Lison de Caunes
Paravent Bambou 2005.

<b>Sac de voyage Weekender en cuir tricolore </b>

<b>Ralph Lauren</b>

Paravent Bambou 2005.
Paravent Bambou 2005.
Table Hélice bicolore (2014) et banquette Lotus (2016)
Illustration de Catel réalisée pour un carnet de vœux, puis publiée dans la bande dessinée Ainsi soit Benoîte Groult (Grasset, 2013)

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un maître d’art en marqueterie de paille, féru de matières inédites et de jeux de lumière.

Une mère écrivain (Benoîte Groult) et un père journaliste (Georges de Caunes) faisaient naître Lison au monde des lettres. Mais un grand-père décorateur (André Groult) et un grand-oncle couturier (Paul Poiret) l’ont davantage influencée. Elle étudie aux Arts déco, et s’adonne à la reliure, travaillant des matériaux incongrus, des coquilles d’œufs aux écorces. Puis elle débute seule la marqueterie de paille, domaine où André Groult et Jean-Michel Franck régnaient dans les années 1920. Elle apprend en restaurant, beaucoup, dénichant aux puces et collectionnant les objets de cette «marqueterie du pauvre», œuvre d’artisans et des bagnards français, tombée dans l’oubli après la guerre. Dépoussiérée par Lison, elle séduit maintenant les grands noms du luxe et les passionnés d’Art déco. Une fois aplatie, la paille de seigle bourguignonne, collée bord à bord, lance ses lignes ou se glisse dans des courbes naturalistes. Une méticulosité qui confine à la méditation. Les ateliers Lison de Caunes œuvrent sur commande et réalisent les collections maison. La créatrice, elle, aime jouer avec la lumière, mettre au point des techniques (gaufrage, dorure) et, en qualité de maître d’art, transmettre. Même si la paille adhère à son ADN, elle est irrésistiblement attirée par les matières travaillées de manière inattendue – cherchant ainsi à les dominer. Cette artiste de défis se donne encore deux cents ans pour les relever. Ensuite, elle passera la main.

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… la maison de ma mère aux environs de Concarneau, acquise il y a trente ans. Depuis qu’elle est partie [ndlr. Benoîte Groult a disparu en juin 2016], j’essaie d’y passer quelques jours par mois. Dominant Le Pouldu, on y sent l’odeur salée et piquante de l’océan. La magnifique lumière évolue constamment – je n’aime pas l’éternel bleu du Midi, mais les changements incessants du temps breton. Son jardin est à taille humaine, ma mère s’en est soigneusement occupée, mais je vais y planter des hortensias, que j’adore ! Petit à petit, je rénove, je modernise et une table en marqueterie de paille de mon grand-père, pour l’instant dans mon atelier, y a une place toute trouvée.»

© Gilles Trillard - Francophoto Studio - DR - Catel

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Henrik Pedersen