Le soleil dans la poche

Lorsque l’artiste Olafur Eliasson évoque son projet Little Sun – une lampe rechargeable à l’énergie solaire –, il fait volontiers ce parallèle :«L’énergie, c’est comme la nourriture. C’est bien, souvent, de ne pas dépendre d’une instance centrale, mais de retrouver une autonomie : faire pousser ses légumes, recharger soi-même une lampe.» C’est ainsi qu’avec l’ingénieur Frederik Ottesen, ils ont conçu cette lumière dessinée comme une fleur. Leur idée, rejoindre ainsi les 1,1 milliard de personnes qui vivent dans des régions sans aucun accès à l’électricité. Éclairer la mère qui prépare les repas du soir, le marchand qui vend ses fruits à la nuit tombée, l’élève qui s’abîme les poumons à lire sous la lampe à pétrole. Apporter la lumière et rendre la vie aux communautés isolées. Dernièrement encore, Little Sun s’est dédoublée en se lançant dans le chargeur (Little Sun Charge), avec la même rhétorique : vendre à prix local dans les régions privées d’électricité, et proposer un prix plus élevé dans les pays favorisés. Le projet est propulsé par toute une équipe de jeunes développeurs menant des partenariats avec des sociétés de téléphonie, histoire de réconcilier un monde qui avance trop vite et un autre exclu des avantages de la modernité. Il y a dans l’advenue de Little Sun comme un humanisme joyeux, décomplexé. Celui-là même qui voudrait dire que le progrès peut avancer à son rythme sans que l’on soit lésé. Qu’il est possible de faire pousser et déguster sa salade avec la satisfaction radieuse, loin des frustrations acides et amères. Le nouveau goût de la planète, l’alternative dans sa poche.

 

Little Sun

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