Akram Khan

Akram Khan
la grâce en fusion

R comme reflet La règle, ici, pour que le roman s’invente : qu’un mot en reflète un autre et qu’il en brouille le contour. De billard à pillard1, le reflet trace la route.

1. Dans Comment j’ai écrit certains de mes livres, on apprend que c’est la transformation d’une première phrase, «les lettres du blanc sur les bandes du billard» en cette autre «les lettres du blanc sur les bandes du pillard», qui a produit le roman Impressions d’Afrique.

R as in reflection A ground rule for constructing the novel: each word always has to reflect another, blurring the contours. From billard to pillard,1 the mirror effect paves the way.

1. In Roussel’s How I Wrote Certain of My Books, we learn that the novel Impressions of Africa is based on the transformation of the opening phrase“les lettres du blanc sur les bandes du billard” into this other one“les lettres du blanc sur les bandes du pillard.”

Scène circulaire et mobile

Scène circulaire et mobile

Mudra du lion, geste symbolisant la face du félin.

R comme reflet La règle, ici, pour que le roman s’invente : qu’un mot en reflète un autre et qu’il en brouille le contour. De billard à pillard1, le reflet trace la route.

1. Dans Comment j’ai écrit certains de mes livres, on apprend que c’est la transformation d’une première phrase, «les lettres du blanc sur les bandes du billard» en cette autre «les lettres du blanc sur les bandes du pillard», qui a produit le roman Impressions d’Afrique.

R as in reflection A ground rule for constructing the novel: each word always has to reflect another, blurring the contours. From billard to pillard,1 the mirror effect paves the way.

1. In Roussel’s How I Wrote Certain of My Books, we learn that the novel Impressions of Africa is based on the transformation of the opening phrase“les lettres du blanc sur les bandes du billard” into this other one“les lettres du blanc sur les bandes du pillard.”

Les instruments des quatre musiciens accompagnant Until the Lions, une création tirée du Mahabharata.

R comme reflet La règle, ici, pour que le roman s’invente : qu’un mot en reflète un autre et qu’il en brouille le contour. De billard à pillard1, le reflet trace la route.

1. Dans Comment j’ai écrit certains de mes livres, on apprend que c’est la transformation d’une première phrase, «les lettres du blanc sur les bandes du billard» en cette autre «les lettres du blanc sur les bandes du pillard», qui a produit le roman Impressions d’Afrique.

R as in reflection A ground rule for constructing the novel: each word always has to reflect another, blurring the contours. From billard to pillard,1 the mirror effect paves the way.

1. In Roussel’s How I Wrote Certain of My Books, we learn that the novel Impressions of Africa is based on the transformation of the opening phrase“les lettres du blanc sur les bandes du billard” into this other one“les lettres du blanc sur les bandes du pillard.”

Coupe de bois d’Until the Lions.

Coupe de bois d’Until the Lions.

En tournée avec trois spectacles, le chorégraphe anglo-bangladais revient sur sa jeunesse et ses inspirations, qui lui ont permis de ciseler une gestuelle puissante, entre urgence et ravissement.

Il a dans le sang, Akram Khan, depuis tout petit homme haut de 7 ans, cette danse classique nord-indienne, qu’il qualifie d’organique. Par l’«art de conter» sanskrit, le kathak, il ne cesse d’empoigner son public, Akram Khan.

Avec lui, les spectacles affichent complet, le cas encore à l’automne dernier pour la relecture qu’il a faite de Giselle avec le corps de ballet national anglais. Où qu’il se produise, quoi qu’il crée, en solo comme avec les danseurs de sa propre compagnie, Akram Khan déclenche des avalanches de superlatifs… Pour son twist. Pour ce point de fusion qu’il a su trouver, entre cette danse ancestrale et celle de l’hypermodernité.

Ce qui intrigue chez ce chorégraphe britannique de 42 ans, figurant parmi les plus grands, n’est pas tant le décryptage de ses nouveaux spectacles – en tournée ces prochains mois en France et en Europe –, que les alliages de sa double culture, qui composent son unicité.

Ses parents originaires du Bangladesh s’installent à Londres à l’aube des années 1970. Le père monte un restaurant de spécialités culinaires indiennes, sa mère est enseignante. Il est l’aîné d’une fratrie de deux. Sa sœur, comme lui, est née près de Wimbledon. Il y vit toujours avec sa femme, Yuko Inoue, danseuse de métier. Ensemble ils ont deux enfants : sa fille Sayuri n’a pas 4 ans et son fils Kenzo soufflera bientôt ses deux bougies.

