Sans titre (Nature morte sur le rebord de la fenêtre), deux épreuves gélatino-argentique, plaque de verre, plomb, 1951.

Le monde 
à ma
fenêtre

Sans titre (Nature morte sur le rebord de la fenêtre), deux épreuves gélatino-argentique, plaque de verre, plomb, 1951.

Rue de Prague, épreuve gélatino-argentique, 1924.

Rue de Prague, épreuve gélatino-argentique, 1924.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1950.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1950.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1948.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1948.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1954.

La Fenêtre de mon atelier, épreuve gélatino-argentique, vers 1940-1954.

L’artiste tchèque Josef Sudek a photographié Prague sans relâche, capturant en clair-obscur l’âme d’une ville habitée par sa respiration. À (re)découvrir au Jeu de Paume.

Il y a des bonheurs simples. Comme celui de prendre le pouls du monde par le carreau de sa fenêtre. Derrière l’unique ouverture de sa maison de bois, combien de jours, combien de nuits Josef Sudek a-t-il compté les battements du temps ? Entre l’enclos de son petit jardin de la banlieue de Prague et celui de son atelier, entre le monde extérieur et le monde intérieur, il n’y a que l’épaisseur d’une vitre. Mais ce morceau de verre est un écran de projection qui s’embue, se givre et s’opalise au gré des saisons et des états d’âme d’un photographe au lyrisme exacerbé. Sur le rebord de la fenêtre s’invente l’infime et merveilleux théâtre du quotidien – une pomme mûrit sur le clair d’une assiette, une rose s’effeuille dans un verre. De l’autre côté de la vitre, les draps sèchent dans la lumière naissante du matin, un pommier ploie sous le poids des fleurs, la neige poudroie. Les années 1940 sont des années de bruit et de fureur, mais dans la maisonnette où Josef Sudek fait retentir en boucle, sur son phonographe, les Danses moraves de Leos Janacek, la respiration du monde s’accorde aux harmoniques serpentines du compositeur tchèque. Lorsque le photographe s’échappe des lueurs de lampe à pétrole de l’atelier désuet, on le croise dans les rues de Prague, transportant une énorme chambre, ouvrant un œil cyclope sur le pont Charles, les jardins de Mala Strana ou la cathédrale Saint-Guy, portant un regard panoramique sur la ville qui semble soumise à un éternel crépuscule des dieux. Le ciel au-dessus de la rivière Vltava s’ennuage et frissonne, mais Josef Sudek n’en a cure. Il est déjà retourné dans l’atelier, et posté derrière sa fenêtre, il réinvente son propre monde sensible.

Josef Sudek, le monde à ma fenêtre

Jusqu’au 25 septembre. Jeu de Paume. 1, place de la Concorde, Paris.
Tél. +33 (0)1 47 03 12 50.

www.jeudepaume.org

© Succession de Josef Sudek

Agenda

Josef Sudek, le monde à ma fenêtre

Jusqu’au 25 septembre. Jeu de Paume. 1, place de la Concorde, Paris.
Tél. +33 (0)1 47 03 12 50.

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