Kiev
Malichka !

Nihitin cienis que conem por ate nesed molum.

Qui re poribus dolestis alitat que vel.

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Été comme hiver, les habitants s’approprient les bords du fleuve.

Une performance au Jardin botanique M.M. Gryshko (à gauche).

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Devant le monastère de laTrinité-Saint-Jonas.

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L’Arche de l’amitié, bâtie en 1954 sur les rives du Dniepr.

Après avoir glissé un jeton dans la borne de contrôle du funiculaire, nous entendons la conductrice crier : «Malichka !»

Au début, nous n’y faisons pas trop attention. Le nez en l’air, pourtant, la femme insiste. Sur le quai, devant la cabine de pilotage, on dirait qu’elle cherche quelqu’un de l’autre côté des voies. Malichka : quelque chose comme «mon petit chou». Le funiculaire est encore à l’arrêt et la femme appelle de plus belle – il y a une sorte d’urgence dans la voix. Plus encore qu’avant, elle guette.

Avec Nich, le photographe qui m’accompagne, nous voulons aller jusqu’au Jardin botanique M.M. Gryshko. On nous a dit que le parc est l’un des plus beaux de Kiev et que beaucoup d’arbres y sont en ce moment en fleur. Tandis que nous regardons le Dniepr en contrebas, voilà que la dame prononce encore ce mot, malichka. Mais, cette fois, après l’appel, il y a comme un soupir joyeux : visiblement, elle a enfin trouvé.

Alors elle sort de sa poche une poignée de graines et un petit oiseau gris et jaune plonge vers elle pour manger dans sa paume grande ouverte. Malichka : c’est à l’oiseau que ce nom s’adressait. Très vite, d’autres le rejoignent. Dessinant des boucles au-dessus des voies, on dirait qu’ils attendent leur tour.

Mais voilà qu’une sonnerie retentit – il est temps pour la rame de repartir. Alors la femme dépose les graines sur le tableau de bord, elle s’installe aux commandes et les portes du funiculaire se referment. Toutes les portes, sauf la sienne. C’est que, tout en conduisant, elle parle à l’un des oiseaux qui s’efforce d’avancer au même rythme qu’elle. Il ne veut pas risquer de la perdre, alors il vole tout en tournant sur lui-même – comme s’il dansait. En bas de la côte, lorsque le funiculaire s’arrête, la femme sort de nouveau de sa cabine et les oiseaux qui l’ont suivie poursuivent leur repas. Toujours dans sa main ouverte, comme suspendus au-dessus du quai.

Nous devrions continuer notre route – après le funiculaire, prendre un bus pour aller jusqu’au parc, comme prévu. Mais la scène nous retient. Alors nous courons acheter d’autres jetons pour remonter sur la butte – avant de redescendre avec la dame aux oiseaux.

Colline

Le Jardin botanique, nous finissons par y arriver. Dans l’un d’entre eux du moins, car Kiev en compte deux.

Dans la serre tropicale, nous faisons la connaissance de Faïna, qui est là avec ses parents. L’enfant n’a pas encore 10 ans, mais elle parle russe, ukrainien, anglais et français. Successivement, son père l’interroge dans ces quatre langues et la petite fille répond en passant de l’une à l’autre avec une aisance surprenante – comme s’il s’agissait d’un jeu, d’une sorte de marelle linguistique.

Puis nous sortons, décidés à monter sur la colline qui se trouve juste derrière la serre.

Après avoir fait quelques mètres, bien que nous soyons en hauteur, nous ne voyons plus l’abri de verre avec les fleurs exotiques. Pas plus que le reste de la ville, d’ailleurs. C’est que sur la colline il y a plein de petits tertres que la végétation recouvre entièrement. Autour de nous, ce sont des herbes hautes avec, ici et là, de grandes touffes d’iris des marais. Des charmes et des frênes font comme un rideau de verdure. Soudain, c’est la campagne – à croire que la ville a disparu.

À Gryshko comme dans tant d’autres endroits, on dirait que Kiev cherche à oublier qu’elle est une grande ville. À moins que ce ne soit le contraire. Qu’il ne s’agisse pas d’oubli mais de mémoire. Que dans ce parc, Kiev tienne à se souvenir de ce qui l’a précédée. Du paysage d’avant la pierre, le béton et les routes.

Tout en haut du vallon, derrière un bosquet, nous voyons apparaître plusieurs clochers à bulbe dans des couleurs brunes, toujours surmontés de grandes croix dorées – c’est le monastère de la Sainte-Trinité-Saint-Jonas qui se trouve au centre du Jardin botanique. Quelques moines se dirigent vers la bâtisse – depuis notre poste d’observation, on voit leur tunique noire se découper sur un autre rideau de verdure.

Puis nous pénétrons dans l’église. Dans une petite salle voûtée, en sous-sol, nous restons en arrêt devant l’étrange icône de Marie aux trois mains.

U kraina 

J’ai lu quelque part que le nom Ukraine signifiait à l’origine «pays frontalier» – terre de la marge. U kraina. J’y repense à mesure que je découvre Kiev. Ville du bord et de la lisière. C’est qu’on est ici aux confins de l’espace urbanisé. Dans une grande capitale qui a su garder un pied dans le monde sylvestre.

Il y a un équilibre rare et une forme de magie là-dedans.

Fantôme

Comme dans le musée Mikhaïl Boulgakov.

Mort à Moscou en 1940, Boulgakov est l’auteur de La Garde blanche et du fascinant Maître et Marguerite. Un musée est installé dans la maison où il vécut jusqu’à ses 20 ans, au numéro 13 de la descente Saint-André.

