Plage, plongée
Costa Rica
au superlatif

Plage de l’île de Caño, spot de plongée et haut lieu d’écotourisme.

Embouchure,rivière, arbres

À l’embouchure du Río Agujitas, baie de Drake, péninsule d’Osa.

Corcovado, parc, forêts

Le parc Corcovado abrite l’une des plus riches forêts primaires d’Amérique centrale.

Surfeurs, Pacifique, Dominical

Surfeurs attirés par les rouleaux du Pacifique, près de la ville de Dominical.

Sous-bois, arbres

Sous-bois féeriques de Corcovado.

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Terre ocre rouge du parc national Los Quetzales, qui compte 14 écosystèmes différents.

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Une essence spectaculaire aux racines aériennes, à Uvita.

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Réserve naturelle Punta Río Claro, baie de Drake.

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Excursion ornithologique, parc Corcovado.

Rivière, Osa, labyrinthe

Labyrinthe aquatique de la Péninsule d'Osa

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Sur les pas du guide, éclaireur indispensable dans l’exubérance du parc Corcovado.

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Sur les pas du guide, éclaireur indispensable dans l’exubérance du parc Corcovado.

Liseré de terre pincé entre deux océans, le pays affiche une insolente biodiversité. Plongée dans un laboratoire du vivant, bercé par la douceur des tropiques.

La paix. Quel mot conviendrait mieux à ce pays qui, en 1948, a renoncé à toute armée ? L’argent économisé depuis a contribué à faire de cette nation, sise dans l’isthme de l’Amérique centrale, un éden où les citoyens bénéficient d’une éducation digne de ce nom, de soins médicaux et, mieux encore, d’un territoire où la nature est choyée, respectée. En vérité, c’était écrit. Ce bout de terre n’est-il pas bordé à l’ouest par un océan dit Pacifique ? Certes. Mais les vagues et les tornades, les typhons et les pluies diluviennes, le soleil rageur et les animaux sauvages chantent tous ensemble un autre cantique.

Émotions cardinales

Pacifique, le Costa Rica est une illusion. Sous sa parure docile, son aménité, la gentillesse de tous ses habitants et la somptuosité de ses écrins, la nation est un creuset de puissances telluriques. Dans l’infinie touffeur de son ciel azuréen et de ses flots turquoise, le vert de ses forêts gorgées de sève et l’ocre rouge d’un sol riche en fer viennent bousculer nos images de cartes postales. Le Costa Rica est un noyau d’énergies. Tout y pousse, tout y croît. Sur cette terre prodigue, les splendeurs se succèdent, égrenant au fil des vallées et des plaines un chapelet d’écosystèmes d’une étourdissante diversité.

À l’est, sur sa face caraïbe, le pays s’alanguit dans une atmosphère pulpeuse. L’anglais et l’espagnol se mêlent dans les conversations. Cuba, la République dominicaine et la Jamaïque ne sont pas loin et salsa et reggae secouent les bars de Cahuita et Puerto Viejo. Esprit rasta, douceur de vivre, plages inviolées et couchers de soleil à saveur de guimauve, l’harmonie est bien ici chez elle. Plus au nord, la réserve écologique de Tortuguero est une serre d’émotions. À la nuit tombée et à la lueur des lampes, on peut à loisir y observer la ponte des tortues vertes géantes. Chaque jour il pleut, et des pluies violentes, qui transforment la nature en un bouillon de culture. Au fil des méandres d’une rivière brunie par le sable, la puissance des couleurs vous percute. Les animaux surgissent, apparitions d’ombres et de griffes. Singes, toucans et perroquets virevoltent dans les arbres. Des vipères acidulées s’enroulent autour des feuilles, des iguanes semblent en apnée, la gueule ouverte, tandis que des papillons géants, que des filets taille standard ne pourraient capturer, festonnent de leurs ailes de dentelle un ciel d’orage anthracite.

Le cœur du pays serait-il plus serein ? Non pas, car les vallées centrales sont boursoufflées de volcans. Jusqu’en 2010, l’Arenal au profil de Fuji-Yama de cendres secouait toute la province de ses borborygmes lucifériens. Des corolles de fumée en jaillissaient pour se mêler aux nuages et s’agripper au ciel. L’air sentait le soufre. Depuis, il s’est calmé. Pour combien de temps ? Plus à l’ouest, l’océan Pacifique déroule des vagues que des surfeurs athlétiques débarqués de Californie chevauchent. À Playa Tamarindo, les couchers de soleil sont sang et or.

Un inventaire du monde

Pionnier de la conservation écologique, ce territoire aux multiples visages abrite sur ses 51 000 km2 près de 6% de la biodiversité mondiale. Dans ce couloir biologique, plus de 12 000 espèces de plantes prospèrent. Ajoutez-y 220 reptiles, 850 espèces d’oiseaux, des dizaine de milliers d’insectes et quantité encore de merveilles naturelles, et vous comprendrez que cette arche de Noé à la taille d’une nation a de quoi fasciner. D’ailleurs, 26% du territoire est désormais classé en zone protégée, de quoi loger 27 parcs nationaux. S’il est une contrée où l’or est vert, c’est donc bien le Costa Rica. Pura vida disent les autochtones et ce mantra intraduisible qui signifie à la fois «tout va bien», «comment ça va ?» et «bonheur suprême», est répété à foison comme pour souligner une évidence.

