Le verbe
poétique

Illustrations imaginées par CédricRivrain pour la collection capsule Lanvin.

Silhouette effilée du chai Château Les Carmes Haut-Brion conçu par Philippe Starck et Luc Arsène-Henry.

Sleek cellar at Château Les Carmes Haut-Brion, designed by Philippe Starck and Luc Arsène-Henry.

Illustrations imaginées par CédricRivrain pour la collection capsule Lanvin.

Lucas Ossendrijver, par la photographe néerlandaise Viviane Sassen.

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

Dans les coulisses du défilé Lanvin Homme printemps-été 2017.

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

Le Néerlandais Lucas Ossendrijver a fêté cet hiver une décennie à la tête de Lanvin Homme. Chantre du détail, il compose pour ses collections un langage aux accents inattendus, à l’élégance sensible.

S’il fallait tracer une cartographie des imaginaires de mode, il en est un que l’on pourrait se figurer simplement, en fermant les paupières. Celui des zéphyrs laiteux de la mer du Nord, des horizons évidés des pays plats, des ciels sourds venus des brumes. Dans le sillage de créateurs formés à Bruxelles à La Cambre, à l’académie royale des Beaux-Arts d’Anvers ou au Fashion Institute d’Arnhem, cette vision quasi topographique prend souvent le chemin de Paris, pour infuser les vestiaires des beaux quartiers, par capillarité. Faussement corseté dans un héritage calviniste fustigeant l’ostentatoire, cet imaginaire-ci préfère phraser ses expressions visuelles comme d’autres joueraient avec les mots. Ainsi chez Lanvin, le travail du Néerlandais Lucas Ossendrijver s’amuse depuis dix ans de ces entrelacs balancés, oscillant entre maîtrise technique et échappées inattendues. Comme s’il acidulait systématiquement ses créations d’un trait d’humour au coin de la couture, le styliste conceptualise, coupe, découpe, empièce, brode, sangle, asymétrise, surpique, allonge, agrandit, ennoblit, apprête, géométrise. Une décennie que cela dure. Cela méritait clin d’œil.

Pour les beaux jours, la collection masculine de Lanvin s’est ainsi entichée de la rayure. Comme un énoncé d’école, avec toutes les circonvolutions qu’elle autorise : Ossendrijver la sort de l’exercice chemisier pour la détourner, la faire courir en diagonale, à l’horizontale, à la verticale, la baigner dans des couleurs douces et tropicales, l’élargir, la croiser, la ceinturer, la superposer. Il y a quelques mois, pendant Art Basel Miami Beach, la prose du créateur a aussi exploré la voie collaborative en invitant les dessins de Cédric Rivrain à tatouer quelques pièces à manches. Des tee-shirts et sweat-shirts sur lesquels l’artiste français a apposé ses figurations, d’un crayon fragile. Des yeux se protégeant de la lumière par une main en casquette, des écouteurs et des clés, comme oubliés sur le vêtement, et surtout des pansements, tracés en croix sur les épaules. «Mon interprétation du travail de Lucas pour Lanvin», précise Cédric Rivrain, sensible à ces fêlures qui poignent sans l’avouer. Fragments pas vraiment rapiécés, laissés-là, dans les marges. Les bleus à l’âme d’un monde qui se rêve, les pieds sur terre.

© Courtesy of Lanvin, illustration Cédric Rivrain, photo Marcio Madeira, Viviane Sassen

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