les bronzés font du ski - 1979
Poétique de la pellicule
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Blade runner - 1982
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le roi lion - 1994
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les vacances de monsieur hulot - 1953
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STAR WARS, épisode V - 1980
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La reine des neiges - 2013
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West Side Story - 1961
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Le grand bleu - 1988
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La famille tenenbaum - 2001
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les demoiselles de rochefort - 1967
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Roméo + Juliette - 1996
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Il était une fois en Amérique - 1984
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Le livre d’Alexandre Tournay perturbe nos sens et chahute nos certitudes. Auteur d’un langage chromatique hypnotique, il compose devant nos yeux ébahis la palette de 1 000 films. Tantôt lumineuse, parfois inquiétante. Souvent inattendue.

Il y a des livres comme celui-ci qui vous ouvrent radicalement un champ tout neuf. Alexandre Tournay s’est ainsi embarqué dans un projet un peu perché : résumer 1 000 films du patrimoine cinématographique mondial en 1 000 cercles de couleurs. Pour être clair, ce diplômé de design web et multimédia s’est mis dans la tête – et sur papier glacé – de ne garder de chaque image qu’un trait coloré et circulaire d’une infime épaisseur. Voici donc des cercles striés comme le tronc d’un arbre sectionné. Seulement voilà, il ne s’agit pas de rainures répétitives, mais bien d’un sidérant spectre des ondulations chromatiques d’un film.

Pour Alexandre Tournay, la couleur est un langage : «Nous pouvons dire, explique-t-il ainsi, qu’une des utilités de la couleur est qu’elle permet au spectateur de différencier des époques, des saisons ou des moments de la journée». Mieux encore, ce livre s’appuie également sur la roue de Robert Plutchik, «grand psychologue des émotions» qui a classifié les réactions émotives associées à une palette de couleurs. Alexandre Tournay dégage ainsi des thématiques toutes simples : «Nous remarquons sans difficulté que les films de science-fiction ont une prédominance bleue-verte riche, alors que les comédies et films romantiques sont orangés-rouges vibrants. Un film d’horreur comportera des couleurs bleues-vertes désaturées, froides et cadavériques, et une histoire prenant place dans un milieu post-apocalyptique sera désaturée et grise, polluée et malade. Enfin, un film d’action ou un drame se divisera en bleus et orange». Ces disques colorimétriques retranscrivant chacune des images d’un film (comptez 150 000 pour 1h40) délivrent au final une poétique désarmante. «Ce livre, ajoute l’auteur, est un clin d’œil d’enfant curieux du cinéma que j’étais ainsi qu’un hommage au travail gigantesque des réalisateurs». Cette immersion calme et soyeuse, tout juste perturbée par le bruissement des pages que l’on feuillette, est aussi une jolie leçon d’attention. Le travail d’Alexandre Tournay nous pousse à utiliser tous nos sens, non seulement au cinéma et à travers cette vision originale, mais également dans notre vie quotidienne. Saisir l’émotion par toutes les ouvertures, déplacer sans cesse nos instruments de mesure.

La couleur des films, dictionnaire chromatique du cinéma

Alexandre Tournay. Éditions Pyramyd.

© La Couleur des films, dictionnaire chromatique du cinéma, Alexandre Tournay, éditions Pyramyd

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