Jean-François Rey
e

Lunetier

Qu’est-ce qu’une paire de lunettes ?

Ceux qui les détestent ont recours aux verres de contact. Pour qui en arbore, c’est un accessoire déterminant : sur le visage, il accentue la personnalité, met en avant une facette. Pour finaliser une monture, beaucoup d’essais sont nécessaires. D’ailleurs, nous les portons nous-mêmes.

Pourquoi avoir choisi la lunetterie ?

Adolescent, je rêvais d’être diplomate, pour connaître le monde et harmoniser les relations. Mes père et grand-père étaient artisans lunetiers dans le Jura et dans l’Ain, et au début des années 1980 les accessoires de mode ont «connu la gloire», des créateurs ont émergé : Montana, Mugler, Yamamoto, Miyake… J’ai eu envie de participer à ce mouvement.

Pourquoi rééditer les modèles 1985 ?

La mode est cyclique et celle de ces années-là fait les belles heures des marchés aux puces et des brocantes, même si les clients les remettent «à leur sauce», les réinterprètent. Étonnamment, cette réédition a permis de rajeunir notre clientèle !

Vos modèles en acétate ont des couleurs dédiées. Comment sont-elles élaborées ?

Je fais confiance à mon épouse, qui gère cette phase de la création avec la maison italienne Mazzucchelli. Je laisse une grande liberté, même lorsqu’une couleur ne me plaît pas ! Il faut oser, essayer, prendre des risques, sinon ça n’a aucun intérêt. Mais il faut tout de même que le ton soit innovant.

Quels lieux évoqueraient ce que vous cherchez pour vos collections ?

Les quartiers résidentiels de Minami-Azabu ou d’Ebisu à Tokyo, pas trop tirés au cordeau, où se côtoient des petites maisons et des immeubles incroyables, pas très hauts. Leur architecture mêle matériaux traditionnels et futuristes. Il faut y marcher le nez en l’air ! L’origami est même à l’origine d’une monture en métal plié.

Le voyage est-il un dépaysement ?

J’aime beaucoup voyager et je reste «bon public», notamment au Japon. J’y vais depuis si longtemps que je m’y sens chez moi et heureux. J’apprécie aussi deux semaines en forêt, en France, ou l’Atlas – j’aime le désert, les gens qui y vivent. Tout en étant fasciné par Tokyo, New York ou les villes chinoises, notamment Shanghai. Et je rêve de la route de la soie ! Pour décompresser, je pars très souvent en Italie du Sud, sur les îles face à Naples ou en Sicile. J’y adore la lumière, tout comme à Marseille où je vis.

  • 1949 Naissance à Saint-Claude (Jura).
  • 1968-1972 Études de droit public (Lyon).
  • 1977 Diplôme au Centre d’études du commerce extérieur (Marseille).
  • 1980 Création de la société IDC (International Design Creation) – lunettes solaires principalement.
  • 1995 Création de la société BLI-DBP (marques : J.F. Rey, Boz Eyewear, Volte Face et Sky Eyes).
  • 2015 Création de la ligne Jean-François Rey (1985 [photo de gauche] et Au Masculin [photo de droite]).

© J.F. Rey - Stefan Dongus

Article suivant

Artistes in the air