Si la relative petitesse du pays permet d’en découvrir les facettes innombrables, il faut parfois choisir une destination. Optons cette fois pour le parc Corcovado. Dans un collier de sites d’exception, il brille telle une perle. Situé sur la péninsule d’Osa, dont il occupe un tiers de la superficie totale, il forme une excroissance au sud. Créé en 1975, accessible par voie terrestre, mais plus encore par bateau, on le décrit comme le plus intense des sites de réserves biologiques au monde. Sa forêt primaire abrite 13 variétés d’espaces, de la forêt de montagne à la forêt de nuages, en passant par toutes les variations qu’un climat tropical génère. Ici, l’amoureux des arbres peut vivre une passion, car plus de 500 espèces entremêlent leurs troncs et leurs branchages. Pour s’y rendre, il faut gagner la petite ville de Palmar Sur, poursuivre jusqu’à la lilliputienne Sierpe, dont les rares restaurants-cafés penchent sur la mangrove. L’âme des contrebandiers, des écumeurs de fleuves, des aventuriers en pirogue suinte des pontons.

Un écriteau enjoint les étrangers de passage à ne point nourrir les crocodiles. L’inscription fait sourire. On la photographie, mais voici qu’à peine hissé dans le bateau assurant le transfert vers les hôtels et les lodges tapis dans la verdure, un premier reptile à mâchoires d’acier fait son apparition. Niché dans un marécage, immobile mais palpitant, il semble tenir la pose. Vision effrayante ? Non point, car 10 m plus loin un autochtone décontracté fait la sieste dans son hamac. Vivre en bonne intelligence avec la nature exige d’être une bonne nature soi-même.

L’appel de la jungle

Tous les hôtels dissimulés au ras du parc proposent à leurs clients des excursions dans la forêt primaire du parc Corcovado. Pour le gagner, comme pour se relâcher sur la petite île de Caño dotée de 26 sources naturelles et ultraprotégées, il faut grimper dans une embarcation modeste. Revêtu du gilet de sauvetage, caressé par le vent tiède, il faut franchir la barre, glisser de la mangrove à l’océan puis débarquer, à la va-comme-je-te-pousse, dans le reflux des vagues. Chaussures fermées aux pieds, le corps enduit de crème antimoustique, nous voici prêts pour le grand saut dans la forêt d’émeraude. On y progresse lentement, l’œil agile, hanté tout de même par la présence indiscutable de quelques reptiles à ne point réveiller. Sourde montée d’angoisse quand une liane contournée nous fait croire au surgissement d’un serpent fer de lance. On rit de sa frayeur, en admettant que c’est aussi pour ces frissons que l’on se trouve au cœur de la jungle, pour vivre durant trois heures l’infernal paradis de ceux qui s’y perdent. Il fait chaud. Il fait moite.

Comment ruisselait hier la sueur sous la ferraille des armures des conquistadors ? Ils progressaient comme on avance. Mêmes pas, même estouffade, même émerveillement. Voici que le guide marque un arrêt. Il a flairé une présence. Il installe son télescope. Dans sa lentille, un bric-à-brac de feuilles et de toiles d’araignées et, coulée dans une langue marécageuse, une autre armure, celle d’un crocodile à l’œil énigmatique. Il est chez lui. On s’arrête et l’on repart, car voici que des singes capucins à tête blanche s’avisent de nous bombarder de noix de coco. Par chance, ils visent mal.

Hypnose en vert et bleu

Dans ce monde de superlatifs où l’extravagance est une parure, où des publicités vantent dans les magazines les formes «orgueilleuses» des Costariciennes bien en chair, tout est conquête et l’animalité affleure dans la nonchalance des jours. Dans le ciel, sur terre et bien entendu sous la surface des eaux, la vie pulse et bouillonne. Ce qui se trouve dessus s’agite encore dessous. Aux tapirs, tortues, boas et autres paresseux amortis dans les arbres répondent les bancs de poissons, dont l’agitation spasmodique fait éclore sous l’écume des feux d’artifices de nageoires et d’écailles. Bleus, jaune-vert, citrique et vif argent, toutes les couleurs et toutes les tailles frôlent le plongeur, le caressent, le chatouillent. Dans les remous, il arrive qu’une torpille se mêle à la danse. Un requin se faufile presque entre vos jambes. Frissons garantis.

Face à la côte de la péninsule d’Osa, l’horizon est souligné par un vol de pélicans. La dorsale marine éclaboussée du surgissement des dauphins rotatifs, le panache vaporeux des baleines. L’effet miroir de la mer, grise soudain des cumulus qui s’amoncellent au-dessus d’elle, demeure immaculé. La patinoire d’eau chaude, dont l’immensité est rendue palpable par la fragilité d’une île qui vient la perforer, assomme par sa splendeur. On en reste bouche bée.

