Renaud Capuçon

Renaud Capuçon

La 5 édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence se tient du 10 au 23 avril dans divers lieux de la ville, pour une vingtaine de concerts.

La 5 édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence se tient du 10 au 23 avril dans divers lieux de la ville, pour une vingtaine de concerts.

Musikverein de Vienne

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un violoniste virtuose et directeur artistique du festival de Pâques.

Violoniste, directeur artistique et père, Renaud Capuçon ne court plus, mais gère son temps sans s’économiser. «Puissance impressionnante», la scène est son terrain de jeu (120 concerts par an), un lieu pour se connaître puis lâcher prise, expérimenter et se sentir complètement lui-même. Créer à plusieurs et réunir des gens : ce partage l’a ancré dans la musique, une langue qui densifie l’existence. La magie de la scène, il l’a découverte par Carlo Maria Giulini. Alors qu’il interprétait la 9e Symphonie sous sa direction, il eut la sensation de décoller ! Il avait 19 ans. Comme pour le chant, la respiration fait le jeu, la battue du chef d’orchestre règle le souffle et connecte l’orchestre à la partition. Outre la technique, Capuçon transmet cette aspiration à de jeunes violonistes et confie qu’enseigner le fait progresser. Il joue le Guarneri qui fut celui d’Isaac Stern, «le violon de sa vie». Une conviction dès les premières notes, avec «cette impression de passer de 3 couleurs à 1 million». Il le fait chanter sur des œuvres choisies : de Bach à Dusapin ou Mantovani… toujours en quête de sa propre couleur sonore. Il aime les affiches variées, la souplesse et la curiosité. Ces énergies l’animent quand il construit les programmes des festivals, dessinant une histoire d’un concert à l’autre. Dans de petites formations, il lui arrive aussi de diriger – chef d’orchestre, «l’art organique qui façonne la musique». Capuçon a le souffle du conteur généreux.

 

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… le Musikverein de Vienne, la salle de concert où je me suis le plus produit – deux à trois fois par an depuis vingt ans. Brahms y a créé ses œuvres, tous les grands compositeurs y ont joué : elle est très inspirante, avec une aura, de bonnes ondes et ses pupitres encore en bois. Comme elle est en partie vitrée, elle est baignée de lumière du jour ! C’est rare. C’est le lieu le plus emblématique de mes bonheurs musicaux, des concerts entendus. Une harmonie musicale en soi. J’y ai donné mon premier concert de violon solo, avec l’orchestre, sous la direction de Claudio Abbado.» [NDLR ce dernier avait créé en 1986 à Vienne le Gustav Mahler Jugendorchester.]

© Caroline Doutre - Simon Fowler / Erato Warner / Classics - Renaud Capuçon

Article suivant

Jean-Claude Biver