De formules en sortilèges

Dans le lobby blanc électrique d’un hôtel parisien, il apparaît sous un bonnet noir qui lui barre le front, le regard balsamique qui tisonne, une voix de velours comme il en est sur les ondes des radios la nuit. Il explique que gosse, il était persuadé que sous son épiderme il avait la peau blanche, comme les héros des Marvel, Charlie Chaplin et Fred Astaire, ses modèles. Il a arrêté de chercher sa blancheur quand il a découvert Michael Jackson. «C’était incroyable pour moi de voir un homme noir, danseur, aussi vénéré. Avec lui, j’avais enfin un héros avec lequel me connecter.»

La seule chose que sa famille attend de lui, c’est qu’en mathématiques, comme son grand-père maternel, il soit un génie. «Je suis devenu obsédé par cette idée, mais je n’étais pas bon en maths, même si la géométrie me fascinait. J’ai étudié le théorème qui a valu tant de médailles à mon grand-père. Il portait sur le cercle, avec recul, je me dis que je l’ai traduit par les mouvements circulaires du corps dans l’espace.» Son père entend que son fils se destine à la reprise du restaurant. Sa mère croit en lui, l’encourage en douce à poursuivre sa voie. Les spectacles oniriques et poignants, Desh et son adaptation à un jeune public Chotto Desh, qu’Akram Khan présente en ce moment, retracent le parcours de celui qu’il était, enfant.

Forces d’attraction

Sa poésie magma, il la tient surtout des strophes du Mahabharata, cette épopée mythologique hindoue. La trame d’Until the Lions, l’une de ses dernières créations, en est extraite pour partie. «C’est un retour aux sources. Le kathak s’inspire du Mahabharata dont ma mère me lisait des extraits le soir. Je m’endormais avec ces images et ces sentiments universels m’inspirent toujours.» C’est aussi par ce récit épique qu’à 13 ans, il s’est fait remarquer. Dans le Mahabharata de Peter Brook. Au casting du metteur en scène, Akram Khan est recruté dans le rôle d’Ekalavya, archer prodige.

Après deux ans en tournée, il intègre l’université De Montfort à Leicester, puis la Northern School of Contemporary Dance de Leeds, avant de suivre les enseignements d’Anne Teresa De Keersmaeker à la P.A.R.T.S. en Belgique. Il présente ses premiers solos aux prémices des années 1990, fonde sa propre compagnie avec le producteur Farooq Chaudhry, dix ans après. Il travaille avec Ruth Little, sa dramaturge, collabore régulièrement avec l’oscarisé Tim Yip, chef décorateur et costumier. Akram Khan fait figure d’aimant, son nom attire les plus grands : le plasticien Anish Kapoor, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, l’étoile Sylvie Guillem, la chanteuse Kylie Minogue, l’actrice Juliette Binoche, Danny Boyle, pour lequel il a chorégraphié une partie de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de Londres.

Il croule sous les récompenses, les prix d’excellence et s’entraîne minimum trois heures par jour. À l’espace aéré de son studio de danse, il préfère s’exercer dans la cuisine de ses parents. «Pour maîtriser la précision des gestes, car il suffit d’une mauvaise posture et je me blesse contre un placard.» Il lancera son dernier solo en 2018. Il envisage de se consacrer moins à la scène, plus à ses enfants et à la direction artistique. À défaut de l’attraper, Akram Khan est à suivre de près.

Agenda

CHOTTO DESH

Du 3.03.2017 au 6.05.2017, en tournée en France (Le Mans, Nanterre, Sète, Miramas, Château-Arnoux-Saint-Auban, Grasse, Andrézieux-Bouthéon, Toulouse, Lieusaint) et le 18.05, Norwich Theatre Royal, Norwich.

Until The Lions

Les 3 et 4.03, Opéra de Reims.
Le 8.03, National Forum of Music, Wroclaw.
Du 17 au 25.03, La TOHU, Montréal.
Du 21 au 23.04, Les Gémeaux, Sceaux.
Les 5 et 6.05, Théâtre-Sénart, Lieusaint..

DESH

Du 31.05 au 3.06, Sadler’s Wells, Londres.

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