Terre de douceurs et de menaces, peuplée des rires déments des singes hurleurs, du feulement des jaguars et du fouissement des tapirs, le Costa Rica ne rate jamais sa cible. Ici, nulle déception. Et l’on saisit alors la révolution qui s’y est accomplie. Si conquête il y eut, ce ne fut pas celle que l’on croit, non pas celle de ces Européens venant prendre possession de cet espace béni, mais bien au contraire celle d’une terre d’idylle, saisissant dans ses rets les étrangers que nous sommes. Et conquis nous demeurons. Pura vida ? Pure vérité.

Pionnier de la conservation écologique, ce territoire aux multiples visages abrite sur ses 51 000 km2 près de 6% de la biodiversité mondiale.

Grano de Oro

La plupart des voyages au Costa Rica débutent par un stop dans la capitale San José. L’hôtel Grano de Oro est une perle. Légèrement en retrait du centre-ville (mais à moins de dix minutes de marche) et de sa zone piétonnière, il offre 40 chambres dans une grande maison de style victorien tropical, édifiée en 1991. En sus de son confort, il bénéficie d’un restaurant dont le chef (français) est excellent. La carte y est remarquable, tout comme le bar et le patio où l’on apprécie les petits-déjeuners servis dans la douceur locale. Bref, loin des chaînes internationales, un havre de distinction idéal pour démarrer son circuit ou le conclure.

Grano de Oro

Grano de Oro

Calle 30, Avenida 2 y 4, San José. Tél. +506 2255 3322.

www.hotelgranodeoro.com

Arenas Del Mar

Vaste ensemble dominant une baie somptueuse, cet hôtel lodge bénéficie de deux plages privées, d’une cuisine succulente et de quelques chambres- appartements de très grand confort. Si l’architecture de l’ensemble est un peu trop bétonnée dirons-nous, la situation de ce palace est, elle, de premier niveau. De petits véhicules électriques pour se déplacer, toute une panoplie d’activités, un environnement écologique et la proximité d’une zone regorgeant de bars et de restaurants animés.

Arenas Del Mar Beachfront & Rainforest Resort

Manuel Antonio. Tél. +506 2777 2777.

www.arenasdelmar.com

La Paloma

Sise dans la péninsule d’Osa, accessible par bateau depuis Sierpe, La Paloma Lodge vous plonge dans l’efflorescente nature du parc Corcovado. Ses maisons en bois vernis sont disséminées dans la verdure. Ici, ce ne sont pas les coqs qui vous réveillent mais les singes capucins à tête blanche. Méfiance, ces adorables animaux ont un faible pour les tubes de dentifrice qu’ils adorent croquer avant de les rejeter ! Perroquets, paresseux, oiseaux et papillons bruissent à toute heure. La grande salle commune ouverte à tous les vents, avec ses profonds canapés, sa bibliothèque et son côté cosy colonial, permet d’agréables rencontres entre voyageurs. L’isolement favorise l’amitié. Au programme quotidien : baignade, marche dans la forêt, observation des baleines et autres facéties tropicales.

Arenas Del Mar

La Paloma Lodge

Drake Bay, Puntarenas. Tél. +506 2293 7502 (après 16h +506 2775 1684).

www.lapalomalodge.com

© Parko Polo / Central Illustration Agency. Carte illustrative, non contractuelle.

hiver, sapin, igloo

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Lumières d’hiver

Carnet d’adresses

Grano de Oro

Calle 30, Avenida 2 y 4, San José. Tél. +506 2255 3322.

www.hotelgranodeoro.com

Arenas Del Mar Beachfront & Rainforest Resort

Manuel Antonio. Tél. +506 2777 2777.

www.arenasdelmar.com

La Paloma Lodge

Drake Bay, Puntarenas. Tél. +506 2293 7502 (après 16h +506 2775 1684).

www.lapalomalodge.com
Carnet d'adresses

S'y rendre

www.airfrance.com

FRÉQUENCE DES VOLS

Air France dessert San José par 2 vols au départ de Paris-CDG.

AÉROPORT D'ARRIVÉE

Aéroport international Juan-Santamaría.
À 17 km.
Tél. +506 2437 2400.

BUREAUX AIR FRANCE KLM

À l’aéroport.

RÉSERVATIONS

— Depuis la France : tél. 3654.
— Depuis l’étranger :
Tél. +33 (0)892 70 26 54.

Location de voiture

Hertz, à l'aéroport

Tél. +506 2221 1818.

www.airfrance.fr/cars

Organiser son séjour

La Maison des Amériques Latines est LE spécialiste du voyage au Costa Rica, avec une équipe ayant une connaissance pointue de la destination pour mieux vous conseiller. Elle propose de nombreux circuits, dont «Tout le Costa Rica», 13 jours / 11 nuits en hôtels de charme, à la découverte du pays, et notamment la confidentielle péninsule d’Osa. 3, rue Cassette, Paris. Tél. +33 (0)1 53 63 13 40.

www.maisondesameriqueslatines.com

À LIRE

Costa Rica
Gallimard, coll. Bibliothèque du voyageur.

Costa Rica
Lonely Planet.

L’Essentiel du Costa Rica
Lonely Planet.

Costa Rica
National Geographic.

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