Nacional, 108. Tél. +351 22 531 1000.

www.pestana.com/fr/hotel/freixo-palace

M-Maison Particulière

Si l’art de l’hospitalité cherchait encore son écrin, il l’a trouvé dans cette Maison Particulière, ni tout à fait hôtel de la vieille ville, ni vraiment maison d’hôtes. Maria et Marco, mère et fils, tous deux nés à Porto, ont rêvé cette demeure de famille qui se niche dans un palais du XVIe siècle totalement réhabilité (trois ans de travaux au menu !) et meublé avec un goût infini. Imaginez que dans chacune des 10 suites, décorées dans un style néoclassique français, vénitien ou japonais, on a la chance d’admirer des lithographies originales de Joan Miró.

M-Maison Particulière

Largo de São Domingos, 66. Tél. +351 22 766 1400

www.m-porto.com

© Rem Koolhaas / ADAGP Paris 2017 © Rem Koolhaas / ADAGP Paris 2017 - Courtesy of @world.of.a.unicorn
Alcohol abuse is harmful to your health. Drink in moderation.

Article suivant

Kiev
Malichka !

Carnet d’adresses

Fundação de Serralves

Rua Dom João de Castro, 210. Tél. +351 22 615 6500.

www.serralves.pt

Livraria Lello

Rua das Carmelitas, 144. Tél. +351 22 200 2037.

www.livrarialello.pt

Claus Porto

Rua das Flores, 22. Tél. +351 91 429 0359.

www.clausporto.com

Fish Surf School

Praça da Cidade do Salavador / Pctª. Manuel Carlos Seabra Monteiro, 13, Praia de Matosinhos. Tél. +351 91 608 2218.

Elle accueille les enfants à partir de 6 ans et ses professeurs parlent anglais et français.

www.fishsurfschool.com

jardim botânico

Rua do Campo Alegre, 1191.

www.jardimbotanico.up.pt

Galeria Trindade

Rua Miguel Bombarda, 200. Tél. +351 96 909 2109.

www.galeriatrindade.co.pt

Bombarda oficinas de Artes (BOA)

Rua Adolfo Casais Monteiro, 59. Tél. +351 91 748 2723.

São Mamede

Rua Miguel Bombarda, 624. Tél. +351 93 438 8500.

www.saomamede.com

Galeria Presença

Rua Miguel Bombarda, 570. Tél. +351 22 400 5050.

www.galeriapresenca.pt

Papa-Livros

Rua Miguel Bombarda, 523. Tél. +351 22 093 1549.

Cervejaria Brasão

Rua Ramalho Ortigão, 28. Tél. +351 93 415 8672.

www.brasao.pt

Casa da MÚsica

Avenida da Boavista, 604-610. Tél. +351 22 012 0220.

www.casadamusica.com

Pestana PalÁcio do Freixo

Estrada Nacional, 108. Tél. +351 22 531 1000.

www.pestana.com/fr/hotel/freixo-palace

M-Maison Particulière

Largo de São Domingos, 66. Tél. +351 22 766 1400

www.m-porto.com

Restaurants & bars

Dop

Logée dans l’ancien Palacio das Artes, datant du XIIIe siècle, la table du bouillonnant chef Rui Paula ne désemplit pas. Sa cuisine de haute voltige réinterprète tous les plats traditionnels en jouant le contre-pied ou le trompe-l’œil. Largo de São Domingos, 18. Tél. +351 22 201 4313.

www.ruipaula.com

Praia da Luz

Avec son atmosphère lounge très cool, c’est le bar de plage du moment. Il y a des transats, des poufs confortables, de la musique, de délicieux calamars grillés et on a presque les pieds dans l’eau. Idéal aussi pour un apéritif au coucher du soleil. Avenida Brasil. Tél. +351 22 617 3234.

www.praiadaluz.pt

ANTIQVVM

Juste sous le Museu Romantico, cette table gastronomique (une étoile Michelin) à la cuisine inventive est presque intouchable le soir. On peut y venir pour le déjeuner en semaine ou simplement pour déguster un verre de porto avec la plus belle vue sur le Douro. Rua de Entre-Quintas, 220. Tél. +351 22 600 0445.

www.antiqvvm.pt

Galeria de Paris

Installé dans le quartier branché de Clérigos, ce bar bohème vaut par son ambiance, ses bières excellentes et sa déco : des babioles rangées dans d’immenses vitrines et une Fiat 500 accrochée au mur ! Rua da Galeria de Paris, 56. Tél. +351 22 201 6218.

Shopping

Muuda

Un mini-concept store qui propose une belle sélection d’artisanat et de design local. Rua do Rosário, 294. Tél. +351 22 201 1833.

www.muuda.com

Armazém

Cet ancien entrepôt de vin réhabilité, perdu dans un quartier un peu oublié, abrite le temple des rééditions de produits rétro. Rua de Miragaia, 93.Tél. +351 22 201 1702.

À découvrir

Estação São Bento

Voilà une gare qui donne envie de rater son train ! Construite en 1896 sur les ruines du monastère São Bento qui lui a donné son nom, cette gare est d’abord un musée : les murs intérieurs de la salle des pas perdus sont couverts de 20 000 carreaux d’azulejos qui représentent des scènes folkloriques et quelques tableaux historiques du XIIe au XVe siècle. Il faut la traverser en début d’après-midi lorsque les rayons du soleil viennent illuminer les fresques.

Mercado do Bolhão

Inauguré en 1914, ce marché rustique (en voie de réhabilitation), avec ses pavillons néoclassiques, est un haut lieu et la meilleure vitrine de la gastronomie portugaise, dont notamment la charcuterie : on y achète la plus belle saucisse fumée Transmontana. Rua Formosa, 214. Tél. +351 22 332 6024.

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble
Carnet d'adresses

S'y rendre

www.airfrance.com

FRÉQUENCE DES VOLS

Air France dessert Porto jusqu’à 6 vols par semaine (en été) au départ de Paris-CDG.

KLM dessert Porto par 3 vols quotidiens au départ d’Amsterdam.

AÉROPORT D'ARRIVÉE

Aéroport Porto-Francisco Sá-Carneiro.
À 11 km.
Tél. +351 22 943 2400.

BUREAUX AIR FRANCE KLM

À l’aéroport.

Organiser son séjour

Office national du tourisme du Portugal.

www.visitportugal.com

RÉSERVATIONS

— Depuis la France : Tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

Location de voiture

Hertz, à l'aéroport

Tél. +1 650 624 6600.

www.airfrance.com/cars

À LIRE

Porto
San Francisco Gallimard, coll. Cartoville.

Portugal
Gallimard, coll. GEOguide.

Portugal
Gallimard, coll. Bibliothèque du voyageur.

Le Goût du Portugal
Mercure de France, coll. Le petit mercure.

In the Mood For…Porto
Audreu Nait-Challal (en vente sur le site www.inthemoodfor.tictail.com).

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle.