Olivier Darné
Olivier Darné

Écuries, carrière d’entraînement et prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Stables, training area and fields at the Aubenhausen dressage center, owned by the Werndl family.

Miel Béton, ruches, ville

Écuries, carrière d’entraînement et prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Stables, training area and fields at the Aubenhausen dressage center, owned by the Werndl family.

Banque du Miel, Genève

Écuries, carrière d’entraînement et prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Stables, training area and fields at the Aubenhausen dressage center, owned by the Werndl family.

Banque du Miel , Oslo
Banque du Miel d’Oslo.
Banque, miel, oslo

Miel Béton, provenant des ruches de ville et la Banque du Miel de Genève, pour investir dans un projet urbain de sauvegarde des abeilles.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec un plasticien-apiculteur urbain, qui œuvre pour une pollinisation poétique des villes.

Qui souhaite lui laisser un message entend en préambule le bzzz ténu et déterminé d’une ruche en pleine activité : Olivier Darné est «gardien d’abeilles» depuis vingt ans. Enfant, en Seine-Saint-Denis, il vit en bande à l’école, mais passe des vacances solitaires et champêtres chez ses grands-parents. Le désœuvrement aiguise sa curiosité pour les bestioles de tout gabarit, dans l’enthousiasme de la découverte. Sa vocation d’ornithologue dure peu : il devient concepteur d’affiches, partageant ses messages au cœur de l’espace public. Darné manie avec dextérité 2 lignes de vie : ne jamais refaire ce qu’il sait et laisser faire la persistance des idées. Lassé de son «savoir faire», il change de cap et lit, trois ans durant, tout sur les abeilles, des créatures sauvages vivant en intelligence avec l’écosystème. Elles seraient les «fusibles de notre propre perte». Convaincu de la «pollinisation réciproque» entre elles et la cité, il pose en 2000 ses premières ruches sur le toit de la mairie de Saint-Denis, dont le «butin du ciel» est estampillé Miel Béton – une façon aussi de «goûter le quartier». Il crée ensuite le Parti poétique (un collectif d’artistes), la Banque du miel (ruches urbaines européennes gérées par des sociétaires) et la Zone sensible (un laboratoire de recherches et de débats) avec, sur son toit, 60 ruches ! Inscrire l’art dans l’environnement. Mêler nature, culture et nourriture, jusqu’à concevoir des «assiettes» en cire refroidie pour un repas-performance. «Time is honey».

 

«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… le ciel à 360o, quand je suis allongé face à lui. Le ciel est un peu tous les endroits de la terre. C’est mon hétérotopie, c’est-à-dire, selon le concept de Foucault, le lieu autre, celui qui m’extrait d’où je suis pour aller voir ailleurs. L’observer hypnotise, fait oublier les notions d’espace et de temps, comme face à l’océan. Le ciel m’a inspiré le Pollinisateur urbain, sculpture installée devant Beaubourg en 2006. C’est une boîte à l’ouverture sommitale de 80 cm de diamètre où vivent 100 000 abeilles. Les visiteurs déambulaient dessous, écoutant simultanément le bruit assourdi de la ville et le bourdonnement haute fréquence des insectes. Un cocktail d’odeurs les attendait, celles de la cité et celles de la ruche – où il fait 37oC et humide. Des éthers de plantes (les abeilles sèchent les nectars de fleurs), de la propolis et du miel. Une odeur à la fois végétale et animale.»

© Olivier Darné - Emmanuel Ligner

Inès de la Fressange, noir et blanc

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