L’espace est relativement réduit et les objets qui y sont exposés peu nombreux. Mais avec ses pièces aux murs blancs, grâce à un jeu de lumières et de reflets, la maison est habitée d’une étrange présence. Tania, la femme qui nous fait visiter les lieux, s’amuse de notre trouble. Soudain, elle se met à parler de l’écrivain comme s’il était toujours vivant. Là, près de nous. Ou juste derrière cette porte – la visite, elle le sait, tient de l’initiation. Avec Tania, nous apprenons à guetter le fantôme de Boulgakov. Lorsque la bâtisse se referme derrière nous, nous sommes certains de vouloir y retourner. Car il ne suffit pas d’avoir tout vu dans la petite maison du 13 de la descente Saint-André pour en avoir fait le tour.

Dehors, non loin de la porte d’entrée, une statue représente l’écrivain assis, les bras croisés. Quelques personnes font la queue pour être photographiées à ses côtés. Assise sur ses genoux, une femme tient l’homme de métal par l’épaule. Avant de laisser sa place au suivant, elle embrasse la statue sur la joue et dit, sérieuse et amusée à la fois : «Ne sois pas si triste, Mikhaïl, je reviendrai, tu verras.»

Sable

Depuis la laure de Kievo-Petchersk, le Dniepr est imposant – il court au fond de la vallée entre les arbres et les plages de sable fin qui soulignent le contour des îles. De là-haut, on voit aussi la rive gauche et ses immeubles modernes. Au pied des coupoles dorées du monastère, le paysage se lit autour du fleuve.

Mais je crois que c’est au bord de l’eau que je préfère le Dniepr. Sur la plage, assise sur le sable, juste en face d’Hydropark, parmi les baigneurs. Certains sont là pour la journée, mais d’autres pour quelques minutes à peine, rien que pour piquer une tête avant de reprendre le travail.

Sur la langue de sable qui avance dans l’eau, sur l’île qui nous fait face, deux pêcheurs se sont installés au pied des saules. Un homme est debout à côté d’eux et il les regarde faire. Si l’on s’en tient à ce bout de paysage, on pourrait se croire au milieu de la nature la plus sauvage. Ou à une autre époque, car cette bande de sable, sur l’autre rive, n’est pas du tout aménagée.

De temps en temps, l’homme debout à côté des pêcheurs détourne la tête – on dirait que par moments il ne s’intéresse plus du tout à ce qui les occupe, qu’il veut même oublier que les deux autres sont là. Son regard se perd alors sur les arbres qui sont pour lui sur la rive d’en face, c’est-à-dire de notre côté. Pour l’homme aussi, je sais bien que tout est question de cadrage. Qu’à certains endroits, la rive du Dniepr où nous nous trouvons, Nich et moi, offre également l’occasion de s’imaginer en pleine nature. À des kilomètres de toute zone habitée.

Mais il suffit de faire quelques pas pour que la ville réapparaisse. Ou de lever les yeux, tout simplement.

Lieu d’écriture

À Kiev, c’est toujours dehors que j’ai écrit. J’ai griffonné quelques notes sur un banc, dans le parc de la cathédrale Sainte-Sophie, devant des clochers vert et or. Puis adossée à un mur bleu lavande, dans l’enceinte de Saint-Michel-au-Dôme-d’Or, cette fois – une fenêtre était ouverte et dans l’église on entendait un chœur d’hommes chanter a cappella. Dès que j’ai découvert la ville, j’ai su que je ne choisirais pas un lieu unique pour ouvrir mon petit cahier. J’ai voulu tester tous ceux qui se sont présentés à moi. J’ai aussi écrit à Hydropark, dans le gymnase en plein air, devant des appareils fabriqués avec des débris de vieilles machines industrielles et des rouages recyclés. Puis dans l’enceinte de la laure de Kievo-Petchersk, sur les hauteurs, avec le Dniepr au fond du paysage. Et tout près de l’eau, le dernier jour, sur la plage – les pieds enfoncés dans le sable.

Intercontinental Kiev

Quelle allure, dès le hall d’entrée ! L’hôtel peut paraître imposant avec ses 272 chambres, mais grâce à ses salons il sait rester chaleureux et intime. Il est idéalement situé, tout près de Sainte-Sophie et de la silhouette bleu, blanc et or du monastère Saint-Michel-au-Dôme-d’Or. La restauration y est exceptionnelle – particulièrement celle du grand restaurant Comme Il Faut. Et en fin de journée, après avoir passé des heures à sillonner la ville, le sauna et la piscine tombent vraiment à point nommé…

Intercontinental Kiev

2A Velyka Zhytomyrska Street. Tél. +380 (0)44 219 1919.

kyiv.intercontinental.com

Eleven Mirrors

Un homme en haut-de-forme nous accueille à l’entrée, devant une immense baie vitrée, puis nous découvrons un salon contemporain avec une belle bibliothèque… L’endroit a des allures de maison raffinée. Eleven Mirrors est un hôtel design, dit-on. Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste ? Que le moindre objet de décor y a été choisi avec soin et amour. Et c’est drôlement réussi. Demandez l’une des chambres sur rue du dernier étage – la vue sur la cathédrale Saint-Vladimir et sa grande coupole dorée est époustouflante.

Eleven Mirrors

34A Bogdana Khmelnytskogo Street. Tél. +380 (0)44 581 1111.

www.11mirrors-hotel.com

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La Danse de l’araignée (2017)
et les précédents romans de Laura Alcoba sont publiés aux éditions Gallimard.

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