Grand Tour
boréal

L’édition 2017 de cette compétition se tiendra du 10 au 13 août.

Quelque 120 participants s’élancent quatre jours durant à la conquête du Grand Nord norvégien, sprintant parfois sur le cercle polaire.

L’Arctic Race of Norway est la course cycliste la plus septentrionale au monde, devenant, au-delà du folklore, un événement sportif de haut vol et le porte-drapeau d’une région méconnue.

Il fallait certainement être un peu fou pour organiser une course cycliste au nord de la Norvège, où même l’été rappelle régulièrement à l’imprudent et à l’optimiste que «cercle» s’unit ici avec «polaire». Ou bien suffisait-il d’avoir les yeux grands ouverts : des routes superbes, des cols abrupts, des lignes droites propices aux sprints et une population discrètement attachée à la petite reine, qui s’est rapidement prise de passion pour l’événement.

Enthousiasme en chaîne

Depuis cinq ans, la course déroule ses paysages d’une beauté sauvage, dénués de feinte coquetterie : cieux dans lesquels se noyer, forêts généreuses, toundra brute, îles essaimées par dizaines, plus ou moins désertes, glaciers aux cent nuances de blanc, fjords majestueux… Longeant la côte au niveau de la mer, s’élevant au-dessus de celui-ci pour des finish musclés et harassants, tutoyant les neiges éternelles, les routes sont aussi belles qu’exigeantes pour les coureurs – et pour les spectateurs, de plus en plus nombreux à se retrouver sur les bas-côtés.

Emmitouflés et souvent munis de drapeaux qu’ils agitent frénétiquement, vêtus d’amusants déguisements, tentant de battre d’improbables records du monde, mettant en avant les traditions et les costumes régionaux, campant et ripaillant dans une joyeuse convivialité, ils savent réchauffer l’ambiance alors même que la température dépasse parfois péniblement les 10 degrés (bien que l’on soit en plein mois d’août). Rien ne les décourage et, comme lors des compétitions plus célèbres, c’est au sommet d’un col que l’on mesure leur engouement de supporters. Malgré le froid et la pluie qui vient cingler les visages, le public est fidèle, chante et encourage chaleureusement ses coureurs, éprouvés par une étape dont ils n’avaient sans doute pas mesuré la difficulté. Professionnelle et concurrentielle, l’Arctic Race of Norway préserve aussi son esprit bon enfant entre compétiteurs. Rares sont les courses de cette envergure qui voient leurs athlètes chahuter avant le départ ou se dépasser pour cette surprenante dotation, promise lors d’une étape de montagne à un puissant grimpeur : rien de moins que 500 kg de saumon, la spécialité norvégienne.

Horizons de quiétude

Une fois le peloton passé, la sérénité s’empare à nouveau des lieux. Le rythme ralentit, le cycliste amateur se réapproprie les routes, sillonne les pistes aménagées à l’écart des axes principaux et emprunte les ferrys pour circuler d’un îlot à un autre. Il trouvera partout des endroits accueillants où planter sa tente et s’adossera, pour une sieste, à ces maisons bardées de rouge qui ponctuent la région. Entre juin et août, les journées n’en finissent pas de s’étirer et, lorsque le soleil rebondit sur la mer, les paysages se drapent d’une lumière dorée qui vaut toutes les médailles.

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