La Déclive, siège à la structure articulée, 1968.

La poétique
des formes

La Déclive, siège à la structure articulée, 1968.

Fauteuil F577 ou Tongue, 1967.

Fauteuil F577 ou Tongue, 1967.

Fauteuil F675, dit Butterfly, 1963.

Fauteuil F675, dit Butterfly, 1963.

Ribbon, Mushroom, Tongue… Le Centre Pompidou réunit ces créations iconiques dans une rétrospective consacrée à celui qui fut sans doute l’un des plus grands designers français du XXe siècle : Pierre Paulin.

Sculpteur, designer, architecte d’intérieur, Paulin eut tous ces talents. Mais surtout, il fut l’incarnation de la modernité. Contre une France repliée sur le passé et, en matière de mobilier, sur les paresseuses imitations de meubles de siècles trop lointains, Paulin innove, invente, travaillant d’abord le bois, s’inspirant de la Scandinavie, puis découvre ce qui sera sa «signature» : non plus coudre les tissus, mais utiliser un jersey stretch, qu’il enfile «comme une chaussette» sur les modèles, créant ainsi des formes rondes, souples, qui accueillent et enveloppent le corps.
 

Paulin est un insatiable découvreur : tandis qu’il s’oriente vers la modularité et s’attache à une vision plus globale de l’intérieur, voici que, dès le milieu des années 1960, ses créations entrent dans les collections du MoMA. En 1971, il est choisi par le président Pompidou pour revisiter les appartements privés du palais de l’Élysée. Et en 1984, c’est François Mitterrand qui fait de nouveau appel à lui pour l’architecture intérieure et le design du bureau présidentiel.

Dès lors, le design devient une aventure, le temps s’accélère et Paulin ne cesse d’élargir son champ d’expression, en collaborant notamment avec le Mobilier national. Mais le créateur se lasse des pesanteurs et des lenteurs d’un milieu qui ne suit pas son rythme : avec Maïa, sa femme et associée pendant près de quarante ans, il part dans les Cévennes où ils conçoivent eux mêmes leur maison. Un exil dont il ne reviendra plus. Pour avoir été si moderne, le style de Paulin demeure cependant intemporel, continuant d’être l’emblème de la modernité, comme l’atteste le cinéma, depuis Oscar avec de Funès, jusqu’aux films d’anticipation contemporains comme Star Trek ou Iron Man, où l’on retrouve toujours ce fameux mobilier… Aujourd’hui, Paulin, Paulin, Paulin®, structure montée en 2008 par Maïa et Benjamin, son fils, édite les modèles qui n’ont pas trouvé de diffusion car trop avant-gardistes, collabore avec les plus grandes marques du luxe et travaille à valoriser l’œuvre de Pierre Paulin sous tous ses aspects. Telle cette superbe exposition au Centre Pompidou, sous le commissariat de Cloé Pitiot, qui offre au spectateur plus de 70 pièces de mobilier et une cinquantaine de dessins, proposant ainsi une traversée de l’œuvre en dialogue avec l’histoire et le corps. Croquis inédits, films et documentation à visée didactique viennent éclairer les projets éclectiques de ce designer majeur. Comme un beau passage de témoin pour les générations à venir.

Pierre Paulin

Jusqu’au 22 août. Centre Pompidou. Place Georges-Pompidou, Paris.
Tél. +33 (0)1 44 78 12 33.

www.centrepompidou.fr

© Pierre Paulin, collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / photos : Philippe Migeat, Jean-Claude Planchet, Georges Meguerditchian

Agenda

Pierre Paulin

Jusqu’au 22 août. Centre Pompidou. Place Georges-Pompidou, Paris.
Tél. +33 (0)1 44 78 12 33.

www.centrepompidou.fr

Sans titre (Nature morte sur le rebord de la fenêtre), deux épreuves gélatino-argentique, plaque de verre, plomb, 1951.

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