Thomas Dariel

Thomas Dariel

Bougeoir Paris-Memphis n°6 (hommage au groupe fondé par Sottsass)

Showroom de Shanghai.

Suspensions Little Eliah.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un designer et architecte d’intérieur qui joue avec les sphères sur tous les tons.

Père architecte, grand-père musicien, arrière-grand-père designer auprès de Mallet-Stevens et aïeux à l’origine du crayon de couleur… Thomas Dariel a, lui, beaucoup voyagé et vécu enfant aux États-Unis – sa façon de penser en reste habitée. Admiratif du savoir-faire français classique, il a également acquis le pragmatisme et le dynamisme chinois. Après dix ans dans l’empire du Milieu, où il a créé une école de design lors des années croisées France-Chine, Dariel repose en 2017 un pied à Paris (où il est né). Entre-temps, il a fondé à Shanghai un studio d’architecture d’intérieur, conduit quelque 120 projets et lancé Maison Dada, pour éditer ses créations aux couleurs affirmées, plus œuvres qu’objets, auxquelles il donne des noms-programmes (Object of Discussion, Off the Moon…). Comme les Dada, il cultive l’inattendu et une insolence porteuse de liberté. Petit, il adorait le farfelu, les objets inutiles, la fantaisie dans le sérieux, et ces émotions-là demeurent. Si l’impossible est moteur, rater est essentiel à la création. Quand on lui parle poésie, il répond «embellir la réalité» et cite Ettore Sottsass, pour qui le designer est un «vendeur de bonheur». Dariel souhaite créer une Factory multiculturelle et transmettre son expérience à de jeunes confrères. Dessiner sans fin des objets est sa récréation. Maison Dada est faite de la matière de ses rêves.

 

«Le lieu dans lequel je me suis senti le mieux au monde est… la maison de mes grands-parents, des gens fabuleux, à côté de Saint-Germain-en-Laye – aujourd’hui vendue. Autour d’une cour carrée, les bâtiments abritaient la vie de famille, où se croisaient plusieurs générations. Au-delà s’étendait un parc, immense à mes yeux d’enfant, où je me perdais volontiers. Regarder Minuscule avec mon fils me rappelle ces moments-là. L’odeur de l’herbe, des prairies baignait les lieux, où trônait un gigantesque saule pleureur, un colombier et où cavalaient des poules, des chiens. Ce trio nature-animaux-êtres humains a bercé mon enfance. J’aime le contraste entre le cocon de l’intime et la nature. Cette maison matérialise un moment de bonheur parfait, de sécurité et de paix affective. C’était l’équilibre. Une source d’inspiration et un point de départ – le meuble de ce tableau figure ainsi les tiroirs de notre mémoire, où sont les souvenirs.» [NDLR Baptisé Confidence of a Cloud et cachant un ciel au fond de l’un des compartiments, le meuble représenté sur ce tableau est une interprétation contemporaine du secrétaire et l’une des pièces emblématiques de Maison Dada.]

© Maison Dada - Yunpu Cai - Thomas Dariel, designer et fondateur de Maison Dada et Studio Dariel

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Nicolas Bos